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Les visages des disparus sur la plateforme "Fus'hat amal"

Quand des visages disparus sortent de la nuit : le projet "Fus'hat amal" pour redonner des mots et un visage aux victimes de la guerre

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de paroles et de visages de disparus, de ceux qui restent à les attendre, d'un graphiste "désherbé", d'une montée de la spiritualité, de la possibilité de se réfugier dans le théâtre et de sortie de classe à l'Apple-store.

Les visages des disparus sur la plateforme "Fus'hat amal"
Les visages des disparus sur la plateforme "Fus'hat amal" Crédits : Capture d'écran

Remettre un visage. C’est une expression qui ici se remplit. Remplit le vide. Un ensemble de photos, des visages donc , au sourire flou et aux couleurs passées quand elle ne sont pas absentes. Des visages donc qui sont là pour remplir des cases vides. Celle d’une histoire passée sous silence. Il y a par exemple cette photo de famille couleur sépia, au père absent. La mère au centre, visage dur, regard noir et triste. 4 petits garçons l’entourent et elle tient dans ses bras un nourrisson. Seuls deux des frères présents esquissent un petit sourire timide. Et ce sera sur cette photo la seule marque de légèreté. C’est une photo que l’on peut aujourd’hui retrouver sur une plateforme interactive Fush’hat amal, un site lancé par l’ONG Act for disappeared. Un diaporama de visages et de témoignages à la première personne, d’hommes, de femmes et d’enfants libanais disparus pendant la guerre, pour selon les mots de l’ONG "restaurer leur identité" et "leur restituer leur juste place dans la société". Cette photo de famille au père absent c’est en fait tout ce qu’un homme a un jour perdu. La femme aux yeux de peur comme si elle voyait déjà la catastrophe arriver, raconter sur cette plateforme Fush' at amal, Mon nom peut-on lire est Fatima. Je suis la maman de 4 beaux enfants. A cette époque mon mari vivait en Allemagne, ce jour là il nous a perdu tous les cinq. Ce sont des paroles fantômes qui disent peut-être moins de la personne disparue que des larmes et des questions qu’elle a laissé derrière elle. Il y a les mots de Fatima qui racontent comment sa propre mère n’a plus jamais pu dormir dans un lit depuis , seule manière pour elle d’exprimer sa douleur et sa culpabilité. Il y a aussi le visage de Mohammad, autre disparu qui se tient en couleur et en sourire au centre d’une photo et entouré de ses trois enfants. Mohammad s’est fait enlever une nuit chez lui par des hommes armés. Ses mots racontent aujourd’hui comment sa femme tente encore de maintenir sa présence à la maison, avec des photos de lui partout. Ce sont les visages et les histoires de vies qui s’arrêtent sans que l’on puisse savoir où elles ont pu aller. Vers où. Ce sont les mots d’une lutte pour que l’histoire aille au-delà de la vie. Que la trace ne se perde jamais vraiment. Tout comme en témoignent ces mots de conclusion toujours les mêmes : "ne laissez pas mon histoire s’arrêter ici"

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Tug of War de Sasha Siem, sur son premier album, Most of the boys. Tug of War, jeu d’enfants et rapport de force pour vous parler ce matin de ces mots Manuel Jabois, publiés dans une tribune du journal espagnol El Pais, intitulé "Teatro". L’écrivain revient sur ce moment surréaliste dans une galerie d’art à Ankara, où un policier turc a tiré devant les caméramen et les photographes sur l’ambassadeur de Russie. Scène surdiffusée quasiment en temps réel sur les réseaux sociaux. "J’ai cru qu’il s’agissait d’un happening, d’une scène de théâtre, mais à aucun moment je n’ai cru dans ces premières secondes, que cet homme sortait un pistolet devant nos yeux dans le but de tuer quelqu’un" Et Manuel Jabois se concentre sur l’attitude du photographe Burhan Ozbilici, celui qui a pris le cliché de de l’assassin d’Andrei Karlov. Pistolet pointé sur les caméras, qui se tenait debout devant lui à prendre ses photos alors que le policier visait l’assemblée. "J’avais peur. Je pouvais partir en courant dit il mais si plus tard on m’avait demandé pourquoi je n’avais pas pris de photos à ce moment là, je n’aurais pas eu de réponses appropriées" a-t-il confié à la presse. Mots rapportés ici par Manuel Jabois. "Un des déficits les plus significatifs de la profession je cite la tribune de l’écrivain tient à ces réponses appropriés que les journalistes n’ont pas toujours. Il fallait là pour l’avoir se donner le luxe de penser qu’une telle situation de violence ne pouvait pas arriver dans la vraie vie, se donner le luxe de croire que nous vivons dans une pièce de théâtre."

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