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La femme qui est partie de Lav Diaz (2016)

Se lever pour suivre "la femme qui est partie" de Lav Diaz

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une danseuse silencieuse, d'une femme libre, d'un désert animé, de détectives au musée, de sécurité dans la ville, d'érotisme dans le métro, d'un monde de frontières, et d'un abécédaire politique.

La femme qui est partie de Lav Diaz (2016)
La femme qui est partie de Lav Diaz (2016)

Une femme seule retrouve sa liberté. Apprend à la retrouver. La liberté ça s’attend. Ca s’observe longtemps, avant que l’on puisse en faire ses premières preuves. Trente ans que la femme vieillissante et fatiguée n’avait pas pu marcher seule dans la nuit. Elle est sortie de prison la veille pour un crime qu’elle n’a jamais commis. Et marche à la recherche de l’homme qui l’a perdue. Le silence comme l’obscurité enveloppe tout. Il y a juste au loin un réverbère. Et une silhouette très lointaine. La seule à attraper la lueur vacillante venue d’en haut. Une silhouette de femme moulée dans une robe d’été, perchée sur des talons aiguilles que l’on devine des plus instables sur ce sol en pente. Une femme aux cheveux longs qui danse dans le noir et dans le silence totale, toute seule. Elle sait cependant que sa solitude est relative. Horacia est encore loin d’elle mais c’est bien pour elle qu’elle danse. Pour Horacia qui de loin, avec son pantalon large et sa casquette dont la visière assombrit les traits, passe pour un homme. Sème le doute. La jeune femme au loin esquisse des petits entrechats sur place. Elle lève les bras, tourne sur elle même, mouvements chaloupés, langoureux, saccadés. Un appel à danser avec elle, près d’elle, contre elle. Danse ivre dans le vide de la rue. La femme comme une funambule nocturne finit par tomber sur le sol secouée par des convulsions. Horacia accourt, elle se penche vers elle comme elle se penche tout au long du film sur toutes ses rencontres. Horacia passe son temps libre à se pencher sur les autres. C’est une scène du 21 è film du philippin Lav Diaz, Lion d’or au dernier festival de Venise, qui sort aujourd’hui en salle. La femme qui est partie. Horacia et la femme qui danse, un transsexuel japonais, finissent par chanter toutes les deux, Somewhere. La chanson qui promet un endroit rien que pour elles, qui les attend quelque part. Qu’il existe un temps pour elle. Qu’elles trouveront une nouvelle manière de vivre. Pour elles-mêmes. Un désir dit-elle alors que la fin du film ne signe pas celle de son errance, un profond désir qui résidait dans un rêve caché.

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J’arrive à la ville de Lhasa de Sela, sur son album The living road. Chanson et album de trajectoires et de chemins perturbés, sans cesse repris. Et alors que le journal argentin Clarin, ,a titré dernièrement sur les génies historiques qui ont pu immigrer aux Etats-Unis , les autres titres de la presse là-bas font surtout état d’un nouveau décret signé par le président Mauricio Macri et qui durcit sa politique migratoire. Un texte qui se propose de lutter contre les immigrés délinquants et qui se proposent de faire la différence dès la frontière entre les immigrés de bonnes volonté et de bonnes intentions pour le pays, et les autres. Alors que Clarin dénonce aux Etats-Unis, le "Muslim Ban" de Donald Trump, et la politique migratoire du président des Etats-Unis en général, en disant "qu’elles abîment le ciment de la société américaine nourrie de centaines de nationalités différentes". Et le pays avec ce décret est en train de suivre le même chemin et c’est le quotidien espagnol _El pais_ qui critique durement ce chemin là en titrant "l’Argentine terre d’accueil historique déclare la guerre aux étrangers en proie à son obsession sécuritaire".

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