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"Plongeons", court-métrage  d’Alex Danielson et Maximilien Van Aertryck (2016)

L'invitation que l'aube nous formule

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de Plonger, de sauter, de partir, d'aimer, de refaire l'histoire, les histoires de sa vie, de raconter sa jeunesse, de retrouver l'enfance

"Plongeons", court-métrage  d’Alex Danielson et Maximilien Van Aertryck (2016)
"Plongeons", court-métrage d’Alex Danielson et Maximilien Van Aertryck (2016) Crédits : Capture d'écran

Notre image du jour c’est une invitation à sauter. A y aller. L’écran est divisé en deux parties. Le même endroit à deux moments différents. Un plongeoir, dans une piscine, dont on ne se rend pas compte tout de suite de la hauteur. A gauche, un homme, plutôt jeune, caleçon de bain jaune fluo, se tient tout au bord, regard fixe et calme vers le bas. A droite une toute jeune fille, à peine adolescente, blonde, maillot deux pièces gris, se tient encore loin du bord. Les 4 micros postés de chaque côté du plongeoir captent les mots qu’ils se disent à eux même pour se rassurer, se pousser à y aller. Ils captent aussi ici les respiration de la jeune fille. "Allez on y va. On y va", se répète-t-elle, avec une petite voix étranglée et tremblante. Dans une grande inspiration comme bloquée dans son thorax, elle s’élance rapidement et finit par sauter. A peine a-t-elle quitté le plongeoir, que l’image devient noir. Ne reste que la partie gauche de l’image avec ce même plongeoir et cette homme toujours à la même place, les yeux rivés en bas. Le visage grave. Il reste là, il ne bouge pas. Et l’écran devient noir laissant supposer de son propre renoncement. Il s’agit de la scène d’ouverture du courts métrage Plongeons, substantif pluriel ou plongeons à l’impératif, comme une injonction à se lancer. Court-métrage suédois d’Alex Danielson et Maximilien Van Aertryck, sélectionné à la dernière Berlinale, dont le titre original est la tour de 10 mètres. 10 mètre au dessus de l’eau c’est un film qui tente de saisir cette intense état de fragilité, dans un environnement choisi et qui a priori n’a rien de très hostile. Un endroit où les caïds, les corps sportifs, les attitudes assurées ne ressemblent plus à rien, soudain. Où tous ont les mêmes mouvements hésitants, les genoux qui tremblent. Qu’est ce qui nous amène en haut, au bord, avec pour unique choix celui de se lancer, ou celui de renoncer et de redescendre. C’est une série de corps qui avance, qui recule, qui commence à redescendre et se ravise. C’est l’histoire de nous même de notre dépassement, de nos pas en avant, de nos reculades. De notre solitude, au bord du vide. Que faisons-nous de nos peurs ? Qu’est-ce qui fait que nous décidons malgré tout de sauter. Qu’est-ce qui nous cloue à notre place et nous empêche d’avancer. Jamais avec ces 16 minutes de films, nous n’aurions pu imaginer qu’un plongeoir puisse à ce point être le lieu de tant de question. Au milieu de ce film un très jeune couple conclut un marché, si tu y vas, j’y vais, à la vie à la mort Frieda. Des mots emprunts d’une émotion décalée, un spasme de larmes démesuré traverse la jeune fille, en maillot de bain, juste avant de faire entendre, leurs éclats de rires enfantins, une fois réunis dans l’eau, après le grand saut.

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Cet enfant que je t’avait fait, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine sur l’album "Brigitte Fontaine est folle", en 1968. Le 121è enfant volé pendant la dictature argentine a été identifié, son visage et son nom ont été rendu publics hier à Buenos Aires, lors d’une conférence de presse des grands-mères de la Place de Mai. Ramiro Menna a été identifié comme étant le fils de deux membres du parti des travailleurs, parti révolutionnaire du peuple. Deux parents qui comme tant d’autres militants opposés à la dictature militaires de 1976 à 1983, ont été emprisonnés et exécutés, quelques jours après sa naissance. On estime à 500 le nombre de bébés volés pendant cette période, et adoptés par des militaires, des fonctionnaires de cette dictature militaire. Les parents de ces opposants tués se mobilisent depuis bientôt 40 ans pour retrouver la trace de leur petits-enfants volés. Ramiro Menna qui hier a reçu un message de son frère biologique : "tu as ici une famille qui a 40 ans d’amour à te donner".

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