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Opéra en ruine (Beyrouth)

Suivre les murs pour avancer / Lettres à mon fils de Fouad El Khoury

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de guerre, de ruines verticales, de lieux disparus, de monstres enfantins, d'une jeunesse cinématographique, de l'histoire d'une résistance syrienne, de l'économie russe, d'une Wonder Woman déchue et de l'amour du foot (ou de ses défenseurs).

Opéra en ruine (Beyrouth)
Opéra en ruine (Beyrouth) Crédits : Fouad El Khoury / Signatures

Ce sont des images faites de mots. Faites d’une histoire. Pourquoi à un moment donné, le regard s’arrête sur ce visage ou ce paysage. Est-ce ainsi que l’on peut expliquer le métier de photographe ? Ce sont les mots d’un père à son fils, les mots et les images d’une carrière photographique. Se raconter à son enfant, raconter sa jeunesse, les espoirs et les dangers que l’on a traversés à coups d’images fixes, et que l’on peut regarder, garder longtemps. Se plonger, si l’on en a envie dans un passé qui nous concerne. Un passé qui fait qu’aujourd’hui nous sommes là. Ce sont les mots et les images d’un photographe marqué par la guerre. Et donc fasciné par les ruines. Ou peut-être est-ce l’inverse. Il y a en tous cas peu de visages dans cette série du photographe libanais Fouad El Khoury. Série regroupée dans un livre intitulé Lettres à mon fils et paru chez Actes Sud. Marqué par la guerre du Liban, fasciné par les ruines. A moins que ce ne soit l’inverse. Les "ruines verticales" dit-il. Des pans de murs qui tiennent seuls, comme ceux de la via Appia à Rome, ou ceux d’une banlieue mexicaine ou quelque part à Malte. "On suit le mur", écrit-il de ses souvenirs. Comme des ruines qui donnent un chemin dont on ne sait pas où il s’arrêtera. Mais il y a aussi d’autres ruines. Celle de guerres plus récentes, vues et vécues du photographe. Celle de l’opéra de Beyrouth, devenue une boutique de grande distribution. Sur la photo, les fauteuils sont quasiment tous là, même s’ils ont tous été renversés. On distingue aussi la scène, et ses grands pans de fenêtre dont on pourrait imaginer les vitres un peu plus brisées qu’elles ne le sont en réalité. Les allées sont jonchées de gravats. C’est une photo qui semble nous dire que les ruines habitent surtout l’intérieur du bâtiment. Que l’extérieur tient encore, que la façade pourrait peut-être encore faire illusion. "Ruines Verticales". "Il est assez rare dans la vie d’une personne, écrit Fouad El Khoury, qu’une ville disparaisse pour renaître sous une forme différente". C’est ainsi que le père apprend au fils comment il est passé de l’architecture à la photographie. Immortaliser la ruine plutôt que d’ériger des murs. Garder la mémoire de lieux qui ne sont plus, de villes détruites. Il s’agit ici de Beyrouth, mais ces mots résonnent aujourd’hui très fort, non loin de là. Et nous disent presque que bientôt, une autre ville ravagée renaîtra de ses ruines, dont la plupart restent elles aussi, verticale.

JUKEBOX

Modern Heroes, par la chanteuse et son groupe Fiodor Dream dog, sur leur album Best. Héros modernes, héroïnes un peu à côté de la plaque il faut bien le dire. L’ONU et sa déconnexion à toute épreuve, y compris dans le choix des symboles, comme nous le rapporte cet article du New York Times, où comment Wonder Woman est allée se faire rhabiller. L’héroïne Marvel avait en effet été choisie pour être l’ambassadrice de l’ONU auprès des femmes et des jeunes filles. C’est une campagne qui a commencé il y a deux mois et dont le message disait en substance que toutes les femmes et les filles du monde sont des wonder woman dès lors qu’elles défendent leurs droit, et l’égalité homme femme. Message ultra contesté par une pétition lancée sur la plateforme Care2 : "Une femme à forte poitrine, très légèrement vêtu d’un costume scintillant, au corps musclé et flanqué d’un drapeau américain, n’est pas lé représentante légitime de toutes les femmes et les jeunes filles du monde" peut-on lire sur cette plateforme. L’ONU a simplement répondu que cette figure de superhéroïne avait juste pour but de représenter le combat pour l’égalité homme-femme. L’argument n’a pas convaincu et ce vendredi, Wonder Woman sera officiellement déchue de son statut d’ambasadrice de l’ONU.

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