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Travailler le jour qui arrive : "Cartes postales de la Mer Noire" de Mathias Depardon

1h01
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un photographe en prison, d'une frontière qui réunit, de tricheurs qui préfèrent rater, du pouvoir de l'image, de la poétique du langage, d'enjeux politiques au Royaume-Uni, de paris sur un départ, et d'oxygène à vendre.

Ce sont des lieux et des moments que la mer tente d’avaler. Un rebord, il suffirait de sauter, de se jeter à l’eau. On reste sur la rive et on regard les autres faire devant nous avant nous. On apprend à se jouer des vagues, et puis peut-être qu’à un moment il va être pour nous temps de sauter. C’est une frontière qui ne sépare en fait pas tant que cela. Une mer qui concentre en elle tous les points cardinaux, tous les repères de ceux qui voudraient un instant les perdre. Une bande de jeunes garçons, escalade une sorte de plongeoir, recouvert de rouille. Au sommet, il y a une petite fille, habillée de rouge et de vert, ses cheveux blonds nattés. Tous jouent avec leur peur, avec leur vertige. Tous essaient de garder un équilibre même fragile. Pour à la fin le perdre. Ou alors le maîtriser même dans la chute. Comme ce jeune garçon blond qui saute, le corps droit comme celui d’un danseur. L’expression du visage est neutre, il n’y a ni peur, ni amusement à juste sauter dans l’eau. Le regard des autres, ceux qui attendent de faire pareil, tend le moment comme sur un fil. C’est le dernier stade avant la légèreté retrouvée, avant les rires. La satisfaction de l’avoir fait ce grand saut. De se retrouver dans la même eau. Entrer dans cette eau-là, demande toujours un peu de gravité. C’est ce qui apparaît sur les visages photographiés de Mathias Depardon. Ce photographe basé en Turquie et détenu depuis plusieurs jours par les autorités turques. Arrêté alors qu’il préparait un reportage à Hasankeyf dans le Sud-Est du pays. Mathias Depardon parcourt les frontières et y cherche leur fragilité, ce qui fait qu’elle réunit deux territoires, plus qu’elle ne les sépare. C’est tout l’objet de sa série consacré à la Mer Noire. Une mer qui rassemble des rives aux réalités si différentes. Et dans tout ça écrit Mathias Depardon dans sa note de présentation, une jeune génération qui y purge la mémoire soviétique d’une Russie en mutation. Il y a dans ces endroits stratégiques du monde, là où l’histoire continue de s’écrire, il y a la vie quotidienne garde toute sa place. Des jeunes garçons une jeune fille prêts à sauter, et de haut. Et puis sur une rive, au bord de cette mer, un bateau qui semble trop lourd pour les flots qui le portent, un bateau qui arrive ou qui part, on ne sait pas, d’une plage où les parasols sont plantés, les femmes et les hommes assis en maillots de bain et qui regardent avec calme ce bateau qui brouille le paysage.

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