LE DIRECT
Grand Corps Malade

Musique : Grand Corps Malade / Attentats terroristes : dire l’événement / Belgique : dynamitage de la coalition / Pourquoi frapper le Père Noël lorsque l’on est un islamiste radicalisé ?

1h
À retrouver dans l'émission

Grand Corps Malade vous parle de la ré-édition de son album "Plan B", et Pascal Delwit de l’implosion de la coalition gouvernementale belge. Les chroniques s'intéressent mise en récit de l’événement, et au Père Noël, symbole païen.

Grand Corps Malade
Grand Corps Malade Crédits : © Anouche Productions

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Tewfik Hakem s'entretient avec le chanteur Grand Corps Malade, à l'occasion d'une ré-édition de son album Plan B assorti de quatre inédits, et d'une tournée de concerts en France.

J'aimais bien dire que le slam c'était de la poésie de proximité. Aujourd'hui, j'essaie de chroniquer ce qui se passe tous les jours, et puis, je passe à des thèmes plus personnels, plus universels, aussi. Cette manière plus chantée d'aborder les textes, après douze ans de scène, c'est nouveau. J'ai grandi sans tradition orale de musique ou de contes, juste des bonnes bouffes à la maison. Chez moi, il y avait du Brassens, du Brel, Barbara, de la poésie chantée. J'écoutais Renaud plus que personne.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

L’attentat de Strasbourg a déjà déclenché toute une série de commentaires, analyses, témoignages… Dans des registres différents, tous ces discours contribuent à en faire un événement.

C’est ainsi qu’il se distingue du fait divers. « Une action violente est dénommée terroriste lorsque ses effets psychologiques sont hors de proportion avec ses résultats purement physiques » écrivait Raymond Aron en 1962 (Paix et guerre entre les nations). La dernière livraison de la revue Mots Les langages du politique (ENS Éditions) est consacrée aux discours post-attentats. La dimension psychologique - émotionnelle et compassionnelle - est évidemment une donnée importante de la mise en récit de l’événement mais les auteurs du dossier relèvent également dans la profusion des discours politiques et médiatiques l’expression plus large d’un appel à la conscience nationale, à son unité et désormais à sa capacité de résilience. On pourrait se demander si tout ce déploiement discursif n’est pas une forme de « coproduction » de l’événement terroriste, mais ce n’est pas l’objet des chercheurs en sciences du langage, de l’information et de la communication. Dans leur contribution, Pierre Lefébure, Émilie Roche et Claire Sécail ont analysé le traitement médiatique des attentats du 13 novembre 2015. En l’occurrence la sauvagerie des attaques, le nombre élevé de victimes, le choc et le traumatisme durable engendrés suffisaient à en faire un événement en soi. Mais les modalités du discours qu’il a suscité peuvent être observées comme des constantes du genre. La mise en série, d’abord : survenues après l’attentat de Charlie Hebdo, les massacres du Bataclan et des terrasses de café s’inscrivent dans un récit au long cours que certains journalistes ont fait remonter dans leurs commentaires aux attaques contre le World Trade Center du 11 septembre 2001, ceux notamment qui étaient en poste à Washington à l’époque. Du coup, l’interprétation en termes de « causalité », sur le mode « on le savait », s’impose eu égard « aux engagements géostratégiques de la France, susceptibles de provoquer des représailles ennemies ». D’où le recours à la syntaxe guerrière, censée consolider la cohésion nationale et ajouter du sens au désastre. Mais, passé l’effet de sidération, cette cohésion peut se fissurer. Le déplacement de François Hollande sur le site du Bataclan a été désapprouvé sur BFM TV par un consultant police qui considérait que cela pouvait nuire au travail des enquêteurs. 

Aujourd’hui, des responsables politiques estiment qu’il faudrait expulser d’office tous les « fichés S » étrangers, voire emprisonner préventivement les nationaux, oubliant notre constitution et surtout que l’un des ressorts du terrorisme islamiste est précisément de monter les communautés les unes contre les autres, ce que ne manquerait pas de provoquer une telle décision. D’une manière générale, c’est le niveau de la vigilance qui est mis en cause, ou tout au moins interrogé. Dans La Croix Flore Thomasset insiste sur la réalité de la menace. Quelques heures avant la fusillade sur le marché de Noël le député européen Arnaud Danjean, ancien membre de la DGSE et spécialiste des questions de terrorisme, déclarait : « La tentation existe aujourd’hui de relativiser la menace, parce qu’elle est plus diffuse, parce que certaines organisations terroristes ont subi des revers militaires, mais ce serait une grave erreur ». Dans son livre sur les services secrets de Daech, le journaliste Matthieu Suc estimait qu’ « il flotte dans l’inconscient collectif comme un air de victoire », faisant allusion aux propos d’Emmanuel Macron qui, en décembre 2017, annonçait que la guerre en Syrie serait « gagnée » en février 2018. S’il est vrai que « l’intensité de la menace a baissé, au regard du nombre d’attentats déjoués, 17 en 2016, 20 en 2017, 6 en 2018, comme le rappelle Sébastien Pietrasanta, consultant sur le terrorisme. Cela ne veut pas dire que le niveau d’engagement des services de renseignement a baissé : ils étaient persuadés qu’un attentat viendrait. » Alors que le terroriste est toujours en fuite, c’est sa personnalité qui pose question, car elle montre que la menace est désormais « principalement endogène, même si des tentatives d’envois de combattants depuis l’étranger persistent, selon une source bien informée. Elle provient moins de djihadistes formés en Syrie, que de délinquants de droit commun ». Pour Gilles Kepel, dans Le Figaro, « le terroriste présumé présente des caractéristiques assez communes dans ce milieu : l’hybridation entre le djihadisme et la grande délinquance ». C’est le plus souvent la prison qui favorise le phénomène. « On touche ici la difficulté éprouvée par notre système carcéral pour gérer le djihadisme afin de maintenir la paix sociale en prison – souligne le politologue, qui prévient : les islamistes condamnés avant les vagues d’attentats de 2015-2017 vont être libérés rapidement dans la mesure où les peines étaient alors plus légères qu’elles n’ont été depuis. Ils vont se retrouver dans le circuit avec de possibles nouveaux passages à l’acte. » 

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Nouvelle incertitude politique en Belgique après l’implosion dimanche de la coalition gouvernementale des libéraux et des nationalistes flamands. A 6 mois des élections législatives, les 5 ministres N-VA ont démissionné contre la signature du Pacte sur les migrations par Charles Michel.

Xavier Martinet s'entretient avec Pascal Delwit, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB).

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

J'ai demandé à Claude Lévi-Strauss son analyse sur l’attentat perpétré contre le marché de Noël de Strasbourg.

Oui, pourquoi frapper le Père Noël lorsque l’on est un islamiste radicalisé ? Eh bien, peut-être, non pas parce que c’est un symbole religieux, mais parce que c’est un symbole païen. C’est en tout cas la thèse que défend l’anthropologue Claude Lévi-Strauss dans un texte sublime, Le Père Noël supplicié. Pourquoi le Père Noël supplicié ? Parce que le 24 décembre 1951, les autorités ecclésiastiques de Dijon décidèrent de pendre puis de bruler une effigie du Père Noël devant les enfants du patronage, sur le parvis de la cathédrale. Ce fait divers, en hiver, suscita une énorme émotion en France, divisant le pays en deux. 

Alors, évidemment, absolument rien à voir avec l’attentat qui vient d’être commis, rien à voir entre un geste allégorique et le terrible assassinat perpétré à Strasbourg. Rien à voir sauf peut-être le symbole. Lévi-Strauss explique que la haine du clergé dijonnais d’alors, vis-à-vis du Père Noël, ne vient pas du fait qu’il symbolise le système marchand, mais tient à ce qu’il incarne le paganisme. 

Qu’est-ce qu’une religion païenne ? Eh bien c’est une religion qui prie les morts, tandis qu’une religion moderne ne prie pas les morts, elle prie pour les morts. Le Père Noël nous visite le 24 décembre, à une date proche du solstice d’hiver, la période la plus sombre de l’année, la période où les morts visitent les vivants, et pour chasser les morts, pour que les morts laissent les vivants tranquilles, les sociétés — pratiquement toutes les sociétés — leur font des offrandes. Et ces offrandes aujourd’hui dans notre société passent par les enfants. D’ailleurs, la fête qui précède Noël, la saint Nicolas, est la fête censée ressusciter les enfants morts. C’est cette fête, qui a donné naissance aujourd’hui à Halloween, la fête où les enfants se déguisent en morts pour quêter auprès des adultes, puis Noël où les adultes gâtent les enfants pour exalter leur vitalité. 

Frapper Noël, qui existe dans pratiquement toutes les sociétés, c’est viser cette manière païenne de vivre avec les morts. Il faut tuer cette puissance magique qui vient de l’au-delà pour gâter les enfants. Il faut en finir avec ces cadeaux de noël païens, lesquels apportent de la chaleur au cœur de l’hiver, de la chaleur en nous faisant croire que nos enfants ne mourront jamais. 

Mais, hélas, ajoute Lévi-Strauss, « les hommes meurent, ils ne reviennent jamais, et tout ordre social se rapproche de la mort, en ce sens qu’il prélève quelque chose contre quoi il ne donne pas d’équivalent ». 

@PetitsMatinsFC

Chroniques

6H02
26 min

Le Réveil culturel

Grand Corps Malade :" Je suis résolument optimiste, ça ne m'empêche pas d'observer ce qui se passe "
6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du jeudi 13 décembre 2018
6H40
5 min

Le Journal des idées

Attentats terroristes : dire l’événement
6H45
10 min

Les Enjeux internationaux

Belgique : le dynamitage de la coalition, un pari risqué ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Pourquoi frapper le Père Noël lorsque l’on est un islamiste radicalisé ?
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......