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S'éveiller aux images de notre passé avec "Die Winter" de Stéphane Winter

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de photos de famille, de souvenirs d'enfance, de temps paradoxal, de rivière poétique, de farce historique, de perspectives économiques en Arabie Saoudite de "journée sans immigrés" et d'insultes de campagne

Ce sont des images que l’on a tous chez soi. Que l’on n’exposerait même pas chez soi, si nous les avions prises nous-mêmes. Ce sont celles d’une intimité heureuse. De moments, de visages que l’on veut garder pour soi, car on se dit que personne d’autres que nous ne saurait les regarder. C’est un mur blanc sur lequel les images trouvent toujours la même place. Des photos que l’on sort d’un albums, que l’on sort des cadres que l’on enlève des buffets, des vitrines, des polaroïds avec des dates, des lieux, des références liés à nous-mêmes, à ce que nous sommes ou avons étés, ces mots là avec cette écriture maladroite au stylo bleu. Ce sont les photos d’un couple. Monsieur et Madame Winter. Des week-end au ski, la vaisselles après le repas, des scènes ancrées dans aucun moment particulier. Il y a sur ces photos, parfois, la douceur de l’habitude, jamais l’angoisse, parfois l’ennui. Mais plus que d’un couple, il s’agit ici d’une famille. C’est le regard du photographe qui nous le dit. Qui grandit avec les photos qu’il prend de ses parents adoptifs. Un travail commencé dans l’adolescence, et que l’on peut voir exposé jusqu’au 5 mars au 104 à Paris dans le cadre de l’exposition collective Circulation(s). Les mots qui accompagnent ce travail, nous expliquent que Stéphane Winter est né en Corée du Sud, que ce couple que l’on voit sur les photos l’ont adopté quand il avait un an. On voit le jeune photographe, à l’allure juvénile, au sourire amusé, poser sur l’une des photos, aux côtés de ses deux parents, tous les trois déguisés. Son père à la moustache rieuse, aux grands yeux tendres qu’il prend plaisir à écarquiller, se déguise tout le temps, ne se prend jamais au sérieux, comme sur une photo où debout dans sa baignoire, affublé d’un bonnet de bain rouge et blanc, il prend la mine d’un champion olympique arrivé en haut du podium. Son épouse aux blouses de travail fleuris, et à la permanente monumentale tente de le suivre, dans ses tentatives de pose, au sourire timide. C’est un travail qui s’arrête à la mort du père en 2011. Des images qui interrogent le propre visage du photographe, son propre regard sur lui-même, en nous offrant celui de ses parents. Et de ce quotidien aux couleurs passées, à la nostalgie douce et qui nous prend sans prévenir à la gorge, celle paradoxale qui nous fait oublier un instant sur ce mur que le temps passe vraiment.

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