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Les questions que pose la nuit

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera questions de passants nocturnes, de cauchemars politiques, de cheveux maléfiques, de visages de la paix, de la crise des idées, de droits de l'homme bafoués, de silence complice.

C’est l’image d’une nuit interrompue. La lumière soudain allumée, la couette rejetée à nos pieds. Ce sont des peurs enfantines, des peurs de notre temps, des peurs d’adultes aussi, d’un monde au bord de l’explosion. Un cauchemar collectif, pour lequel il faut malgré tout trouver, entre nous, les mots pour se rassurer, se dire que ça ne peut pas exister. C’est une photo de Christian Hansen prise pour le _New York Times_. Une chambre rose, coquette, aux murs décorés d’étoiles et de château de conte de fées, un lit d’enfant, tête en bois blanc, décorée, à côté d’une coiffeuse du même style, ornée de guirlandes fleuries multicolores. Une petite fille en pyjama bleu et rose, cheveux noirs et bouclés, en bataille, se tient couchée dans son lit, un peu recroquevillée sur elle-même, son visage fixe le mur. Son père, en survêtement gris, est penché au dessus d’elle, l’air grave et attentif. Bouche fermée comme s’il attendait qu’elle lui parle, encore, comme s’il ne savait pas quoi lui répondre. Lui s’appelle Bilal Elcharfa, il a 52 ans, il est chauffeur de taxi, a quitté le Liban il y a 30 ans pour s’installer à New-York. Sa femme Nayla l’a rejoint peu de temps après et leurs deux enfants Ismail et Maaria sont nés aux Etats-Unis. Cette nuit là, les enfants de Bilal et de Nayla vont se coucher juste après avoir regardé le second débat de campagne entre Donald Trump et Hillary Clinton à la télévision. La nuit qui a suivi, Maaria, 7 ans, ait un cauchemar que son père, au matin, lui demande de raconter. Car Mariaa dans la nuit a erré chez elle, entre la chambre de ses parents et l’entrée de sa maison pour bien vérifier que la camera de surveillance marchait toujours. Maaria lui raconte à son père que Donald Trump allait chercher tous les musulmans des Etats-Unis pour les mettre en prison, un à un. Il était si méchant dit-elle. C’est donc de ces images que naît cette expression interdite de Bilal sur la photo. Les yeux perdus dans le vague, en direction de sa fille sur son lit. Sa bouche fermée, pincée, réduite à l’impuissance du silence. Ne t’inquiète pas lui dit-il, ce ne sont que des paroles. Bilal ressent plus qu’avant le racisme anti-musulman dans son pays d’accueil depuis le 11 septembre 2001, et là il explique à la journaliste du New York Times, Samantha Schmidt, qu’il ne sait plus comment faire pour en préserver ses enfants. Maria qui vit encore protégée des murs roses de sa chambre et des déguisements de son monde de princesse. Un cauchemar qui fait échos au miens, quand enfant mon Donald Trump à moi avait l’allure d’un montre borgne et vociférant et dont j’avais peur moi aussi qu’il vienne chercher ma mère. Dans cet article, presque 30 ans après mes propres cauchemars, il est question de peurs plus grandes encore sans doute, de ne pas savoir préserver ses propres enfant d’une haine bien plus présente et diffuse dans l’espace public de la rue, de l’école. La peur aussi à force de vouloir se cacher, de perdre une partie de son identité. La peur dans ce monde là, ultime cauchemar, de se perdre.

JUKEBOX

Un titre à la traduction pas très élogieuse, qui me permet de revenir sur les commentaires pas forcément très éclairés, commentaires régulièrement effrayants, haineux, postés par plusieurs personnes que ce soit sur les sites de journaux en lignes ou sur les réseaux sociaux, lorsqu’il s’agit des migrants. Les journalistes de France 3 Midi-Pyrénées ont fait publier sur le site de la chaîne une tribune intitulée, Certains de vos commentaires sur Facebook sur l’arrivée de migrants dans la région sont insupportables. Les journalistes en question ont en effet publié une vidéo où l’on voit des hommes d’origine afghane, fatigués, tout juste venus de Calais, et qui viennent s’installer temporairement dans un centre de la Croix-Rouge à Toulouse. Les internautes ont alors commencé à faire part sur cette même page Facebook de divers fantasmes sur les migrants envahisseurs, violeurs de petites filles. Le rédacteur en chef Fabrice Valéry, publiant ces commentaires, s’indigne :"Nous avons fait le choix de ne pas fermer les commentaires mais nous ne pouvons pas laisser dire des choses fausses et publier des propos insupportables sans réagir". Avant de conclure, "ne rien dire c’est se rendre complice."

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