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Marin Fouqué, Joffrine Donnadieu, Victor Jestin

Livres : Premiers romans de la rentrée - 30 ans après la chute du mur - Sommet du G7 - Vacances, morale Kantienne et théorie conséquentialiste

1h
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Marin Fouqué, Joffrine Donnadieu, et Victor Jestin vous parlent de leurs premiers romans, et Pierre Grosser analyse le sommet du G7 à Biarritz. Les chroniques s'intéressent au bilan mitigé 30 ans après la chute du mur de Berlin et aux vacances vertueuses.

Marin Fouqué, Joffrine Donnadieu, Victor Jestin
Marin Fouqué, Joffrine Donnadieu, Victor Jestin Crédits : © Christophe Abramowitz - Radio France

@PetitsMatinsFC

Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :

En cette rentrée littéraire,Tewfik Hakem reçoit six auteurs de premiers romans. Aujourd'hui (1/2), Marin Fouqué qui fait paraître "77" aux éditions Actes Sud, Joffrine Donnadieu avec "Une histoire de France" parue chez Gallimard, et Victor Jestin avec "La chaleur", aux éditions Flammarion.

Le Journal des Idées par Jacques Munier :

Au seuil de cette semaine spéciale consacrée par France Culture au trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Le journal des idées fait le point sur l’évolution de la démocratie dans le monde.

Et le bilan est mitigé… S’il est vrai que de nombreuses dictatures ont disparu, que des progrès ont eu lieu du point de vue sociétal notamment dans les vieilles démocraties, on peut s’inquiéter de la montée de régimes autoritaires partout dans le monde, et surtout de l’érosion de l’idéal et des institutions démocratiques dans les pays où ils s’étaient développés. Dans Mediapart, Fabien Escalona estime que « Depuis 1989, les démocraties redécouvrent leur fragilité ». Il cite le dernier rapport de l’ONG Freedom House, qui observe que les régimes issus de cette vague de démocratisation apparaissent particulièrement vulnérables, en particulier ceux issus de l’ancien bloc soviétique. Mais le rapport enregistre également un recul global des libertés depuis des années. « Les pertes sont encore faibles par rapport aux gains de la fin du XXe siècle, mais la tendance est persistante et menaçante », écrivent ses auteurs.

Pour Seva Gunitsky, chercheur en relations internationales à l’université de Toronto, « les incitations à un changement de régime ne sont que temporaires lors des chocs hégémoniques dans l’ordre international. Maximales pendant le temps court des transitions, ces incitations perdent en intensité pendant le temps long des consolidations. Et dans l’intervalle, tous les facteurs qui avaient jusqu’alors freiné une démocratisation autonome resurgissent. » Selon lui, la démocratie s’est diffusée par pics successifs à la faveur de « chocs hégémoniques », c’est-à-dire de modifications brutales de la hiérarchie du système international. C’est pourquoi certains spécialistes des relations internationales mettent aujourd’hui en garde contre la possibilité d’un monde « tripolaire ». « Les rivalités des États-Unis, de la Chine et de la Russie, avec une zone d’influence pour chacun dans un contexte de course aux armements relancée, pourraient faire vivre un âge d’instabilité permanente aux autres nations », ce qui ouvre des perspectives de promotion démocratique bien sombres dans un monde exposé par ailleurs à des problèmes énergétiques, sanitaires et migratoires en raison du dérèglement climatique. D’autant plus que, souligne Fabien Escalona, « la perte de légitimité d’une classe politique acquise à la mondialisation néolibérale » a incité de nombreux responsables de droite à « prendre un virage identitaire, afin de diriger les frustrations populaires contre les minorités, les corps intermédiaires et la gauche cosmopolite, mais sans toucher aux prérogatives des milieux d’affaires et des détenteurs de capitaux ». 

Mais la valeur symbolique du déclin de l’hégémonie soviétique qui a abouti à la chute du mur de Berlin reste active, comme on a pu le constater à Hongkong ce 23 août dernier, lors de la manifestation organisée en une immense chaîne humaine, en souvenir de celle formée le 23 août 1989 dans les pays baltes. Ce jour-là, rappelle Frédéric Lemaître dans Le Monde.fr, « pas moins de deux millions de personnes reliaient les 687 kilomètres séparant Tallin, en Estonie, de Vilnius, en Lituanie, afin de réclamer l’indépendance des pays baltes ». L’initiative est aussi une sorte d’appel du pied aux démocraties occidentales, pour obtenir leur soutien face à Pékin. Et comme le précise Lucas Buthion dans le Figarovox, cette journée marquait pour les pays baltes le 50ème anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique, le traité qui établissait les sphères d’influence respectives du Reich nazi et de l’URSS, et qui actait la fin de leur indépendance. 

Restons dans la symbolique des dates. 1989 est aussi l’année de la répression de Tian’anmen et de la dérive assumée du régime chinois vers une combinaison inédite de dictature du parti unique et de capitalisme d’État. Dans l’ordre international, si la Chine parvenait au sommet elle pourrait provoquer une vague anti-démocratique. Le mensuel Books publie un texte de l’éminent professeur de droit constitutionnel Xu Zhangrun qui lui a valu destitution de son poste et qui rappelle notamment que les seuls progrès réalisés dans son pays concernent des « choix individuels qui n’ont pas de dimension politique ». Consommer toujours plus et protéger autant que possible sa vie privée est devenue la seule ambition citoyenne.

Les Enjeux Internationaux par Julie Gacon :

Le sommet du G7 organisé par la France à Biarritz du 24 au 27 août rassemble les sept plus grands pays industrialisés du monde : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Japon et Italie. Ce sommet régulièrement critiqué et qui tend à s'essouffler a-t-il encore une réelle utilité?Le sommet du G7 organisé par la France à Biarritz du 24 au 27 août rassemble les sept plus grands pays industrialisés du monde : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, Allemagne, Japon et Italie. Ce sommet régulièrement critiqué et qui tend à s'essouffler a-t-il encore une réelle utilité?

Julie Gacon s'entretient avec Pierre Grosser, historien, spécialiste des relations internationales, membre du Centre d’histoire de Sciences Po.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner :

L’important n’est plus de savoir où vous êtes partis.

Et non, voilà la nouveauté des vacances : désormais le « comment » je suis parti prime sur le « où » je suis parti. Comment je suis parti, autrement dit quel moyen de transport ai-je utilisé ? Pour partir en vacances AUSSI il importe d’être vertueux, d’éviter à tout prix les paquebots — très immoraux —, de n’utiliser l’avion qu’en cas d’absolue nécessité — tout transport aérien devant être justifié—, et la voiture, paradoxalement, se transforme dans ce contexte en un moyen de transport vertueux. 

Alors, bien sûr, tandis que la majorité des mortels doit s’efforcer d’être morale, il existe également une petite partie de l’humanité qui aspire à la sainteté : elle se targue d’être partie en vacances à pied ou à bicyclette. Pourtant, la question de la moralité du transport aérien est loin d’être simple. 

Deux théories s’affrontent : la morale Kantienne et la théorie conséquentialiste, celle qui s’intéresse aux conséquences des actes. Pour un kantien, les choses sont réglées, il ne faut pas prendre : si plus personne ne prend l’avion, explique Kant, il n’y aura plus d’avion et alors les avions ne pollueront plus. Oui mais pour un conséquentialiste, c’est plus compliqué que cela, car que deviendrait le siège que vous êtes censé occuper dans un avion si d’aventure vous décidez de ne pas l’occuper ? Autrement dit, puisque l’avion va partir de toute façon pourquoi ne pas en profiter pour le prendre ? Mais pas du tout, répond Kant, puisqu’à ce compte-là on va tout justifier, y compris le crime : puisque le crime existe pourquoi ne pas « crimer » ? Pour quelqu’un qui s’en tiendrait aux conséquences de ses actes en revanche, le bilan moral de la décision de prendre l’avion est nul si et seulement si on est certain que l’avion partirait que l’on décide ou non de le prendre. 

Reste une solution : ne pas prendre l’avion, ne pas prendre le bateau, bref ne rien prendre, ne pas partir du tout, cesser de travailler pour ne pas polluer mais rester chez soi dans son salon. Voilà en tout cas un dilemme moral nouveau : maintenant que l’on sait que les vacances, certes, peuvent vous reposer mais fatiguent la planète.

@PetitsMatinsFC

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