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Manu Larcenet : exposition "L’adieu au papier" / Élections turques : la question kurde / Syrie : de la guerre à l'occupation ? / Harley Davidson of a bitch

59 min
À retrouver dans l'émission

Manu Larcenet vous parle de l'exposition "L’adieu au papier" qui lui est consacrée, et Ziad Majed du retrait de l'armée américain de la Syrie. Les chroniques s'intéressent aux Kurdes de Turquie et à la délocalisation de Harley Davidson.

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Logo de l'entreprise Harley Davidson Crédits : SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

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Le Réveil Culturel : Tewfik Hakem s'entretient avec Manu Larcenet, auteur de BD, pour l’exposition L’adieu au papier à la galerie Barbier & Mathonà Paris jusqu’au 15 septembre 2018. L’auteur de BD Manu Larcenet est lassé des crayons, des pinceaux et du papier. Il s’embarque pour un nouveau voyage à travers l’utilisation du numérique et pour fêter cet « adieu au papier », la galerie Barbier & Mathon à Paris propose une grande exposition de planches des années 2000 à aujourd'hui.

Depuis que j’ai 12 ans, tous les jours je dessine avec les mêmes outils : plume, pinceau, feutre, stylo… J’en avais marre. J’ai découvert le numérique et c’est une nouvelle manière de penser le dessin, la planche et même le geste. C’est une renaissance pour moi.    

Manu LarcenetDargaud / Galerie Barbier & Mathon
Manu LarcenetDargaud / Galerie Barbier & Mathon Crédits : Dargaud / Galerie Barbier & Mathon

Le Journal des Idées par Jacques Munier : Avec un score de 11,62 % des voix, le parti kurde HDP parvient à maintenir sa présence au Parlement.

Sous le seuil des 10%, les votes de ses électeurs n’auraient pas été pris en compte. C’est donc une sorte de victoire pour les Kurdes, même si leur candidat à la présidentielle, Selahattin Demirtas, en prison depuis novembre 2016 et toujours en attente de jugement, n'a obtenu que 8,3  % des suffrages. Une victoire célébrée comme telle dans les rues de Diyarbakir dimanche soir, car « le HDP a préservé sa place sur l'échiquier politique turc, où ses représentants pourront continuer de faire entendre une voix kurde et de gauche » souligne Allan Kaval dans Le Monde, et en obtenant une large majorité dans onze provinces du Sud-Est, il « a démontré sa capacité à dessiner une zone d'influence dans cette région de Turquie », malgré la reprise en main de la région par l'Etat après la répression sanglante des insurrections urbaines de l’été 2015, déclenchées par le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan en guerre contre l'Etat turc depuis 1984. Le pouvoir turc avait alors étendu la répression à la branche civile du HDP qui perdait le contrôle de municipalités conquises par les urnes, au profit d’administrateurs nommés par Ankara.

Sur le site du quotidien – Le Monde.frMarc Semo s’entretient avec Kadri Gürsel, l’éditorialiste de Cumhuriyet – journal de centre gauche et l’une des dernières voix indépendantes en Turquie – arrêté en octobre 2016 avec dix autres responsables du quotidien et condamné à deux ans et demi de prison. Il relève qu’en dépit de sa victoire, « _le pouvoir sans partage d’Erdogan est rejeté par près d’un Turc sur deu_x ».

Le score électoral du Parti de la justice et du développement (AKP), qui avait remporté 49 % des voix aux élections de novembre 2015, est en nette baisse – 42 %, comme l’avaient prévu les sondages – mais la surprise de ce scrutin a été le succès de son allié du Parti d’action nationaliste (MHP), qui pèse 10 % et récupère les voix des déçus du parti du parti au pouvoir depuis 2002. 

C’est donc une « lame de fond nationaliste qui ne cesse de prendre de l’ampleur » qui a porté la victoire d’Erdogan. Elle s’explique notamment par l’instrumentalisation constante de la question kurde par le président, alors même que « les principales préoccupations des électeurs turcs portent sur la dégradation de l’économie, l’inflation, la montée du chômage, le dévissage de la monnaie et non pas sur les questions sécuritaires ». Affaibli politiquement, ayant besoin des nationalistes au Parlement, « ce qui exclut toute initiative pour trouver une solution politique à la question kurde », le président apparaît en politique étrangère, y compris sur un dossier crucial comme la Syrie, comme le pilote d’un « bateau ivre naviguant au gré des courants contraires ». Mais « la société turque n’a pas dit son dernier mot », conclut Kadri Gürsel.

Les Enjeux Internationaux par Xavier Martinet : Le retrait de l'armée américaine qui occupe certaines parties de la Syrie, voulue avec insistance par le président américain Donald Trump, risque d'inciter les djihadistes à reprendre l’offensive dans tout un ensemble de zones du pays à peine libérée de Dash mais qui restent très mal protégées...

Xavier Martinet s'entretient avec Ziad Majed, politologue, professeur des Etudes du Moyen-Orient à l’Université américaine de Paris, coordinateur du Réseau arabe pour la démocratie.

L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Et oui, comme le chantait Gainsbourg : « qu’est ce tu fais sur ma Harley ? » Et comme l’explique le Financial Times en Une, Harley Davidson est la victime collatérale de l’augmentation des tarifs douaniers des Etats-Unis, et décide donc de délocaliser une partie de sa production pour échapper aux pénalités douanières infligées par l’Union Européenne. 

Voilà ce que c’est qu’être un symbole américain : Harley Davidson est un symbole symbolique. Pour vous donner une idée, Harley emploie environ 20 fois moins de personnes que Honda, le constructeur de moto japonais. Harley est un peu dans le domaine des motos le souvenir d’un temps ou la France circulait en traction, je ne parle même pas encore de la DS. Harley, c’est une Amérique qui veut se faire croire qu’elle est encore glorieuse comme dans les années 1950, exactement comme si la France choisissait entre une 11 légère, ou les premières tractions 15-6, autrement dit six cylindres. 

Et justement, si l’on compare la technologie Harley à celle des Traction, on voit la différence qui sépare le discours de Donald Trump et d’Emmanuel Macron. La politique, ou plus exactement l’anthropologie trumpienne à une partie de l’Amérique : vous resterez identique à ce que vous avez toujours été, à l’Amérique des fifties, des Cadillac à fuselage, du gas guzzling, bref... une Amérique de folklore, disparue depuis longtemps.

Trump le sait bien, mais peu importe, ce qu’il veut c’est envoyer un message à ses ouvriers de la sidérurgie, à tous ceux qui roulent en Harley, et tant pis si Harley est juste une anecdote sur roue. 

Emmanuel Macron lui, explique l’inverse : tout doit changer, complètement. Il faut réformer et même réformer la réforme, il faut inventer une nouvelle anthropologie française. Et lui aussi au fond sait bien que c’est impossible, mais peu importe. Son ambition verbale, c’est de supprimer les rétroviseurs, quand Trump veut donner à ses électeurs l’illusion que l’on peut conduire en marche arrière. 

@PetitsMatinsFC

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L'Humeur du matin par Guillaume Erner

Harley Davidson of a bitch
Intervenants
  • auteur de bande dessinée
  • chercheur et politiste franco-libanais, professeur à l'Université américaine de Paris
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