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Territoires impossibles, territoires oniriques: un visage de la Corée du Nord par Fabian Muir

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question de territoires interdits, de science-fiction totalitaire, d'alternatives en politiques, de lectures de résistance et de résistance à l'ennemi

C’est l’image d’un ailleurs que l’on ne voit pas, que l’on ne voit plus où que l’on s’empêche peut-être de voir. Une plage, une étendue de sable avec la mer et le ciel pour seuls horizons. Un homme que l’on voit de dos est assis en tailleur sur cette plage, le corps tendu, comme en alerte, le dos droit. La tête que l’on devine légèrement baissée. Un visage, un corps que l’on devine centré sur lui-même, qui semble ne pas recevoir le paysage autour. Ou qui semble juste s’en servir pour lui-même se servir du vide, du silence ambiant, et de l’absence pour en faire un paysage à soi, à l’intérieur. A côté de lui sur cette plage, un grand parasol aux couleurs vives, déployé, fait de l’ombre à un petit sac à dos noir posé juste en dessous. L’homme, lui est assis à côté de cette zone d’ombre, sur cette mince frontière entre l’ombre et la lumière. Il fait face au soleil. C’est une photo de Fabian Muir, une série prise en Corée du Nord. Le photographe qui voyage à travers le monde, à la recherche de l’impossible. Lui, qui selon le magazine Vice, a, il y a quelques années, sillonné l’Australie, à la recherche d’une femme en burqa, burqa interdite par le gouvernement australien. Ici il est question d’un territoire interdit que le photographe a voulu fixer sur sa pellicule. Une étrangeté que d’accoler cette appellation de territoire interdit à cette image statique, silencieuse et tranquille d’un homme assis en position de méditation, au soleil, sur une plage ; C’est la Corée du Nord, comme territoire interdit aux touristes, que le photographe a pu sillonner en négociant continuellement avec le régime, surveillé par deux guides. Cette photo précisément a été prise dans la ville de Wonsan, ville que Fabian Muir a connu dans le roman d’Adam Johnson, la vie volée de Jun Do, et qu’il a voulu aller voir. Il raconte qu’il s’agit d’une station balnéaire avec une vraie vie de plage. Un constat aussi simple que cette photo. Comme une pointe de déception face à tant de tranquillité, confronté aux fantasmes du pays interdit, de la ville romancée. Il s’agit de l’image d’un ailleurs que l’on rêve, que l’on voudrait peut-être n’avoir jamais vu en vrai pour en conserver un image idéale, haute en couleur, pure et préservé, image bulle qui vit en nous, et que l’on voudrait définitivement à soi, rien qu’à soi.

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Words are dead d’Agnès Obel, "les mots sont morts". Faux constat si l’on en croit l’ONG Amnesty International, et la Maison éclose, qui vient de lancer une campagne de soutien à l’écrivaine Turque Asli Erdogan. Opération intitulée « Lire pour qu’elle soit libre ». En effet hier, la justice turque a ordonné la remise en liberté de l’auteur, ainsi que celle prochainement Necmiye Alpay, âgée de 70 ans et arrêté elle aussi au mois d’août dernier. Finalement les autorités turques ont annoncées qu’elles resteraient toutes les deux en prison pour appartenance à une organisation terroriste. Je rappelle que Asli Erdogan avait été arrêtée dans le cadre de la purge organisée par le président turc à la suite du coup d’état manqué de l’été dernier. L’organisation artistique suisse la Maison éclose organise donc, tous les jours du mois de décembre, des lectures publiques des textes de l’auteur, issues du roman le bâtiment de pierre, lectures publiques et simultanées tous les jours à 18h, dans bon nombre de librairies suisses et quelques librairies françaises y participent aussi. Le bâtiment de pierre qui est le récit d’un emprisonnement, celui de l’auteure, aux côtés d’autres opposants politiques.

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