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Moi, Corinne Dadat - de Mohammed El Khatib

Sortir de la nuit avec elle, Corinne Dadat

57 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de bonjours en lettres mortes, de crises inoffensives, du corps de Frida Khalo, d'alpinisme musical et photographique, d'illusion de la démocratie, d'une certaine idée de la fidélité.

Moi, Corinne Dadat - de Mohammed El Khatib
Moi, Corinne Dadat - de Mohammed El Khatib Crédits : Marion Poussier

C’est une femme qui se tient debout les deux pieds dans des chaussons en plastique, bien ancrés au sol. Un corps qu’elle décrit d’emblée comme lourd. Pourtant on ne le perçoit pas comme tel, on ne le perçoit pas tout court d’ailleurs, tant qu’elle reste comme ça debout, immobile, perdu dans une ample blouse à carreaux verts et blancs. Elle se tient debout et attend de pouvoir parler. Parler d’elle. De ce qu’elle fait là sur une scène. A ses pieds un énorme sac poubelle rempli, qu’elle tient à bout de bras. Derrière elle, un karcher et une rangée de produits détergents dans des bouteilles de couleur translucide. Son visage fort carré, et ses yeux noirs dissimulés derrière ses lunettes de vue rectangulaires laisse apparaître un sourire qui se moque, souvent avec bienveillance de ceux qu’elle regarde et qui la regardent. Avant que les artistes n’arrivent dans les salles de répétitions, elle nettoie et s’efforce de disparaître, elle ne dit plus de bonjour, tant de fois ignorés. Corinne Dadat est femme de ménage, elle n’a pas de perspective de reconversion, car elle méconnaît lit-on entre guillemets, sur le mur noir derrière elle, « l’outil informatique ». Corinne Dadat a un avis sur la crise économique, sur Mickey –qu’elle n’aime manifestement pas- et sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Contre il y a 7 ans, prête à changer d’avis aujourd’hui. Elle ne met jamais de gants, aussi bien au sens propre qu’au figuré d’ailleurs, l’éventail de ses horaires donne à croire aux personnes qui la croisent, qu’elle dort sur son lieu de travail. Elle rit de tout ça, comme de son nom Dadat. Corinne Dadat. Elle lance au public qu’avec un nom pareil et un travail qui consiste à nettoyer des toilettes, elle s’y connaît un peu, oui, en avant-garde artistique. Moi Corinne Dadat, c’est un poème en mots et en geste. L’histoire d’une femme et d’une rencontre, comme subie au départ, puis acceptée, intériorisée, avec le metteur en scène Mohamed El Khatib, et que l’on peut voir à partir, de ce soir, au CND de Tours. Un portrait en mouvement où le corps de Corinne se confronte à celui d’une danseuse, dont la crise dit-elle n’affecte pas le quotidien. Un passage sur une scène à faire un portrait, celui d’un corps et d’une parole, qui peuvent tous les deux changer, se mouvoir, au fil des années, et même au fil d’une heure. Une création qui se permet de ne jamais être fixée dans une écriture, mais de suivre la vie, les coups ou les cadeaux qu’elle peut donner. Et avancer à chaque fois avec ça.

JUKEBOX

We haven’t made any money, du groupe the Laish sur leur album Pendulum Swing paru chez le label bordelais Talitres. Des paroles désabusés sur une valeur du travail et une certaine idée de l’investissement personnel qui ne paye finalement pas, ce qui m’amène à vous parler de ce méter méconnu qu’est celui de collaborateur parlementaires. Un article signé Mathilde Goanec, publié sur le site Mediapart, nous apprend que les députés ne sont pas vraiment les meilleurs employeurs. A la fin de la semaine dernière, ces collaborateurs syndiqué force ouvrière, et leur employeurs députés ont signé un premier accord collectif qui instaure un forfait jour et la réinstauration d’une prime de précarité en cas de non réélection du député. Jusque là, nous apprend l’article, rien ne réglementait cette profession qui concerne un peu plus de 2018 personne à Paris et en circonscriptions. On y lit aussi les mots exaspérés de certains de ces collaborateurs selon lesquels les relations avec les députés ne sont que négociation et rapport de force. La question des écarts de salaires et le statut, du mode de licenciement reste encore épineux et doit faire l’objet de négociation ultérieure.

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