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Se tenir droit face au vent / Un portrait de Lennart Nilsson

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un paysage agité, d'un marcheur tranquille, de la possibilité de résister au vent, d'un récit de la Belle Epoque, du métier de journaliste en Afrique, de l'avenir du Brexit au Royaume Uni, et de l'imprévisible en politique.

C’est un portrait. Une sorte d’image inconfortable. Paradoxale. Le sourire tranquille contraste avec le vent et les roches. Un corps qui tente de se poser dans un paysage parfaitement intranquille. Il n’y a que la mer et les rochers pour horizon. Le brouillard qui grise encore plus le noir et blanc de cette photo empêche d’envisager quoi que ce soit d’autre. Un brouillard qui nous emprisonne dans cette toute petite tempête. Inoffensive. Au premier plan de ce paysage agité et immobile à la fois, un homme aux cheveux blancs ébouriffés par le vent a posé sa canne à côté de lui. Il s’est assis sur les rochers, comme si cette pose ne devait être que très brève. Il s’est assis pour la photo. Jamais la promenade, jamais ses propres jambes fatiguées ne l’auraient mené ici. C’est ce que nous dit son corps, sa position, raide et inconfortable, conditionnée par la dureté des rochers. Il n’y a que son visage qui puisse appeler autre chose que le froid et la fatigue. Un visage lisse, tranquille. Les yeux plissés par le vent là aussi. Sourcils froncés. Un sourire. Une satisfaction de soi-même à en être arrivé là. Jusque là. Pouvoir s’asseoir. S’offrir le luxe de s’asseoir dans ce paysage et de s’y sentir bien. C’est un sourire et une satisfaction qui donnent une idée du chemin traversé. Le photographe suédois Lennart Nilsson disparu ce samedi, à l’âge de 95 ans, a été entre autres un grand portraitiste. Des célébrités de son pays et de son époque. L’actrice Ingrid Bergman, le Roi de Suède Gustave Adolf, le curateur Pontus Hulsen. Et, il y a dans son portfolio en ligne, cette photo d’homme face à la mer, l’une de celle qui ne porte aucune mention. Pas de nom, pas d’année, pas de lieu. On peut tout imaginer. Il est avant tout question d’un corps qui tente de trouver sa place dans le paysage. En appui sur sa main gauche, une position qui semble dire que la remise en route est imminente. Que le chemin n’est pas encore terminé. Un homme qui cherche encore sa place. Avec ce sourire convaincu, tranquille, qui nous dit qu’il va la trouver. Qu’il pourrait bien en fait, la trouver maintenant. La trouver partout.

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