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Fever Room d'Apichatpong Weerasethakul

Nos rêves et la meilleure manière de les peupler

57 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de rêves obscurs, de lumière, de fièvre nocturne, du jour où j'ai bu un verre d'eau, de méfiance, de défiance, d'une mise à l'abri douteuse et du coiffeur de Donald Trump.

Fever Room d'Apichatpong Weerasethakul
Fever Room d'Apichatpong Weerasethakul Crédits : Chaï Siris, courtesy of Kick the machine films

C’est l’image d’un rêve. En plusieurs images, en plusieurs dimensions, en plusieurs couches. "Avec l’âge je me souviens moins bien de mes rêves" dit une voix, alors que l’on est proche du réveil. Il y a une salle plongée dans le noir et puis un écran. Bientôt 2 écrans. Puis 4. Chacun étant la facette d’une pensée, d’une vision, la capture d’image d’un inconscient. Itt et Jenjira les deux visages fétiches du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul apparaissent. Endormis. Sur des lits d’hôpital. Comme une suite à son dernier film Cemetery of Splendor, où des soldats atteints d’un mal mystérieux, passaient leur journée et leurs nuits, à dormir, à rêver. Se laissaient gagner par la présence de fantôme, qui rôdaient dans le cimetière situé non loin de là. Ici les fantômes rôdent aussi, dans le sommeil, dans les rêves, dans la mer que l’on entend aller et venir, dans l’obcurité des grottes, où la solitude a toute sa place. Avec l’âge je me souviens moins bien de mes rêves. Fever Room, que l’on peut voir jusqu’au 13 novembre prochain, au théâtre des Amandiers de Nanterre, c’est une pièce noire où la lumière a toute la latitude pour se déployer. Ou les rêves de Jenjira et de Itt ont tout le loisir de se mêler les uns aux autres. Il s’agit ici, de se laisser gagner par un nouveau paysage, l’eau de la mer, la profondeur de la grotte. Le bruit de la pluie, celui de voix lointaines et spectrales. Il s’agit de se créer ici, dans une chambre où la fièvre et le sommeil donnent le ton, un espace de nuit où il est permis de se réveiller tout à fait. Dans le monde que l’on choisit. Un monde où le ciel est à notre hauteur, où il nous permet de rester allongé. Un monde où l’eau et les rêves deviennent une matière vivante. Jenjira et Itt rêvent en même temps, pas au même endroit, et échangent leur paysage à distance. Jenjira partage avec lui via les images des endroits qu’elle aime. Le port, la mer qui inlassablement revient au même rythme et finit pas nous endormir, sa chambre, où l’humidité en fait un nid flottant à l’écho lointain. Itt lui dit qu’il fait noir y compris dans ses rêves, qu’il puise la lumières de ses rêves à elle pour s’éclairer dans sa nuit à lui. A croire que dans les rêves quand la lumière existe enfin, elle ne peut jamais cesser alors, d’exister.

JUKEBOX

Room 13 des Dirty Projectors sur l’album Rise above. Chambre 13, où il est question de s’encourager à survivre. Et ce qui m’amène à vous parler de ces premières enquêtes parues la semaine dernière, dans différents media, concernant les conditions dans lesquelles vivent les migrants évacués des camps improvisés de la station Staligrad à Paris et hébergés dans des hôtels. C’est le site de la chaîne info LCI qui a entre autres publié un article ces derniers jours, relayant l’indignation de certains collectifs de soutien au migrants. De quelle « mise à l’abri » parle-t-on, lorsque ces personnes hébergées dans des centres d’hébérgements, ou des hôtels, se retrouvent privés de biens de première nécessité, notamment d’hygiène et de nourriture. Une situation dans laquelle ils sont confinés à l’isolement. Sans parler français, ne rencontrent plus personne pour les guider dans leur démarche. De quelle mise à l’abri est-il question ici ? Une bénévole cité dans cet article s’indigne de constater que ces migrants mis à l’abri, son affamés et privés de suivi médical, alors que des enfants et des femmes enceintes se trouvent parmi eux. Quelques-uns d’entre eux, retournent, de ce fait, dormir à la rue note la journaliste Barbara Azaïs, là où on distribue à manger.

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