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Soirée présidentielle chez les partisans d'Hillary Clinton

Se lever et ouvrir les yeux

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de laisser une ouverture à la lumière, de corps qui s'effondrent, d'un homme providentiel du futur, d'une hypothétique "génération Bataclan", de frères inconnus, et d'un cygne noir.

Soirée présidentielle chez les partisans d'Hillary Clinton
Soirée présidentielle chez les partisans d'Hillary Clinton Crédits : Win Mc Namee - AFP

Ce sont des corps affaissés, effondrés qui se sont tellement répandus hier dans les journaux, sur les réseaux sociaux, sur les sites d’actualité photographiques, et dans les regards incrédules. Une sidération qui s’installe sur les visages, dont on commence hélas à avoir l’habitude. Ce sont des photos de ce jour -J inattendu qui s’accumulent. Il y a tout d’abord, celle d’une femme, Noire, veste rouge ouverte sur le visage de Barack Obama qui s’affiche sur son tee-shirt. Ses mains tiennent encore bon, elles n’ont encore tout à fait lâché la barrière en fer, à laquelle elle s’accrochent, ni le petit drapeau américain qu’elle tient. Ses mains sont les seules à tenir. Ses genoux sont à terre, son visage baissé. Et même si ses yeux se perdent dans le sol, on peut deviner leur brillance, celle des larmes qui s’invitent naturellement, dans ce moment d’incompréhension. Autour d’elle, à gauche deux homme semblent regarder encore des écrans que l’on ne voir pas sur la photo, à la recherche d’une explication, Un regard qui dit l’attente, qui espère que tout n’est pas figé, terminé. A droite deux jeunes femmes, les yeux baissés rivés sur leurs portables, semblent ne plus rien chercher. Elles semblent même comprendre, déjà. Et derrière dans la faible foule, clairsemée, qui se tient devant cet énorme drapeau américain, il y a d’autres personnes dont on ne voit pas les visages et qui sont accroupies, assises parterre. A terre. Atterrées. Cette photo on peut la voir en illustration d’une tribune publiée dans The Guardian, de Steven Trasher, intitulée, "C’est un moment difficile pour l’Amérique, rapprochez vous de ceux que vous aimez". "Les personnes de couleurs, les musulmans, les homosexuels, les malades, les immigrés. Ils sont tous menacés par Donald Trump écrit le chroniqueur, ils ont besoin de votre soutien". Après toutes les catégories de personnes cités par le chroniqueur du Guardian, on peut aussi rajouter les femmes et les jeunes. Que l’on voit sur une photo, publiée dans la rubrique "Grand format" de Slate.fr, 4 jeunes femmes assises parterre collées les unes aux autres, elles se tiennent fermement les mains, les épaule, se serrent dans leurs bras. Celle qui se tient au centre, la seule qui ne laisse pas tomber sa tête de tristesse, regarde au loin dans le vide, une main sur son visage, essayant de retenir des sanglots. Ses amies autour, ferment les yeux et laissent libre cours à leurs larmes. L’une d’elle porte une main à sa poitrine, à sa gorge comme si physiquement ce moment était trop dur à avaler. Des corps qui s’effondrent qui s’affaissent., images des Etats désunis qui se découvrent enfin les uns les autres, apprennent à se connaître sous une lumière pas forcément très flatteuse. Mais cet effondrement n’est jamais un état définitif. Ca ne peut pas être le dernier stade. Ce qui vient après, c’est la relève. C’est se relever. Ou encore plus, encore mieux, se soulever.

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Unknown Brother, des Black Keys sur l’album Brothers. "Frère inconnu", ou ce constat d’une partie de la société américaine, après la victoire de Donald Trump. Ici il s’agit d’une tribune de l’économiste Paul Krugman publiée dans le New York Times, et intitulée, « Notre pays inconnu ».

"Ce que nous savons écrit-il alors que la victoire de Donald Trump se dessine mais n’est pas encore officielle, ce que nous savons, c’est que les gens comme moi et probablement la majorité des lecteurs du New York Times, ne comprenons vraiment le pays dans lequel nous vivons. (...) Nous pensions que nos concitoyens ne finiraient pas par voter pour un candidat si inexpérimenté, si effrayant, au tempérament si imprévisible. Nous pensions que la majorité des Américains partageaient les mêmes valeurs démocratiques, les mêmes valeurs de justice. Il s’avère que nous avions tort."

Et si hier la question principale était « Comment en sommes nous arrivés là ? » l’économiste pose lui celle-ci « Comment dépassons-nous maintenant cela ? » "Est-ce que l’Amérique en tant qu’état en tant que société a échoué ?" Le défi est de maintenant trouver un chemin de sortie. Mais pour le moment, conclut Paul Krugman, "il n’est pas abusif de se sentir désespéré".

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