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Capture d'écran du compte instagram du photographe Maxime Sirugue

"Levez les yeux, vous pourriez bien voir quelque chose", hommage au jeune photographe Maxime Sirugue

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de vues aériennes, de sous-terrains de soi-même, d'histoires pas naturelles, de paysages transformés, d'une définition de l'humour en politique.

Capture d'écran du compte instagram du photographe Maxime Sirugue
Capture d'écran du compte instagram du photographe Maxime Sirugue Crédits : Maxime Sirugue

On peut en marchant chercher de la hauteur, on peut aussi chercher de l’ombre, espérer trouver un coin, encore vierge de pas, de regards, un lieu que l’on peut faire sien. Il montait très haut, se tenait au bord, à la limite, son corps tenait parfois allongé sur les parois des murs. Quand on le voit allongé face au le ciel, quand on aperçoit ses jambes suspendues au-dessus des toits, ou sa silhouette en capuche noire qui domine la ville, on pourrait se dire que la photo en fin de compte aurait pu ne pas avoir lieu. Que le moment aura sans doute été plus grand, plus fou que l’image qui nous en parvient. Mais Maxime Sirugue était avant tout un photographe. Il avait en tête la photo avant la prise de vue. Il grimpait, sautait, se suspendait pour aller la chercher, cette photo mentale. Donner à voir. "Look up and see" écrit-il en légende de l’une de ses photos sur le réseau Instagram. Un mode d’emploi bien à lui, regarder en haut, regarder de haut, lever la tête. Risquer la photo. Le photographe de 18 ans en est mort le 12 janvier dernier lors alors qu’il escaladait un pont à Lyon. Il reste son regard. Aérien, souterrain, jamais entre les deux. Figé à 85 photos. Un regard qui voulait tout embrasser, sans jamais être pris. Un regard qui selon ses légendes pouvait se perdre, explorer, se souvenir, se réveiller. Outre ses villes vues du ciel, ensembles de toits qui se mélangent entre eux, ponctué d’un premier plan en plongée sur ses jambes perdues dans le vide, il y a donc aussi beaucoup de photos obscures, cachées. Des tunnels dans lesquels plus aucun train ne semble passer. Des cages d’escaliers aux marches fragiles, rendus inaccessibles par des petites montagnes de gravas. Les murs recouverts d’inscriptions, de graffitis. Des halls, des hangars, sombres, humides et désaffectés, sans autre intérêt que celui d’être cachés. Comme une autre face de la ville, un souterrain de soi-même, de ses errances. Montrer ses refuges sans en indiquer le chemin. "Regardez bien au dessus de vous, vous pourriez bien voir quelque chose" a-t-il écrit. Voir. Comme un risque supplémentaire. Comme le vrai risque en fait, au delà de l’acrobatie. Une manière peut-être pour, Maxime Sirugue, d’avoir donné un peu plus de légèreté au vide.

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She’s a loner du groupe the Tough shits. La solitaire, celle qui s’isole, qui ne veut plus faire parler d’elle, comme la féministe Ye Haiyan, surnommé Hooligan Sparrow, moineau voyou, au centre d’un documentaire de la cinéaste Nangfu Wang. Un film qui aurait pu être nominé aux Oscars et qui y a échappé, Tant mieux, se dit Ye Haiyan, car aujourd’hui l’activiste féministe se dit prête à tout pour retrouver l’anonymat en Chine et la paix qui va avec. Figure de proue du combat contre le viol de jeunes filles, par exemple, elle est en effet victimes de plusieurs tentatives d’intimidation et de toute sorte de pression. Les autorités lui ont coupé l’eau l’électricité et Internet, et a été interpellé par la police à plusieurs reprises. Elle a déclaré à l’AFP regretter sa naiveté. " Je pensais qu'en faisant du bruit, le gouvernement m'écouterait et changerait", Aujourd’hui la militante veut à tout prix rester en Chine, mais fait donc profil bas, elle ajoute que tant qu’on lui donnera "un petit espace pour survivre et [m]’exprimer dans ce pays [elle] ne renoncera pas à la critique".

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