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A l'Américaine

S'offrir "un condensé de la vie future" avec les cheerleaders de Romain Baro

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de regards en biais, d'yeux maquillés, d'une action passionnée, d'un abandon de la société, d'effets d'annonce en politique, d'un concierge nommé Dieu.

A l'Américaine
A l'Américaine Crédits : Romain Baro ( www.romainbaro.com) - avec l'aimable autorisation de l'auteur

C’est un retour en fanfare, enfin si on veut. Un retour dansé, avec des sauts, des cris en chœur et un certain sens du spectacle. Un enthousiasme que l’on ressent profondément ou qui peut s’inventer, avec des touches de paillettes, des retouches de maquillages, des nœuds que l’on ajuste, des mouvements que l’on travaille, un sourire dont on ne peut jamais vraiment déterminer s’il est, ou non, de façade. On pourrait dire ces filles là qu’elles n’ont pas froid aux yeux. Et pourtant aucune d’elles ne s’aventure à fixer l’objectif. Regard frondeurs certes mais de biais et cachés par plusieurs couches de fard et de rimmel. Regard concentré sur un point fixe qu’elles seules peuvent voir, qu’elles seules doivent voir pour garder l’équilibre. Regard inexistant, pour l’une d’elle, Fatou dans sa chambre de jeune fille est assise sur son lit donnant le dos à l’objectif. Il y a ce tee shirt jaune canari et ce nom de Duchess, nom de son groupe de pom-pom girl, ou, préfèrent-elles, de cheerleaders. En dessous de ce nom, un slogan, en anglais, et qui nous dit « faites le avec passion, ou ne le faites pas ». Le photographe Romain Baro explique dans le magazine Vice, qu’il faisait en fait un reportage sur une équipe française de football américain, avant de remarquer ces bandes de filles principalement -les garçons s’y font rares- qui dansent et présentent leurs figures acrobatiques, avant les matches et pendant la mi-temps pour supporter les équipes. Fais-le avec passion ou pas du tout disent les Duchess, slogan que l’on pourrait généraliser à toute la discipline. Romain Baro explique en effet que du terrain de sport, "les adolescentes les plus américaines de l’hexagone" selon le titre de l’article, lui ont ouvert la porte de leur intimité. Celle de leur chambre aux multiples mascottes et médailles. Celle de leur rêve aussi, celui d’un "collectif passionné". Comme "un concentré dit-il, de leur vie future". Un rêve de collectif comme il en existe dans bien des discours, et qui se vit ici de manière nécessairement spectaculaire. Avec Passion, sinon rien. Et pour nous en ces premiers jours de janvier, il n’est peut-être pas besoin de slogans ni d’acrobaties ni même de paillettes pour se joindre, si l’on veut bien, à ce rêve, à ce vœu si commun, et si collectif, déjà, en lui-même.

JUKEBOX

City in progress, du groupe Broadcast sur l’album The noise made by people. Ville en progrès, à l’antithèse de la vision imposée par le maire de cette petite ville brésilienne de Guanambi, aux 85 000 habitants. Joao Magalhäes qui a décidé de remettre les clés de sa ville à Dieu. Une déclaration qui fait par ailleurs l’objet du premier décret municipal de son mandat. Décision qu’il a qualifié d’i"rrévocable" en avertissant également je le cite « les puissances qui gouvernent ce monde des ténèbres qu’elles en répondront devant Jesus ». Le Brésil a beau être le pays qui selon ce reportage de l’AFP, compte le plus de catholiques au monde, les habitants se sont insurgés contre ces propos, d’autant plus que ce maire, n’avait jamais fait de quelconques allusion à ses convictions religieuses pendant sa campagne, comme l'ont précisé les media locaux. Sur les réseaux sociaux par exemple, le journaliste brésilien Georges Marques fait ses adieux à la laïcité et souhaite la "bienvenue à l’état théocratique" que devient le Brésil. Surtout quand on sait que l’évêque Marcello Crivella a été élu maire de Rio le 30 octobre dernier. Le maire de Guanambi a fini par s’excuser de ses propos, mais le décret, lui jusqu’à nouvel ordre, est toujours inscrit au bulletin municipal.

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