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Provoquer le jour qui renaît : Terra nostra par Mimi Mollica

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de terres qui renaissent, de désert rouge, de surface à nouveau habitables, d'une croisade italienne, de débats sur la colonisation, de l'avenir incertain de l'Europe.

Ce sont les images d’une terre marquée. Il y a des trous, des cratères, des impacts. Il y a aussi des immeubles qui semblent debout comme par miracle. Des routes aux allures d’impasse. Et des corps insouciants et nonchalants, ceux de l’été qui semblent avancer dans ce paysage, sans questions. Des routes aux allures d’impasses, des terres comme des no man’s land, ça c’est ce qui est visible, si on se cramponne au cadre, qu’on reste en bordure de paysage. En vérité ce sont des espaces dans lesquels il est possible de se mouvoir et même durablement de s’installer. De prendre ses aises. D’en avoir l’air. Il y a ce paysage à la lisière d’un chaos. Le bout d’un quartier résidentiel. On se croirait dans le Désert rouge. Une grande maison à l’aspect rétro-futuriste, briques blanches, grandes fenêtres noires. Maison debout, avec une parabole sur le toit, mais qui semble totalement inhabitée. Le paysage n’est rempli que de ces maisons silencieuses, cet air immobile. Et au premier plan, deux jeunes filles. Elles semblent avoir été posées là. Abandonnées. L’une porte un bikini, l’autre paraît nue. Elles tournent le dos à l’objectif et sont assises dans un cratère d’eau sombre. Creusée, dans du sable ou peut-être dans de la terre. Le noir et blanc, plus noir que blanc, sème le doute. Deux baigneuses qui ne prennent pas tout à fait conscience de la place qu’elles occupent, là dans leur petit bassin. Elles ne se regardent pas, ne parlent pas non plus. Elles restent assises et fixent le même point de fuite devant elle. Les photos de l’italien Mimi Mollica creusent les trous et les blessures laissés dans la ville Palerme. Les traumatismes des années Cosa Nostra. Comment une ville se relève de la violence à chaque coin de rue, comment les sourires, et une certaine forme d’insouciance peut reprendre le dessus. Ce sont des photos que l’on peut voir dans son livre Terra Nostra publié chez Dewi Lewis. Il y a aussi dans cette série, une plage déserte. Seul un couple occupe le milieu de l’espace et de la photo, en position quasi allongé, mains derrière la tête, lunettes de soleil. Il discutent en maillot de bain face à un horizon que l’on suppose être la mer, mais qui demeure invisible. Seul l’arrière plan s’impose. Une façade d’immeuble moderne, effrayante. Toute en hauteur, volets fermés du premier au dernier étage. Un bâtiment sans plus aucune ouverture possible. Vestige là aussi d’un traumatisme collectif pour le photographe, qui explique dans le magazine Vice que le clan mafieux gérait les logements, l’espace, créait, dit-il, de l’isolement et de l’aliénation. La présence de ces corps sur ces terrains abandonnés, des espaces faits de trous et de blessures aux murs et à la terre, c’est une forme de combat pour le présent, de revanche sur un passé. Trouver une autre manière d’habiter et d’avancer dans la ville.

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