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Un couple se reposant dans un terrain de foot à Santa Olga après l'incendie de la forêt (Chili)

Une fin du monde (et son recommencement) par Pablo Vera Lisperguer, Martin Benedetti et Mathilde Bellanger

58 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un paysage de fumée, d'une attente malgré tout, d'hommages à Tzvetan Todorov, à Predrag Matvejevitch, d'économie en Arctique, d'une série interdite et d'un film impossible.

Un couple se reposant dans un terrain de foot à Santa Olga après l'incendie de la forêt (Chili)
Un couple se reposant dans un terrain de foot à Santa Olga après l'incendie de la forêt (Chili) Crédits : Pablo Vera Lisperguer - AFP

Il s’agit de trouver l’image la plus juste. Celle qui doit coller à nos mots, au plus près. Leur donner une réalité plus encore qu’un sens. C’est une image de fin du monde. C’est une expression qui envahit le réel et qui se donne plusieurs visages. Ici la fin du monde c’est un paysage que des fumées grises annulent. Un brouillard omniprésent qui s’abat sur les quelques arbustes restés debout. Sur la pelouse encore verte malgré tout. C’est une image qui paraîtrait irrespirable s’il n’y avait pas ce couple au premier plan qui tente de faire comme si. Comme s’il était possible de vivre, d’attendre, de faire preuve de patience et d’un calme –apparent- dans un tel paysage de fumée. C’est comme un salon privé de structure, deux grands fauteuils rouges, un canapé de la même couleur, renversé au loin. Un écran de télévision posé à côté. Un réfrégirateur, une machine à laver et une enceinte. Curieux vestiges d’un quotidien qui appartient beaucoup trop vite soudain au passé. Ils sont là assis sur les fauteuils. Lui est avachi comme s’il voulait faire disparaître son corps dans l’épaisseur des coussins. Les jambes posées sur le fauteuil d’en face, avec elle et ce regard qui cherche désespérément quelque chose, quelqu’un autour. Regards vides au loin comme s’ils ne savaient plus dans quelle direction aller. Comme s’il ne savaient plus ce qu’ils attendaient. C’est une photo de Pablo Vera Lisperguer de l’AFP, à Santa Olga, au Chili. Ville que les flammes en quelques jours ont rayé de la carte. Ce sont les journalistes Martin Benedetti et Mathilde Bellanger qui raconte sur le site "Making Of" de l’AFP, comment en quelques jours quelques heure, la foret s’est transformé en terrain vague fumant. Plus rien. Un paysage de fin du monde écrivent-ils. Un décalage entre le paysage désolé, sans espoir, et cette sensation d’agacement d’inconfort absurde, presque enfantin, qu’on peut lire sur ces deux visages de solitude. Des vies soudains privées de tout, ces corps entourés de ces meubles lourds et sans utilité, au milieu du vide. Là où quelques jours après pourtant tout peut recommencer, tout va recommencer. Où la vie ne peut que reprendre son cours.

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