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Sortir de la nuit comme d'une route

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'inconnu(e)s nocturnes, d'uniformes, de femmes mystérieuses, de victimes non reconnues, et de la voiture comme dernier lieu politique

Il s’agit de se différencier. S’imposer une présence à soi-même, malgré un camouflage que l’on ne choisit pas. Se demander comment on peut se reconnaître dans l’uniforme. Dans le groupe où aucune tête ne devrait normalement dépasser, dans le costume que l’on n’a pas choisi. Ne pas s’oublier dedans. Similar lookings we refuse to compare. Des apparences identiques que nous refusons de comparer. C’est une série , dans un lycée d’Afrique du Sud, signé du photographe suisse Claudio Rosano, et dont l’un des portraits vient de se voir attribuer, le premier prix Taylor Wassing 2016 qui récompense les meilleurs portrait. Celui-ci montre un jeune garçon de 18 ans qui pourrait en avoir 4 ou 5 de moins tant ses traits sont juvéniles. Cheveux ras, peau noire, adolescente, au grain irrégulier. De grand yeux noirs mélancoliques, et une bouche qui donne au reste de son visage une moue boudeuse. Comme si la photo était vécue en punition. Une pose et une mine qui nous rappelle les heures ennuyeuses des journées de photos de classe. Comme chaque fille ou garçon du reste de la série, qui portent quasiment tous le même uniforme, Une veste vert sapin à écusson, vient couvrir une tenue à la chemise blanche et à la cravate rayée orange et verte. La prise de vue s’arrête à la taille mais l’on imagine les mains de ce jeune étudiant, qui se croisent devant lui. De cette série, le photographe dit « on sait que les enfants eux-même ont l’habitude de se rebeller contre l’uniforme. Surtout à cet âge fragile où ils veulent à la fois, s’intégrer et se démarquer. ». Comment se démarquer quand on doit porter le même costume que tout le monde ? En regardant toutes les photos de cette série, sur le site de Claudio Rosano, il faut s’attacher aux regards. Aux sourires ou à leur absence. Qu’est ce qui fait que c’est précisément cette photo, celle de ce jeune homme de 18 ans nommé Katlehong Matsenen, qui ait été distinguée ? Peut-être parce que cette mine à la fois fière et contrite exprimait le mieux cette contradiction adolescente entre cette volonté d’être comme tout le monde, et ce désir d’être unique. Et d’être, dans un cas comme dans l’autre, accepté, aimé pour cela. C’est donc le seul regard qui soit, dans cette série, à la fois triste et sûr de lui. Il regarde l’objectif, n’a pas l’air ni surpris, ni amusé. Il veut dire quelque chose. Avec ses yeux. Parce qu’il sait, que dans ce costume qui ne fait que l’intégrer à son monde, il sait que seul son regard peut le raconter.

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All we ask, du groupe américain Grizzly bear, sur leur album Veckatimest sorti en 2009. All we ask, "tout ce qu’on demande". Avec des premières paroles qui décrivent une vieille maison, dans laquelle on ne se sent pas la solitude. Il y a pile un an, les habitants du 48 rue de la République à Saint-Denis vivaient sans doute ce sentiment pour la dernière fois, avant que le 18 novembre, le Raid et le GIGN lancent l’assaut contre cette immeuble pour neutraliser des terroristes impliqués dans les attentats du 13 novembre 2015. Un an que les habitants du 48 rue de la république à Saint Denis ont perdu leur logements. Et attendent toujours, depuis , d’être reconnues comme victimes du terrorisme pour bénéficier d’un meilleur suivi psychologique entre autres ça c’est pour les mieux lotis d’entre eux. Certains toujours en hébergements d’urgence attendent tout simplement d’être relogés, dans des conditions décentes. Le site de Libération nous apprend pour le moment, les habitants de cet immeuble, sont reconnues comme des victimes d’une intervention policière en responsabilité sans faute de l’Etat ». Un rassemblement est prévu demain devant cet immeuble à 17h, en solidarité avec les habitants qui comptent faire un point public sur leur situation.

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