LE DIRECT

Se passer de lumière dans la nuit: "Sulina" de Julien Pébrel

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un phare qui n'éclaire plus, d'un kilomètre 0, d'un air toxique, de la signification religieuse de l'Ascension, de la reconfiguration de l'Otan, d'un album de rap de fin d'études.

C’est la brume d’un été qui tarde à apparaître. Il est bien là mais ne se montre pas. Reste sous un voile de brouillard. Tout comme ce phare, qui se remarque, et reste pour tous, un unique point de repère, même si depuis longtemps, ce n’est plus de lui que vient la lumière de la nuit. « L’orage de la nuit dernière qu’accompagnaient les bagarres des chats du quartier, a laissé un silence enveloppant », c’est l’extrait d’un texte d’Anaïs Coignac, qui accompagne les photos de Julien Pebrel. Celles de Sulina. Un nom en forme d’île. Des paysages entourés d’eau, et de brouillard. Un ciel chargé d’été, qui annonce à tout moment l’éclatement. Le grondement. LE désordre à venir. Les rues sont désertes. Ou plutôt désertées. Elles montrent encore la présence qui fut. Juste avant la prise. Comme une balançoire dont on est sûr qu’elle bouge encore un peu. Un feu qui colore le ciel au loin. Il y a ces corps de bord de mer. Qui se tiennent là pour eux même, sans aucune parade, écrasés par le soleil. La parole aussi écrasée par cette chaleur. Seule l’eau peut, à se moment, là sauver le mouvement. Danube kilomètre 0. Une balise marquée par un phare qui n’éclaire plus rien. C’est dans la ville roumaine de Sulina, porte orientale nous dit le photographe de l’Union européenne depuis 10 ans. Depuis que la Roumanie en fait partie. Un phare qui n’éclaire plus. Une lumière qui un jour a été. Qui peut-être un jour a sauvé. Et qui a disparu. Avec elle les bateaux, avec elle des terrains abandonnés. On peut voir un extrait de cette série, dans le dernier Myopzine, magazine de l’agence Myop publié cette semaine. "Mes Yeux objets patients". Un vers de Paul Eluard extrait de son recueil Donner à voir. Mes yeux objets patients qui forment l’acronyme, MYOP, de l’agence photographique. Particulièrement parlant ici. Puisque ce poème nous parle d’yeux à jamais ouverts sur l’étendue des mers. Une mer qui noie, les regards perdus. Qui emporte tout. Les cargos de nuits, et les souvenirs d’été. Pour nous mener vers la brume du matin, celle de l’hiver qui revient. Attendre, comme une ritournelle, l’éclaircie.

(Tapis musical : Alex Burey - "Unspoken")

Chroniques

6H05
19 min

Paso doble, le grand entretien de l'actualité culturelle

David Humbert : "Ce n’est pas l’agriculteur qui pollue mais l’agriculture intensive, incompatible avec la préservation de la qualité de nos ressources en eau"
6H25
3 min

Les Émois

"Toxique" de Samanta Schweblin ou l'écriture en état de choc
6H30
7 min

Journal de 6h30

Journal de 6h30 : Jeudi 25 mai 2017
6H40
6 min

Le Journal des idées

Jésus et ses disciples
6H45
9 min

Les Enjeux internationaux

Alliance atlantique. Quelle reconfiguration, à l’heure du sommet ?
6H57
2 min

L'Humeur du matin par Guillaume Erner

L'Humeur du matin par Guillaume Erner : Jeudi 25 mai 2017
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......