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Exposition Manga-Tokyo, à La Villette, Paris.

Expo : "Manga-Tokyo" / Le pacte de Marrakech / Turquie / Les gilets jaunes au pays du porno

59 min
À retrouver dans l'émission

Kaïshiro Morikawa, et Justine Weulersse vous parlent de l'exposition "Manga-Tokyo", et Jana Jabbour se demande si la Turquie est prise au piège de sa Realpolitik. Les chroniques s'intéressent au Pacte de Marrakech et au porno "gilets jaunes".

Exposition Manga-Tokyo, à La Villette, Paris.
Exposition Manga-Tokyo, à La Villette, Paris. Crédits : Kaïshiro Morikawa et Justine Weurelesse

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

Dans le cadre de Japonismes 2018, qui marque le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France et promeut (jusqu'en février 2019) toute une série d'événements liés à la richesse de la culture japonaise, La Villette expose TOKYO-MANGA, jusqu'au 30 décembre 2018. Tewfik Hakem s'entretient avec le commissaire de l'exposition, Kaïshiro Morikawa, et Justine Weulersse responsable des expositions et directrice de la programmation culturelle de la Villette. Avec la traductrice, Shoko Takahashi.

On a accueilli cette exposition afin de clore le cycle "Japonismes". Cette exposition est une première mondiale, avec trois co-productions ; le National Art Center, La Villette, et la Japan Foundation. Elle nous parle d'une ville détruite qui renaît : Tokyo est la ville Phoenix, qui se pense et se repense constamment. C'est une exposition créée pour les fans de manga comme pour ceux qui ne connaissent le manga que de loin.  Justine Weulersse 

Exposition MANGA-TOKYO, La Villette.
Exposition MANGA-TOKYO, La Villette. Crédits : @ Nicolas Krief @ La Villette

Je ne pensais pas faire une exposition sur Tokyo. L'espace proposé à La Grande Halle de La Villette, n'était pas un espace consacré à un musée mais c'était un grand espace, alors j'ai proposé une immense maquette de la ville de Tokyo au milieu de l'espace. Pourquoi Tokyo ? Parce que beaucoup de manga sont des fictions, mais se passent dans des quartiers précis de Tokyo. J'ai eu l'idée ensuite, d'installer un immense écran pour que les gens puissent géolocaliser Tokyo. Le grand thème de l'exposition, c'est de montrer la relation entre la ville de Tokyo et le manga. Kaïshiro Morikawa 

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Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Adopté le 10 décembre à Marrakech par 165 pays, le Pacte mondial « pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » doit être ratifié demain à l’ONU. Et c’est aujourd’hui la Journée internationale des migrants.

C’est un accord non contraignant, qui réaffirme que les États sont souverains en matière de migrations. Comme le rappelle dans Le Monde Claire Rodier, juriste au Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) le « pacte de Marrakech » s’inscrit dans la continuité d’une démarche de dialogue entreprise depuis plus de dix ans par les Nations Unies « pour tenter de faire converger les intérêts souvent contradictoires des parties en présence ». Il fait suite au sommet organisé en 2016 au plus fort de la crise migratoire en Méditerranée. C’est un accord minimaliste, « courant en droit international, quand on sait que les sujets traités ne recueilleront pas l’assentiment de toutes les parties mais qu’on cherche malgré tout à rapprocher les points de vue, à poser des jalons ». De fait, il est en retrait par rapport à la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants, adoptée en 1990, mais dont aucun pays d’immigration n’est signataire. Le paradoxe c’est que face aux réactions, « les ONG se retrouvent à défendre un texte à l’égard duquel elles sont très critiques : en mettant en avant le principe de souveraineté des Etats, il entérine les politiques sécuritaires (qui permettent notamment l’enfermement des migrants) et utilitaristes (la migration ordonnée et légale qu’il prône concerne l’immigration de travail, considérée au seul prisme des besoins des pays riches), sans poser de cadre contraignant pour la protection des droits des personnes qui migrent. » Or, souligne la juriste, « ceux-ci sont quotidiennement bafoués, à commencer par le droit à quitter tout pays, y compris le sien, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

Le géographe Julien Brachet évoque dans les mêmes pages Débats & analyses du quotidien l’un des objectifs du pacte de Marrakech : « collecter et utiliser des données précises qui serviront à l’élaboration de politiques fondées sur la connaissance des faits ». Une démarche qu’il oppose aux discours idéologiques qui instrumentalisent la question migratoire à défaut de véritable projet politique, et qu’illustre le succès du livre de Stephen Smith, au titre catastrophiste de La Ruée vers l’Europe. Pour ce journaliste, « 150 millions d’Africains » vont déferler sur le continent d’ici à 2050 et 25% de la population européenne serait alors d’origine africaine. Des chiffres qui ne reposent sur aucune base scientifique, quand le démographe François Héran, professeur au Collège de France, parle lui d’une proportion de 3 à 4%. Dans la page Débats de La Croix, Claire Rodier rappelle que « Les un peu plus de 100 000 arrivées, cette année, sont dérisoires au regard des plus de 500 millions d’habitants de l’UE. » Et face aux craintes exprimées par le député Pierre-Henri Dumont, chargé de l’immigration au sein du parti Les Républicains, selon lequel, « dans le domaine des droits de l’homme, de tels textes finissent souvent par produire du droit par le biais de la jurisprudence », la juriste « ne voit vraiment pas comment la justice pourrait s’en revendiquer ». L’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que « toute personne a le droit de quitter tout pays », et ne dit mot sur le droit de franchir une frontière, est resté « depuis 1948 sans application effective ». Le député des Républicains convient que l’intégration des étrangers doit être améliorée mais déplore la saturation de nos hébergements « notamment parce que 96 % des déboutés du droit d’asile ne sont pas expulsés ». Il estime que « nous devons rééquilibrer nos filières d’immigration en faisant voter, chaque année au Parlement, des quotas : l’immigration familiale représente 40 %, l’immigration du travail seulement 10 % contre 40 % en moyenne dans les autres pays développés. »

La dernière livraison de la revue Espaces et sociétés (Érès) est consacrée aux migrants et à leur accès à la ville. Les contributions portent sur la France, l’Allemagne, l’Espagne, Israël et le Liban. Dans ce pays, l’afflux des réfugiés syriens représente 25% de la population. C’est comme si 17 millions de personnes avaient débarqué dans l’hexagone. D’où les difficultés croissantes par rapport aux ressources, aux services et aux infrastructures : l’eau, l’électricité, le trafic routier ou la collecte des ordures ménagères, et une hostilité de plus en plus marquée à l’encontre des réfugiés. Les règles d’entrée et de séjour se sont durcies dans ce pays qui n’est pas signataire de la Convention de Genève. Il faut aujourd’hui se prévaloir d’un « mandataire » libanais pour solliciter un titre de séjour. Un statut qui interdit toute activité rémunérée, ce qui encourage l’exploitation et le travail illégal, la clandestinité et l’effacement. Une situation qui rappelle les paroles d’Hannah Arendt en 1943 (Nous autres réfugiés) : « Nous avons perdu notre foyer, c’est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre travail, c’est-à-dire l’assurance d’être de quelque utilité dans ce monde. Nous avons perdu notre langue, c’est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l’expression spontanée de nos sentiments. »

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet :

Depuis une semaine Ankara menace d'une nouvelle offensive contre les milices kurdes en Syrie. Les YPG, adversaire déclaré, sont aujourd'hui un des piliers de la stratégie américaine contre Daech. Pour sécuriser sa frontière la Turquie fera-t-elle obstacle à son principale allié occidental ?

Xavier Martinet s'entretient avec Jana Jabbour, spécialiste de la diplomatie turque au Moyen-Orient et enseignante en Relations internationales à Sciences-Po Paris.

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

Il fallait donc un film porno avec des gilets jaunes…

Et oui, c’est la consécration du mouvement, non pas tant la création d’un parti politique, certainement pas l’obtention de la prime d’activité, bref tout cela est secondaire par rapport à cette grande victoire culturelle : un film porno avec des porno stars en gilet jaunes. L’existence d’un tel film corrobore la règle 34 de l’internet, comme on a pu le lire, « if something exist, there is porn of it » — un axyome que l’on pourrait traduire par : «  si quelque chose existe, sa version pornographique existe également ». Le fait que l’on puisse enfin voir des gilets jaunes nus comme des vers phosphorescents témoigne donc de l’accession de ce mouvement à la pleine réalité sociale — la règle 34 vient en effet reformuler la maxime du philosophe Berkeley, en latin, « esse est percipi », laquelle signifie « être c’est être perçu ». 

Désormais, à l’heure d’internet et donc de la règle 34, être c’est être perçu, perçu nu dans la banalité de ses rapports sexuels, tout ce qui existe prend nécessairement à un moment ou à un autre l’allure d’un film pornographique. Bien entendu, cette version X de la révolte des ronds-points ne surprendra pas les experts es films pornographiques, puisqu’il existait déjà depuis quelques années un site très fameux et très fréquenté à contenu explicite intitulé « Jacquie et Michel », Jacquie et Michel étant une traduction franco franchouillarde du mouvement « boy and girl next door » du film suggestif, autrement dit une manière d’en finir avec des corps parfaits pour humaniser les films pornographiques, mieux même, considérer que des êtres ordinaires sont plus désirables que des corps tournés vers la performance, le site Jacquie et Michel préfigurant en quelque sorte l’érotisme des ronds-points, autrement dit la nouvelle position acquise par la France ordinaire, le fait que désormais, quoi qu’il arrive, les français moyens ne seront plus contemplés de la même façon. 

Aujourd’hui le site Jacquie et Michel est devenu un groupe incontournable sur le marché du film pornographique, la fiche Wikipédia qui leur est consacrée les présente même comme – je cite – un « poids lourd » du secteur ce qui fait écho, une fois de plus, à l’imaginaire des ronds-points. 

Désormais une question se pose, le mouvement des gilets jaunes va-t-il essaimer aussi dans la pornographie, une suite qui me paraîtrait logique puisque les révolutions se font toujours avec des sans culotte. 

@PetitsMatinsFC

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Les "gilets jaunes" au pays du porno : la consécration
Intervenants
  • Responsable des expositions - Direction de la programmation culturelle de la Villette
  • Commissaire de l'exposition MANGA -TOKYO, Professeur à l'Université Meiji, de Tokyo,
  • Spécialiste de la diplomatie turque au Moyen-Orient et enseignante en Relations internationales à Sciences-Po Paris.
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