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Wazhma Tota Khil, Shafiq Kohi et Hélène Cinque. Répétitions d'"une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, 2016

Rester à tout prix éveillé dans "Une chambre en Inde"

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une chambre surpeuplée, d'un visage vert, de celui d'un fauve, d'une Europe absente, d'un scénario pour l'avenir de la paix, du travail sur la vérité et de l'utilité des lanceurs d'alerte.

Wazhma Tota Khil, Shafiq Kohi et Hélène Cinque. Répétitions d'"une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, 2016
Wazhma Tota Khil, Shafiq Kohi et Hélène Cinque. Répétitions d'"une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, 2016 Crédits : Michèle Laurent

C’est une chambre au sommeil impossible. Au rêve constamment interrompu. Il y a une sonnerie de téléphone et au bout du fil une voix lointaine que l’on devine stridente, aux mots rapides et envahissants, et qui, si l’on ne luttait pas un peu, nous extirperait en un rien de temps du calme de la chambre. Une seule grande pièce sur la scène avec le lit qui occupe une place centrale à côté d’un fauteuil blanc. Au fond, un cabinet de toilette dénué d’intimité, et à gauche une grande table où se bousculent le téléphone, les livres et quelques affaires laissées par les gens de passage. C’est une pièce de passages, passages réels, rêvés ou imaginés. Des personnes qui entrent par les portes, les fenêtres, sortent du sol, apparaissent tout simplement. C’est une chambre en Inde, mais qui y accueille, sans trop le choisir, le monde entier. Les portes ne sont jamais vraiment fermées, les fenêtres suivent l’intensité du vent. Le sommeil y est impossible car son occupante, Cornélia, se demande. Elle se demande comment parler du monde qui se dérobe. Quelle est la place du théâtre dans ce monde. Comment la parole peut encore être à la hauteur pour décrire ce monde. Une nuit, elle marche sur des coupures de journaux qui annoncent encore d’autres attentats, d’autres morts, elle fait le cauchemar d’une meurtrière connue d’elle, de radicalisations éclaires. Dans cette chambre qui semble pourtant appeler au rêve sans vagues, qui voudrait imposer son silence à la nuit. Une chambre elle aussi rêvée, quand elle n’est pas sur-investie de cris, de chants, d’ images ou de la violence du monde qui s’invite dans ses murs. "Que fait-on devant un monde désespéré" se demande, dans son carnet de répétition, la metteuse en scène Ariane Mnouchkine ? "On mène la lutte, la nôtre. Et notre angoisse peut devenir très fertile si on s’en moque." C’est donc une Chambre en Inde que l’on peut voir, quasiment jusqu’à la fin du printemps, au Théâtre du Soleil, à la Cartoucherie de Vincennes. Une chambre où les cauchemars vécus, sont ensuite, racontés, couchés sur le papier, sur un écran, veilleuse dans la nuit. Des rêves reconstitués dans toute leur incongruité, pour pouvoir se raconter soi-même. Laisser les mots prendre la parole et prendre leur place dans une nuit qui elle-même prend tout. Un état du monde qui parfois surgit en images communes, Ou en images à soi, qui se créent, comme un refuge, dans les pensées de cette chambre trop habitée. "Ce que vous devez aller voir, ça ne se visite pas, ça s’attend", peut-on encore lire dans le carnet de répétition d’Ariane Mnouchkine. Des directives adressées à sa troupe et qui se résume en fin de phrase par le seul conseil qui vaille, en général : "Allez dans la vie !"

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Il y a une fin, à tout y compris au mensonge à grande échelle, encore aurait-il fallu l’éviter le mensonge. C’était là l’objet d’une tribune signé Milagros Perez Oliva, et publiée hier dans l’édition catalane d’_El Pais._ L’histoire d’un père de famille, dont la petite fille, prénommé Nadia est atteinte d’une maladie rare et à ce jour incurable. Sauf que ce père de famille, Fernando, a multiplié les appels aux dons pour payer des soins à sa fille. Des appels qui ont évidemment beaucoup ému les téléspectateurs et auditeurs des émissions de télé, de radio, dans lesquelles la famille est passée pour raconter son quotidien et la bataille contre la maladie, et qui ont permis à cette famille de récupérer plusieurs centaines de milliers d’euros. Avant que l’on apprenne que Fernando a menti non pas sur la malade de sa petite fille, qui existe vraiment, mais sur les soins qui n’existent pas. La journaliste Milagros Perez Oliva analyse l’histoire de la manière suivante : "cela souligne deux problèmes majeurs de notre temps : la faiblesse grandissante du journalisme" et de ses moyens à ne pas avoir pris le temps de vérifier les histoires racontés par ce père, et d’autres part, "la crédulité d’une société qui ne fonctionne quasiment plus qu’à l’affect."

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