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Se réveiller au milieu de nulle part: "The Becket pictures" par Gregory Crewdson

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une forêt brumeuse, de corps en attente, d'un jour qui ne vient pas, de la jouissance en question, d'une distance à tenir, de diverses routes de la soie, de portraits de présidents de la république.

C’est une forêt, un désert, où l’abri est impossible. Il faut se fondre au paysage. Trouver soi-même une autre manière de l’habiter. La protection n’est pas de ce monde là. Alors il faut se frotter aux parois, sentir le froid, et voir jusqu’à quel point on peut rester là, se sentir entourée de ce vide, de cette obscurité là. Les vêtements ne couvrent pas. Ils prennent la pluie et le froid. C’est vraiment à eux, à nous d’en faire une nouvelle peau. Une nouvelle chaleur. Il faut cohabiter avec ces éléments là. Le crépuscule est partout. Ou c’est plutôt le jour qui ne se lève pas. On sort de cet état nocturne sans voir le soleil arriver. On l’attend en habit de nuit. On l’attend nu. Il y a au milieu d’une forêt sans chemin, aux grands arbres fins qui cachent le ciel, il y a une voiture dont la couleur se confondrait avec l’herbe mouillée du matin. Une femme à la peau blanche, presque transparente, spectrale, les cheveux blonds, les yeux que l’on devine clairs, bleu sans doute. Cette femme nue se tient assise bras ballants à l’arrière de cette petite camionnette sans conducteur. Seule au milieu de nulle part dans ce que l’on imagine être le froid d’une aube longue à s’installer. Son visage n’exprime rien de triste, aucune peur non plus. Rien n’apparaît que son visage et ce corps nu. Comme si tout cela était normal. Aucune violence dans cette mise en scène. Juste une attente qu’elle seule peut comprendre comme si nous avions raté le début du film. Une attente qui doit se jouer à l’extérieur et dans cette immobilité là. Celle d’une nature qui prend toute la place jusqu’à celle du ciel. Une sorte de Twin Peaks dans le Massachusetts. Avec sur les visages du calme. Personne n’a à se mettre à l’abri. C’est une petite folie normale, que de se tenir nue et seule à attendre rien ni personne au milieu de nulle part. La mise en scène d’un éveil, ou d’une torpeur à l’aube ou au crépuscule. Tout se croise. Tout se confond. Ce sont les photos d’une série de Gregory Crewdson que l’on peut voir en ce moment à la Frac Auvergne, à Clermont-Ferrand jusqu’au 17 septembre. Nous sommes au même endroit. Tout le monde est dans cette foret de pin là. Personne ne se voit, chacun occupe une place différente. Seule, au seuil d’une maison en bois, à côté de sa voiture à l’arrêt. Les corps se font attente. Quand ils ne sont pas raides de tension, ce sont les regards qui sont nécessairement alertes. Comme s’il ne fallait pas rater le moment du réveil, le moment où la foret cesserait de nous cacher.

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