LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Se lever comme le jour : les portraits de Dorothée Smith

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un corps indéfinissable, de sang chaud et de sang froid, d'une nouvelle assemblée, d'un référendum catalan, d'un étranger sur la Terre, et de sondages performatifs.

Ce sont des corps en formation. Et en attendant ils se fondent à ce qu’ils trouvent autour d’eux. Prennent ce qu’il y a à prendre, pour grandir, s’accrocher et avancer. Ils savent qu’ils peuvent prendre la forme qu’ils veulent. Ils savent aussi que leur corps, leur visages, leurs expressions, leur cheveux sont polymorphes. Qu’ils constituent de bonnes armures pour la suite. Ils sont sûrs de leur image parce qu’ils ont abandonné l’idée de la maîtriser. Elle change de toute façon, avec le paysage. C’est une peau qui prend la couleur laiteuse de l’eau savonneuse. Un corps à moitié immergé dans la baignoire. Seuls les reliefs du visage en sortent encore. Les yeux sont fermés. Les visages sont à la limite de tout. De leur identité y compris. On ne sait pas à qui ces traits peuvent appartenir. On ne sait définir un sexe. Ils sont là et ils avancent masqués. Derrière un brouillard, une légère fumée. Un voile dans leur regard qui le rend plus clair. Ce sont des corps absents. Qui essaient de trouver une raison d’être à eux même. Sur ces portraits, il n’y a pas de place pour le regard de l’autre. On doit se livrer à une bataille silencieuse pour les voir enfin s’offrir enfin à nous ces visages. Il faut voir plus loin. Passer comme une barrière. De la lumière éteinte ou du brouillard. Il y a un autre visage, dont on ne saurait dire si c’est c’est un homme ou d’une femme. Un visage plongé dans le noir d’un contre-jour. Et des cheveux clairs en bataille. Des mèches de cheveux qui se confondent aux volutes de fumées qui s’échappent de ses lèvres. Un masque parfait. L’anonymat complet, fait de cheveux qui tombent sur le visage, et de fumée de cigarette. Ce sont des visages indécis, indéfini, comme non achevé sur leur chemin, d’eau de brouillard, de nuit et de fumées Des portraits de Dorothée Smith, que l’on peut voir en ce moment dans le cadre du festival Portrait(s), à Vichy. Hear us marching up slowly. Un appel à entendre des pas, lents, doux, silencieux. Des corps qui avancent lentement silencieusement. Une marche douce et nocturne. Des regards de fin de nuit. De fin de fête. Un visage défait, beau dans son indéfinition. Beau dans sa perdition. Aucun regard sur ce visage, juste le demi-sourire que l’on imagine d’un homme, d’une femme qui veut retenir encore la nuit, qui refuse comme dans l’enfance, d’aller dormir.

(TAPIS MUSICAL: Wovoka Gentle - All Exterior Dark)

Chroniques
6H05
20 min
Paso doble, le grand entretien de l'actualité culturelle
Andrea de Carlo : "Chaque fois que je commence un nouveau roman, je me dis qu’il faut prendre des risques"
6H25
3 min
Les Émois
Justice - investigation - polar : Sang Froid n°6 est paru
6H30
7 min
Journal de 6h30
Journal de 6h30 : Lundi 19 juin 2017
6H40
5 min
Le Journal des idées
L'Assemblée en ordre de marche
6H45
10 min
Les Enjeux internationaux
Espagne. Le nouveau projet de référendum catalan
6H57
2 min
L'Humeur du matin par Guillaume Erner
L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Lundi 19 juin 2017
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......