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Portrait de Pier Paolo Pasolini à Rome par Ernest Pignon-Ernest /  Visuel tiré du livre "Dans la lumière déchirante de la mer" (Actes Sud)

Se torno/ Si je reviens: le réveil d'un fantôme par le collectif Sikozel

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question du fantôme de Pier Paolo Pasolini, de murs qui nous regardent, de poèmes en forme de rose, de l'histoire du coup de foudre, des histoires faites de mots, de liens faits d'histoires, de Dieu en politique.

Portrait de Pier Paolo Pasolini à Rome par Ernest Pignon-Ernest /  Visuel tiré du livre "Dans la lumière déchirante de la mer" (Actes Sud)
Portrait de Pier Paolo Pasolini à Rome par Ernest Pignon-Ernest / Visuel tiré du livre "Dans la lumière déchirante de la mer" (Actes Sud)

C’est un visage qui nous hante, se rappelle à nous. Un regard, dit un passant, à Rome, tellement profond, qu’il te suit partout. C’est un poète debout, les pieds bien ancrés au sol, jambes légèrement écartées mais pas trop. Il se porte lui-même dans ses bras, corps sans vie aux allures christiques, que des jeunes de la cité de Gommora prennent d’ailleurs dans un premier temps pour Jésus. "C’est un poète très important" leur répond Davide, le guide qui suit de près la naissance de cette ombre sur les murs de sa ville. "C’était un grand visionnaire. Une nuit ils l’ont emmené sur une plage et l’ont tué à coups de pierre", leur dit-il en leur tendant le recueil Poésie en forme de rose. Les ragazzi aux shorts trop larges et aux chaines argentées, s’arrêtent, lisent, se recueillent sur cette image, ce visage qu’ils ne connaissaient pas encore la veille. Qu’ils croyaient ne pas connaître. C’est un extrait du documentaire Se torno réalisé par le collectif Sikozel et que l’on peut voir projeté ce soir à la Maison de la poésie à Paris. L’histoire d’un retour. Se torno. Un spectre de papier qui se déroule et se répand sur les murs dans la nuit, de Naples à Rome, de Scampia à Ostia. Un visage massacré qui revient dans toute sa beauté, avec, dans les yeux, une pensée que personne- et le temps encore moins -n’a réussi à tuer. L’auteur de ce portrait aux deux visages et à taille humaine, Ernest Pignon Ernest, reprend dans le livre intitulé, Dans la lumière déchirante de la mer (Acte Sud),les derniers mots de Pier Paolo Pasolini, à la veille de sa mort, dans un entretien intitulé, "Nous sommes tous en danger". « Je paye un prix pour la vie que je mène. Je suis comme quelqu’un qui va descendre aux enfers. Mais quand je reviendrai, si je reviens, j’aurais vu d’autres choses, tant d’autres choses, plus loin que l’horizon ». L’artiste aux images éphémères et itinérantes ajoute alors : "Tandis que je laisse raisonner ces quelques mots, l’ai l’impression que nous sommes encore à la veille de sa mort et qu’il n’en finit pas de répéter que nous sommes en danger". C’est l’image, selon lui, d’un poète qui revient pour nous avertir. Que l’ignorance et la peur ont déjà tué. Se torno, si je reviens. La condition d’un retour qui ne vaut que par le regard que l’on veut bien lui porter. L’impression pour les passants qui s’arrêtent devant ce portrait au visage double, mort et vivant, que ses mots et ses images n’ont, en fait, jamais quitté le paysage.

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