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Regarder à l'intérieur de soi avec Willy Ronis

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une solitude volée, de lettres manuscrite, de visages dessinés, de notre manie d'évaluer, d'un multi-condamné à mort, et de deux minutes de bienpensance.

Il s’agit d’une silhouette perdue. Celle d’un homme que l’on distingue à peine et qui ne se doute de rien. Imper et chapeau, le buste un peu voûté, un corps qui tient à l’aide d’une canne que l’on devine à peine. On aperçoit ce corps de quelques millimètres à travers les boucles en fer forgé d’un garde-fou. C’est un corps pris en photo - peut-être pas pour lui-même - mais parce qu’il est là. Parce qu’il se trouve sur le chemin d’une solitude, ou d’une pensée. Que l’appareil n’est sans doute jamais loin. Que ce corps là, seul, banal et lointain peuple un vide. Un espace vide tout d’abord. L’homme pris en photo semble avancer lentement. Peut-être même qu’il vient de quitter ce banc, encerclé entre deux arbres. Personne d’autre dans ce petit bout du boulevard Richard-Lenoir, à Paris. Que les arbres, le banc un réverbère et lui. C’est une des 160 photos de Willy Ronis, qui va être mise en vente ce soir à la galerie Artcurial à Paris. Son petit-fils Stéphane Kowalski à l’initiative de cette vente en a hérité de milliers. De ces photos il dit que depuis la mort de ce grand père photographe, en 2009, ses œuvres peuplent l’absence. C’est aussi le cas de cette photo, - volée -d’un instant de solitude. Vouloir capturer à son insu, la seule personne qui passe près de nous, et la garder, comme un confident inoffensif de nos pensées. Un visage invisible auquel nous n’aurions pas de compte à rendre. Un corps qui ne compte que pas son existence à cet endroit. A côté de ses autoportraits, Willy Ronis, y inscrivait ses pensées possibles au moment de la prise de vue. Comme s’il se rendait compte après coup, que même un modèle aussi conscient que lui-même pouvait oublier l’objectif un moment, se perdre dans sa propre photo. A quoi je pense ? se demande-t-il dans Autoportrait, "aux affaires qui sont difficiles, à mon père que l’on doit prochainement opérer." Il pense aussi à ce concert entendu le mois dernier. A "cette jolie cliente" ("hélas accompagnée" précise-t-il), qui vient tous les lundis lui apporter des films à développer. Ce sont des photos qui disent moins du paysage qui se montre que de celui que l’on voudrait montrer. Un monde intérieur où il n’y aurait pas de place pour le vide. Les corps sont fuyants, les visages flous, les regards lointains. L’image d’un autre soi, qui nous appartient. Un monde, "un autre monde, qui sans ces photos là, tel que l’écrivait Didier Daeninckx, nous serait inconnu".

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"A qui dois-tu montrer les dents ?" Du trio Stranded Horses sur leur troisième album Luxe, paru tout récemment chez Talitres. Portrait de ce climat d’adversité qui me permet d’attirer votre attention sur ce reportage signé Sébastien Blanc pour l’AFP. L’histoire de Romell Broom 60 ans, condamnés à mort pour la seconde fois, aux Etats-Unis, une histoire qui relance une fois de plus le débat sur la peine de mort dans le pays. Cet homme accusé du viol et du meurtre d’une adolescente est déjà passé sur la table d’exécution une première fois. Exécution qui n’a pas marché mais qui a fait incontestablement souffrir le condamné. Une épreuve qui selon ses défenseurs devrait l’exonérer d’une seconde tentative d’exécution, ceux-ci se basant sur le 8è amendement de la constitution américain qui bannit les peines cruelles ou inhabituelles. Mais la Cour suprême ne l’entend pas ainsi. Au-delà de cette peine pour le coup inhabituelle, il y a la question de ces injections létales qui marchent de moins en moins, faute attention, d’une pénurie de produit, remplacés par des anxiolytiques ou des anesthésiants. C’est là l’un des derniers arguments des militants anti-peine de mort que de brandir, cette faute de moyens, qui rend la peine encore plus absurde et inhumaine.

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