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Le Magicien d' Oz, éd. Albin Michel Jeunesse, deBenjamin Lacombe (illustration) et Sébastien Perez (re-écriture)

Livre : Benjamin Lacombe "Le magicien d'Oz" / L’empire des émotions / Mali et djihadisme / Que dirait Jean Baudrillard des gilets jaunes ?

1h
À retrouver dans l'émission

Benjamin Lacombe vous parle du livre "Le magicien d'Oz" qu'il a illustré, et Alpha Umar Ba-Konaré Doukoulogo de la réalité du djihadisme au Mali. Les chroniques s'intéressent aux émotions et aux gilets jaunes à la lumière de Jean Baudrillard.

Le Magicien d' Oz, éd. Albin Michel Jeunesse, deBenjamin Lacombe (illustration) et Sébastien Perez (re-écriture)
Le Magicien d' Oz, éd. Albin Michel Jeunesse, deBenjamin Lacombe (illustration) et Sébastien Perez (re-écriture) Crédits : Benjamin Lacombe (illustration), Sébastien Perez (re-écriture)

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec l'illustrateur Benjamin Lacombe qui, avec Sébastien Perez pour l'écriture, revisite Le Magicien d'Oz de Lyman Frank Baum (1900), en prenant l'épouvantail comme narrateur. Premier titre d'une nouvelle collection jeunesse, Classiques illustrés, aux éditions Albin Michel, qu'il dirige. 

C'est la force d'un classique que de transcender l'histoire, avec des histoires qui mutent des centaines de fois à travers le temps. Ce classique-là, un peu moins, puisqu'il a été écrit au XXe siècle, mais il a reçu une nouvelle mutation, avec un changement de texte et même un changement de narrateur : c'est l'épouvantail qui nous raconte cette histoire à travers ses yeux plein de candeur, et ça change le rythme. 

Le Magicien d'Oz, édition Albin Michel Jeunesse.
Le Magicien d'Oz, édition Albin Michel Jeunesse. Crédits : Illustration : Benjamin Lacombe

On a créé pour le livre une couleur qui n'existait pas : un vert irisé, pour donner l'impression d'entrer dans cette cité. Le livre, dans sa version papier, c'est mon corps de métier principal, c'est un objet qui n'a pas pris une ride et qui permet de s'évader comme nul autre :  tout ce qui peut servir à raconter une histoire, j'aime le raconter.

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Un mot revient souvent pour définir le mouvement des « gilets jaunes » : la colère. Mais les émotions et la politique font-elles bon ménage ?

C’est là sans doute que résident à la fois la force et les limites d’un tel mouvement. L’hebdomadaire Le un est consacré à la France qui gronde. Pavlos Vasilopoulos a mené plusieurs recherches sur la façon dont nos émotions conditionnent nos choix politiques. En l’occurrence, contrairement à l’anxiété ou la peur qui conduisent les électeurs à décupler l’attention qu’ils portent aux informations qu’ils reçoivent et les empêche de se porter aux extrêmes par aversion pour le risque, la colère les amène « à se laisser influencer par des discours politiques agressifs et vindicatifs qui promettent de punir la cible de leur menace ». C’est ce que révèle l’étude comparée de plusieurs pays, avec le score de l’AfD aux élections fédérales de 2017 en Allemagne, celui de Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen aux présidentielles françaises, ou encore la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. La colère accentue la polarisation aux extrêmes, elle modifie la participation au processus politique en rendant « les individus moins ouverts à la persuasion et moins enclins à changer d’opinion sur un enjeu ou une personne ». Même les « révélations concernant le candidat autoritaire qu’ils soutiennent », les « preuves de son incompétence ou de sa malhonnêteté » glissent sur eux. Car cet électorat en colère, « absorbe l’information politique avec pour objectif principal de nourrir son ressentiment plutôt que d’atteindre une conclusion politique rationnelle ».

Les émotions et la raison, la question reste ouverte. « Rien de grand ne se fait sans passion » disait Hegel, le philosophe de la raison dans l’histoire. La dernière livraison de la revue Sensibilités (Anamosa) est consacrée aux controverses sur l’émotion entre sciences humaines et neurosciences cognitives. Pour suggérer des « passerelles » entre leurs approches respectives. En cause, la théorie dite « des émotions de base », sorte de dogme neuroscientifique qui « postule que nos affects et émotions seraient des phénomènes naturels, donc anhistoriques » et universels. William M. Reddy plaide pour l’histoire et la construction culturelle des émotions, ne serait-ce que du fait de leur traduction dans la langue. « L’acédie des moines au Moyen Âge a laissé place à la mélancolie des savants de la première modernité, s’effaçant elle-même à son tour avec l’émergence de la dépression au XIXe siècle. » Et ce n’est pas qu’une affaire de vocabulaire : des conceptions différentes sont engagées dans des « horizons d’attente » et des contextes culturels profondément renouvelés. Le professeur d'histoire et d'anthropologie culturelle à l'université Duke va plus loin en évoquant les travaux des ethnologues, notamment ceux d’Unni Wikan sur l’île de Bali. « L’émotion cruciale pour la santé s’appelait bayu – le visage qui brille ». Le visage n’étant pas considéré comme « un masque pour cacher ou montrer un état intérieur », il est réputé une faculté personnelle, « une sorte de pensée-émotion ancrée sur le visage et qui peut se diffuser à toutes les autres parties du soi ». Une « pensée-émotion vue comme un instrument essentiel au maintien de la paix intérieure », et à cette aune, la « raison » pourrait être considérée comme « un exemple occidental d’une émotion régulatrice et admirable, comme le visage qui brille chez les habitants de Bali ». 

Dans le souci de ménager d’édifiants partenariats stratégiques entre sciences humaines et neurosciences dans l’ordre de la connaissance, les coordinateurs de la revue Sensibilités – Quentin Deluermoz, Thomas Dodman et Hervé Mazurel - commencent par déblayer le terrain, contre une tendance hégémonique des neurosciences à l’occuper. « En 2011 la loi bioéthique introduisait le recours à l’imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire. Parmi les promesses attendues de ce « neurodroit », la capacité de détecter les mensonges ou de révéler des prédispositions à la violence ou à la récidive. »

Neuromarketing, management, pédagogie et apprentissage, les neurosciences s’imposent partout alors qu’elles n’en sont qu’à leurs balbutiements certes prometteurs. Dans le domaine de la psychologie cognitive la collaboration des chercheurs a permis des avancées réelles sur la connaissance de la schizophrénie ou l’amélioration des compétences émotionnelles. Dans les pages Idées & débats du quotidien Les Echos, Yann Verdo rapporte une expérience réalisée dans une université berlinoise, qui a permis de visualiser ce qui se passait dans le cerveau d’un mourant au moment fatidique. Juste un peu après la mort cérébrale, « ce moment à partir duquel un classique électroencéphalogramme n’enregistre plus aucune activité cérébrale et que l’Organisation mondiale de la santé considère comme le critère médico-légal du décès ». Se produit alors une sorte d’embrasement général des neurones qui accompagne pour une dizaine de minutes la fin de l’arrivée d’oxygène. La découverte d’une telle réaction en chaîne pourrait expliquer « l’apparition de cette intense lumière blanche que les personnes ayant fait une expérience de mort imminente disent avoir vue briller au bout d’un mystérieux tunnel ».

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Mali : quelle réalité du djihadisme dans le centre ? Le Centre du Mali deviendrait-il un nouveau Nord ? Depuis 2015, le GSIM (alliance djihadiste liée à Al Qaïda) tente une implantation via le Front de Libération du Massina. Mais la diversité des groupes armés et l'opacité des exactions dans la zone rend la situation doublement explosive.

Xavier Martinet s'entretient avec Alpha Umar Ba-Konaré Doukoulogo, chargé de cours à l'INALCO.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Et si le sociologue Jean Baudrillard était là, que dirait il des gilets jaunes ?

Eh bien, figurez-vous qu’il en a déjà parlé même s’il est mort en 2007… Mais un an avant sa mort, en 2006, Baudrillard rédigeait un drôle de texte, un texte à sa manière, dans le journal Libération, pour réagir aux manifestations d’étudiants dirigées contre le CPE. Le CPE était une formidable trouvaille de Dominique de Villepin, alors premier ministre, et de son directeur de cabinet, un certain Bruno Lemaire. Il s’agissait de créer un smic jeune, pour lutter contre le chômage des jeunes. Une idée qui a très bien fonctionné puisqu’elle avait bloqué les facs et la France pendant une bonne poignée de semaines… 

Et elle avait inspiré à Baudrillard un texte ou il disait notamment, «  les jeunes et les étudiants se battent eux aussi pour sauver une vieille idée, celle de la révolte, et laisser croire qu'il y a encore, au fond de cette société stagnante et croupissante, dont les seuls idéaux sont devenus ceux du confort, de la performance et de la sécurité, une force vive et irréductible, de refus et de subversion ». Et alors, Baudrillard ajoutait immédiatement, « le plus drôle et le plus pathétique là aussi, c'est que ces jeunes le font en revendiquant exactement les modèles de vie et de société, de programmation économique de travail et d'existence qui sont à l'origine de l'ennui et du désenchantement de cette même société ». 

Je pense que Baudrillard aurait utilisé exactement les mêmes termes au sujet des gilets jaunes, car finalement que veulent-ils ? Les gilets jaunes se révoltent non pas pour changer le monde, mais c’est une révolte pour mieux l’intégrer, si l’on souhaitait utiliser le jargon sociologique, on dirait une révolte non pas par excès d’intégration mais par défaut d’intégration. Ils ne disent pas un autre monde est possible mais nous voulons le même monde avec nous à l’intérieur, parce que tout les incite à croire que le monde est en train de se faire sans eux. Par l’automatisation, l’intelligence artificielle, mille nouveautés aux noms barbares qui feront le futur, les gilets jaunes ont l’impression de financer un futur qui les mettra au bord de la route. En d’autres termes de travailler pour un système qui travaille à leur exclusion. 

@PetitsMatinsFC

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