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L'éveil d'une famille sur un parcours: "Not Forgotten" de Nina Robinson

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'albums de famille, de recettes de cuisine algérienne, d'une revue de jeunes vieux, du monde d'après Alep, d'un état de la suisse, d'un jeu d'imposture maternel.

C’est un monde qui s’articule au passé. Une conjugaison et des couleurs sur lesquelles le temps a fait son œuvre. On entre dans une maison, comme par un trou de souris, et les souvenirs arrivent tout de suite, nous suivent sans prévenir. C’est un rayon de lumière qui traverse le canapé du salon. Comme un après-midi qui s’achève dans la maison, avec la théière pas très loin, et les couvertures. Une femme est assise sur ce lourd canapé enveloppant. Une petite femme que l’on devine plutôt âgée, son corps frêle se perd dans les mailles épaisses de son pull blanc à motifs rouges, un chien en marcel blanc, qui tend un poing décidé vers les lettres rouges et épaisses qui forment le nom d’Arkansas. Le visage de cette femme, comme un visage d’oiseau, à la peau noire, aux traits fins, est à moitié caché par la large visière de sa casquette grise. Ses yeux sont rivés vers un large livre, dont les contrastes de la lumière ne nous laissent apercevoir que les extrémités. La seule lumière vient du jour tombant par la fenêtre derrière elle. Mais on dirait que le visage de cette femme est éclairé par ce livre ouvert. L’image ne nous laisse pas vraiment voir de quelles émotions ce visage à moitié dissimulé se fait le lieu. « Ma mère dit la photographe Nina Robinson, sourit en regardant ce vieil album de famille. Je l’ai regardée pendant un certain temps et elle réagissait à chaque page. Son sourire me faisait sourire. » Nina Robinson a photographié toute sa famille, pendant la maladie de sa tante et après la mort de celle-ci. La jeune photographe du Bronx Documentary Center voulait faire ce portrait familial dans un instant de douleur de rassemblement et de volonté de continuer à vivre ensemble, de se soutenir, renouer des liens, faire revivre des souvenirs. Cette photo de sa mère qui regarde un album de famille appartient à la série Reflection. Où comment suite au deuil familial chacun des membres d’une même famille décide, comme elle le dit de ses mots à elle, de « rendre visite à son passé ». Un moment suspendu, de solitude face aux images de ce qu’on a été, de ce qu’on a quitté. La mère de la photographe est partie de chez elle, en Arkansas quand elle avait 18 ans et a mis du temps à y retourner. C’est une photo qui fera partie, explique Nina Robinson d’une plus longue série. Série documentaire sur sa famille, sur le deuil, sur l’amour, et sur les traditions familiales de la communauté rurale Noire des Etats-Unis. Série qu’elle appellera : « non forgotten » non oubliée. Hors de l’oubli. Au-delà de l’image, se souvenir, même quand les albums sont à nouveau rangés, d’où l’on vient.

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Is my baby yours ? de Sarah Blasko. Est-ce que cet amour là m’appartient vraiment, demande la chanson. Question qui illustre ce phénomène appelé « Baby-role play », ou un jeu de rôle très populaire chez les adolescents, initié sur les réseaux sociaux depuis 2013 a et qui va apparemment comme nous l’apprend la journaliste de Slate Stéphanie Plasse. Jeu dans lequel des adolescents se prennent en photo sur Instagram ou Twitter, avec les bébés de la famille, neveux, petits frères les bébés qu’ils gardent aussi, et se font passer pour de jeunes parents. Un jeu par mimétisme selon la sociologue Claire Bailey qui note la prolifération de blogs et de site Internet de réseaux sociaux où les jeunes mères peuvent s’afficher avec leur progéniture et raconter chaque moment de cette vie de famille. Mimétisme donc adolescent, où plutôt que de faire un enfant dans la vraie vie, des adolescents se construisent virtuellement une maternité pour accéder à un autre statut social, selon une autre chercheuse, Monique Dagnaud, cité dans l’article en question. En tous cas ce jeu de rôle n’est pas du goût des vrais mères qui s’affichent elles avec leur vrais bébé sur les réseaux sociaux. Cet article de Slate nous apprend que des pétitions circulent sur Internet pour traquer les adeptes de "baby-role play" et fermer leurs comptes.

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