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Marquer l'aube de son empreinte : "Horizons" par Sze Tsung Nicolas Leong

58 min
À retrouver dans l'émission

où il sera question d'une présence humaine, de nos propres vagues dans l'eau calme, de Phantom of paradise, de la situation psychologique des migrants, de la politique économique américaine, de chagrins d'amour en Afghanistan et d'un rêve un soir d'attentat.

C’est une solitude surexposée. La lumière ne donne aucune chance au vide. Il est là et il s’étend à l’infini devant nous. Un lac calme, des couleurs pâles qui se confondent avec le ciel. Et même en se mêlant au paysage on peut rater la ligne de séparation. Un monochrome. Gris qui tire vers le blanc. Un paysage neutre de toute émotion. Rien ne s’agite, l’air semble immobile, on imagine le silence comme un fil ténu est continu. C’est un horizon comme ceux que le photographe Sze Tsung Nicolas Leong rencontre et capture lors de ses voyage à l’étranger. Des prises de vues étudiées pour embrasser autant que possible, le paysage qui s’offre à lui. On sait où mais jamais quand, à quel moment de la journée, ces photos ont été prises. Il n’y fait jamais nuit. Il n’y a jamais personne. On doit pouvoir prendre possession des lieux à travers le cadre. On doit pouvoir peupler ce vide de notre seul regard. Il y a sur cette photo des bords du Gange en Inde, un homme presque nu. Juste vêtu d’un short. Il se penche en angle droit vers l’eau calme et immobile. Comme pour une ablution, comme pour se voir lui-même, réaliser sa présence ici, dans cette immensité. C’est l’un des rares clichés de cette série, marqué au loin d’une présence humaine. Sa peau comme une note de couleur qui vient secouer le paysage. Juste à côté d’un monceau d’ordures, tout au bord de l’eau. Monceau de couleurs qui paraît incongru dans un tel paysage si vide de tout. Une présence humaine, ce corps qui se lave et ces déchets à côté qui indiquent que dans un tel paysage à l’atmosphère lourde, à la couleur unique et épaisse, une présence humaine rend ce paysage supportable. On pourrait se demander si le photographe se serait emparé de cet horizon là, quelque part en inde sur les bords du Gange, si cet homme n’était pas venu se glisser là, troubler cet uniforme commun au lac et au ciel. La série horizons de Sze Tsung Nicolas Leong est visible jusqu’au 6 mai à la Polka Galerie à Paris. Une ligne commune à l’ensemble de ses photos. Une séparation entre la terre, la mer, le ciel, à la limite, parfois, de l’invisible. Et quand l’homme y intervient pour troubler l’eau, pour changer l’ordre des choses, des formes et des couleurs, il vient nous dire surtout que nous pouvons nous aussi nous inscrire dans cet horizon. Le troubler, inverser les courbes. Comment marquer de nos corps les chemins que nous traversons. Voir la différence entre un paysage qui n’a pas connu notre présence, et ceux dans lesquels nous avons marchés. Voir ce qu’il s’y joue et plonger dans cette eau calme, créer nous-même la vague.

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