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Dorothea Lange Migrant Mother, Nipomo, California, 1936.

Expo : Dorothea Lange / Gilets jaunes, suite / Elections en République du Congo / Violences des Gilets Jaunes dans un village d'Ardèche

1h
À retrouver dans l'émission

Pia Viewing vous parle de l'exposition "Dorothea Lange, Politiques du visible", et Kris Berwouts de la préparation des élections en RDC. Les chroniques s'intéressent aux "gilets jaunes".

Dorothea Lange Migrant Mother, Nipomo, California, 1936.
Dorothea Lange Migrant Mother, Nipomo, California, 1936. Crédits : © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakla

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec Pia Viewing, commissaire de l'exposition Dorothea Lange, Politiques du visible, au Musée du Jeu de Paume jusqu'au 27 janvier 2019. Cela faisait vingt ans qu’une exposition n’avait pas été consacrée à l’auteure de l’iconique Migrant Mother. Le Musée du Jeu de Paume (Paris) rend hommage à Dorothea Lange, la photographe emblématique de la Grande Dépression aux Etats-Unis, avec un focus inédit ; son travail sur les Américains d’origine japonaise internés après l’attaque de Pearl Harbor.

Le but de cette exposition est de montrer, non pas une rétrospective de la photographe mais de chercher à identifier le rapport entre le travail photographique de Dorothea Lange et l'époque pour essayer de décortiquer l'histoire des Etats-Unis des années 40 et se défaire des idées reçues. Dorothea Lange est une libérale, impliquée politiquement, socialement. Elle a un grand respect pour les gens qu'elle photographie. Elle les photographie de très près, elle dit qu'elle n'est jamais assez près, montre  des visages, des bouts de corps, des mains... 

Dorothea Lange Migratory Cotton Picker, Eloy, Arizona, 1940.
Dorothea Lange Migratory Cotton Picker, Eloy, Arizona, 1940. Crédits : © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Ce qui était original dans son travail, c'est qu'elle était la seule à couvrir toutes les étapes du déplacement des Américains d'origine japonaise contraints de partir pour les camps d'internement, dès 1942, à la suite de l'attaque de l'armée japonaise, le 7 décembre 1941, de la base navale américaine de Pearl Harbor. C'était une commande ; on ne voit ni les barbelés, ni les policiers, ni les conditions qui accompagnent ces gens. Elle conserve la même empathie qu'elle avait pour les migrants dans les années 30.

Dorothea Lange Japanese Children with Tags, Hayward, California, 8 mai 1942.
Dorothea Lange Japanese Children with Tags, Hayward, California, 8 mai 1942. Crédits : © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California
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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Difficile d’échapper au sujet des « gilets jaunes » dans les pages idées de nos quotidiens et périodiques, aujourd’hui encore…

Au milieu des inévitables redites, quelques éclairages nouveaux et des ébauches de solution. Dans Le Monde Philippe Aghion suggère de « mettre sur pied un “Grenelle” de la fiscalité ». L’économiste, professeur au Collège de France et spécialiste de la croissance, a conseillé Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Il propose aujourd’hui « pour sortir de l’impasse et financer un coup de pouce sur les retraites, le rétablissement temporaire d’une taxation des très hauts revenus, voire une sortie provisoire de la contrainte européenne des 3 % de déficit budgétaire ». S’il estime qu’il ne faut « pas lâcher » sur les réformes il recommande de « mieux traiter les coûts de transition, et ils sont nombreux ». Les retraites : «  Ce n’est pas une bonne chose d’avoir abandonné l’indexation des prestations de retraite sur l’inflation, ce qui se traduit par une perte de pouvoir d’achat pour les retraités. » La taxation des carburants : «  Il ne fallait pas l’augmenter par-dessus la hausse des prix du pétrole. » Enfin, « le sentiment diffus mais exprimé avec violence que les riches sont trop favorisés, notamment avec la suppression de l’ISF ». 

Dans les mêmes pages idées du quotidien, les géographes Daniel Behar et Aurélien Delpirou abordent la question de la diversité des profils au sein des « gilets jaunes » et mettent en cause la « lecture binaire » en termes de « France périphérique ». Comme le montrent les premières enquêtes, et « la diversité de leurs profils socio-professionnels, ainsi que la multiplicité de leurs espaces de vie (résidence, études, travail, loisirs), dont l’automobile est bien souvent la seule à permettre l’interconnexion », ils sont « urbains des villes petites et moyennes », « périurbains » ou « ruraux », et parfois tout cela à la fois « en fonction de leurs pratiques sociales. Familiers du « zapping territorial », ils sont sans aucun doute mobiles ». Et si la dimension territoriale n’est certes pas absente de cette crise, on ne peut la ramener à une fracture de la « France périphérique » : « cette idéologie spatiale restaure un ordre territorial rassurant qui permet à chacun d’identifier de nouveau la place qu’il occupe ». Mais « il serait illusoire et dangereux de prétendre construire des solutions politiques efficaces et crédibles sur la base d’une représentation périmée et jouant sur le seul registre de la victimisation. Faute de pouvoir objectivement démontrer que les banlieues « souffrent » davantage ou moins que la France périphérique, les politiques publiques resteront sans boussole et basculeront constamment d’une priorité à une autre, en fonction des mobilisations et des clientèles. » 

Les mêmes géographes, avec Hélène Dang-Vu, développent leurs analyses sur le site d’Alternatives économiques. Ils rappellent « que les deux tiers des ménages vivant sous le seuil de pauvreté habitent au cœur des espaces urbanisés » et qu’il « serait donc hasardeux d’analyser la protestation des gilets jaunes comme une « jacquerie » des populations rurales défavorisées contre les citadins fortunés ». En attendant des enquêtes approfondies, ils observent que «  Les premiers gilets jaunes sont, pour la plupart, originaires d’Ile-de-France. Et pour cause : les Franciliens sont particulièrement concernés par la hausse des dépenses liées à l’automobile. S’ils utilisent un peu moins leur voiture et réalisent des trajets un peu plus courts, ils passent en moyenne 75 minutes chaque jour dans leur véhicule, contre 45 mn pour les habitants de l’espace rural. » 

Fort de l’expérience acquise lors de son tour de France en 2013, Axel Kahn confirme dans la page Débats de La Croix cette vision nuancée d’une France au maillage social et territorial plus fin et complexe que ne le voudrait la rengaine de la fracture périphérique. Le scientifique évoque « plusieurs sécessions. Il y a celle des éprouvés, confrontés à une grande difficulté économique. Il y a aussi celle de nantis. Eux vivent souvent à quelques kilomètres des éprouvés, dans des communes riches, voire richissimes, dans des zones viticoles de Champagne ou d’Alsace par exemple. La proximité même de bourgs désindustrialisés et de populations en déshérence les terrorise. Ces nantis craignent de devenir les prochaines victimes de cette vague mauvaise. » 

Dans les pages idées de Libération, l’écrivain et militant écologiste Cyril Dion invite les «gilets jaunes» à rejoindre la marche pour le climat du 8 décembre. « Une meilleure redistribution des richesses et la protection de l’environnement font partie d’une même lutte: celle qui s’élève contre un système capitaliste dérégulé. » L’occasion est trop belle.  « La raison pour laquelle la planète est dévastée est la même que celle qui provoque les délocalisations, l’esclavage moderne dans les usines, qui conduit les riches à devenir plus riches et le reste de la population à devenir plus pauvre: un système économique dont l’obsession est le profit, à court terme, à n’importe quel prix. » L’occasion aussi de « basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes », ou d’« obtenir une véritable taxe sur les transactions financières ». 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

A 20 jours d’un scrutin décisif pour la RDC, les candidats d'opposition et celui du pouvoir ont débuté hier leur meetings de campagne. Ce vote repoussé depuis deux ans pourrait inaugurer la première alternance démocratique après 20 années de pouvoir de la famille Kabila.

Après deux ans de graves crise de violences, la scène politique en République Démocratique du Congo va franchir une étape essentielle avec les élections générales du 23 décembre. Le président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 a finalement cédé aux pressions internationales en renonçant à se présenter une troisième fois. La voie est donc ouverte pour une alternance politique majeure (le père de Joseph Kabila avait pris le pouvoir en 1997), pour un pays de plus de 80 millions d'habitants, et potentiel foyer d'instabilité régionale. 

Xavier Martinet s'entretient avec Kris Berwouts, consultant et analyste indépendant sur les conflits et la démocratie en Afrique centrale.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il n’y a pas que l’Arc de triomphe dans la vie…

Eh non pour évoquer les violences de samedi dernier, il a aussi Le Pouzin, code postal 07181, commune de 2800 habitants située près du sillon rhodanien en Ardèche. Car là-bas aussi, samedi soir, ce fut l’émeute, alors même qu’aucun rassemblement de manifestants venus d’autres villes n’était prévu la bas. 

Dès lors, Le Pouzin pourrait bien devenir l’un des symboles de l’état de malaise social qui affecte la France, le lieu d’un mystère aussi : comment expliquer qu’un gros village, d’ordinaire calme, soit le lieu d’une émeute qui se prolonge une partie de la nuit ? 

Les forces de l’ordre évoquent des casseurs venus d’un peu partout, les blogs et posts de manifestants parlent eux de l’interpellation d’un jeune homme qui a mis le feu aux poudres. Les sciences sociales ne comprennent pas bien comment se déroule le passage à l’action violente, certains auteurs évoquent la violence de la foule, du collectif, d’autres d’une lutte qui décide consciemment d’utiliser la violence pour donner de l’écho à ses revendications. 

Ce qui est sûr c’est que Le Pouzin est une ville ouvrière qui a connu une désindustrialisation profonde, du coup au Pouzin le chômage est supérieur à la moyenne nationale, 10, 5 % contre 9,1 % à l’échelle nationale. Un écart, mais un écart insuffisant pour décrire la situation du lieu… 

En fait, ce qui distingue surtout Le Pouzin du tableau de la France moyenne, c’est une population, plus pauvre et moins diplômée que le reste du pays. Quelques chiffres suffisent à décrire la situation de cette petite ville d’Ardèche, 10 % de diplômés du supérieur contre 30 % à l’échelle nationale, un revenu médian de 1400 euros mensuel par ménage, au Pouzin les pauvres sont beaucoup plus pauvres qu’à l’échelle nationale, et les riches sont… eh bien il n’y a pas de riches. Et pourtant Le Pouzin, ça n’est pas la France périphérique, Le Pouzin est situé sur les grands axes de circulation, à moins d’enfoncer une porte ouverte en expliquant que les petites villes ne sont pas de grandes agglomérations. 

Et si rien ne prouve que les émeutes soient la conséquence de la lutte des classes, ce qui est sûr c’est qu’au Pouzin on ne trouve qu’une seule classe, celle des pauvres.

@PetitsMatinsFC

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Intervenants
  • Commissaire-chercheuse au Musée du Jeu de Paume
  • consultant et analyste indépendant sur les conflits et la démocratie en Afrique centrale
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