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Partir quand-même : Le film de l'été (prix Jean Vigo du court-métrage 2017) par Emmanuel Marre

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une prise de virage, d'une route que l'on n'arrive pas à faire, d'une fille-oiseau, de la future assemblée nationale, du chaos en Libye, de l'amour en centimes d'euro.

Il y a des routes qui n’avancent pas. On roule et on revient au point de départ. Au commencement, au moment où l’on se dit que la route est finie et que l’on doit partir. Et on se prend à espérer à chaque fois que quelque chose, quelqu’un va nous retenir. C’est une façon de se comporter sur la route. Ralentir avant le virage, dans le tournant tu donnes du gaz. Tu restes toujours à l’intérieur. Le garçon de 9 ans et demi va prendre le volant sur un circuit et il y a les conseils de son père qui parle d’une vitesse constante, et ceux de l’ami de son père, Philippe qui lui donne le mode d’emploi pour les virages. Savoir les prendre. Les chercher même. Eviter les lignes droites et les vitesses qui ne changent plus passées la cinquième. Pendant un instant ces trois là, le père, l’ami du père et le fils, vont quitter l’aire d’autoroute. Ils vont quitter l’air immobile, les jeux d’eau, le sol mouillée du car wash, piste de danse improvisée, les pics nics à répétition. Et ils vont pendant quelques minutes prendre de la vitesse. C’est le film de l’été, court-métrage d’Emmanuel Marre et qui a reçu cette semaine le prix Jean Vigo. Le film d’un départ qui se répète et dont on se demande s’il aura lieu un jour. On en rêve comme on le redoute. Parce que ce n’est pas si facile de s’échapper. Pour aller où ? Et puis avec qui. Alors, rester. Rester avec. Philippe a essayé de partir seul et il y a ce petit garçon qui le retient. Le fils de son ami, qui par sa seule présence, qui le retient ici. Il lui rappelle peut-être lui, avant. Il se dit que la vie le mène sur ce chemin-là, avec un enfant pas le sien mais tout de même un enfant à accompagner, à faire grandir avec lui. Alors peut-être qu’il ne faut pas partir tout de suite. Le père est souvent absent, il est souvent hors champs. Philippe l’adulte et Balthazar l’enfant occupent l’espace à deux. Il y a les mots amusés, faussement légers du premier, et les regards étonnés du second. Il y a ces mots sur l’amour. L’enfant demande à l’homme qui l’accompagne depuis combien de temps il est seul. 4 ans. C’est beaucoup. Pour toi peut être c’est beaucoup. Parfois on peut se dire que notre amour est trop petit. Qu’il n’y a pas la place pour les autres. Alors à ce moment là il faut partir. Il est toujours question dans le film de l’été, d’un départ à un moment. Partir pour ne plus avoir à se faire quitter. L’homme et le garçon parlent d’amour et s’accusent mutuellement de se poser trop de questions. Adossée, sur la fiat 500 grise, sur le parking, il n’y a qu’eux. Il n’y a qu’eux pour encombrer cet espace vide et lourd, de leurs mots et de leurs sourires. Reculer encore le moment du départ.

(Tapis musical : Rhye - One of those summer days)

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