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Sortir de la nuit en élevant la voix/ Un rassemblement et sa voix commune

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un rassemblement, d'un chant collectif, de paroles d'après guerre, de politique de l'iréel, de succession en Equateur, de "millenials" dépressifs et de non-événements en Suède.

C’est une image que j’ai vue et perdue aussi vite. Elle n’a pas laissé de trace, il n’y avait pas la place. A jamais disparue et noyée dans celles, forcément bruyantes, forcément violentes, qui sont venues, ces derniers jours, définitivement remplacer. C’était il y a quelques jours. C’est déjà loin. C’était quelques minutes avant les flammes, la fumée noire dans le ciel, c’était avant la violence, celle vécue et celle relayée. C’est un regroupement de personnes venues d’un peu partout dans la région parisienne. Il y a des lycéens, des parents, des journalistes, des militants, des élus, des retraités, et bien d’autres personnes encore. Les corps se confondent dans ce costume météo, uniforme qui enveloppe, couvre des parties entière du visage. Il n’y a que par la voix dans ces moments-là que l’on peut montrer sa présence. C’est une chose vue un samedi 11 février 2017, à quelques pas d’un Palais de justice qui semblait pourtant loin et absent. Un semblant de place qui n’en laissait pas beaucoup au flot de personnes venues se rassembler pour la demander cette justice là. Un rassemblement qui n’existe que par sa voix, qui décide d’abandonner le slogan pour dire ce que réellement on ressent, ces temps-ci. Au delà des faits relayés toute la semaine, et de leur gravité, il y a un sentiment qui couve, dans bien des esprits. Celui d’être assigné à une place précise, d’être désigné comme coupable d’avance.. Qu’il y aurait dans certains territoires, des blessures, et des insultes, plus justifiés pour certaines personnes que pour d’autres. C’est alors que la pluie semble ne même plus tomber, que les visages se dégagent des écharpes nouées à double tour, et que sans que l’on sache vraiment d’où vient le point de départ, d’où vient la première note, le premier élan. Voici que tous ces gens, rassemblés au même endroit, se sont mis à chanter la Marseillaise. Tous ensemble. Le temps s’arrête. Certains visages se figent, un homme demande à sa copine s’il est en train de rêver. On est en droit de se demander. C’est un moment très court, qui jamais n’a été relayé, dont on trouve 11 secondes de vidéo perdues quelque part sur Internet. C’est pourtant un moment qui a existé, qui a parlé de lui même qui a refusé ce jour là bien plus que la violence, bien plus que l’injustice.

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