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Johanna Nizard dans "Une légère blessure" de Laurent Mauvigner, mis en scène par Othello Vilgard (Théâtre du Rond-Point)

"Une légère blessure" comme un rêve qui nous poursuit

1h
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'un monologue du vagin, d'un esprit torturé, de schtroumpfs bobos, d'un Tintin qui continue à faire rêver, de mères en mouvement, de mariage avec soi-même.

Johanna Nizard dans "Une légère blessure" de Laurent Mauvigner, mis en scène par Othello Vilgard (Théâtre du Rond-Point)
Johanna Nizard dans "Une légère blessure" de Laurent Mauvigner, mis en scène par Othello Vilgard (Théâtre du Rond-Point) Crédits : Giovanni Cittadini Cesi

C’est l’image d’une solitude. Une pièce dépouillée, dans un désordre contenu, une table, des sièges en PVC noir. Un chariot avec la vaisselle d’un dîner qui va avoir lieu. La vaisselle qui va falloir disposer sur la table. Au fond de la pièce une penderie aux robes vertes rouges, et des escarpins bien rangés tout en bas. Elle se change plusieurs fois. Se balade dans la pièce en sous vêtement, parfois un verre de vin à la main. Elle s’apprête à recevoir sa famille pour le dîner, et parle à une cuisinière que l’on ne voit pas. Elle le lui parle d’autant plus librement qu’elles ne comprennent pas la même langue, n’ont pas la même vie, pas la même histoire, ni la même image d’elles même. La femme qui change deux fois de robes, puis finit par enfiler un jean trop grand et un ample tee-shirt, énumère ses échecs amoureux. Pourquoi ça ne marche pas. On croit lire un magazine pour adolescentes. Elle en a d’ailleurs les manières. Elle cherche chez cette femme que l’on ne voit pas, la connivence, le conseil, l’écoute amicale. Et sans jamais l’obtenir elle continue son récit parsemée d’échecs, de considérations désabusés, d’oublis, s’apercevant de temps en temps comme si elle prenait conscience d’elle-même, que sa partenaire invisible ne comprend de toute façon ni sa langue française, ni sa vie de bourgeoise qui s’avance doucement dans le tunnel de sa trentaine. Le visage lisse et intense de Johanna Nizard dont la voix si profonde et grave vient brouiller les pistes de son âge. C’est cette voix que l’auteur Laurent Mauvignier a d’abord eu en tête. Avant les mots, avant ce moment d’attente, avant le dîner de famille. Avant ce titre de légère blessure. C’est un monologue que l’on peut voir jouer jusqu’au 27 novembre au théâtre du Rond Point à Paris. Un texte où la parole naît d’une voix, où les mots s’amusent l’air de rien à déterrer, à ouvrir la blessure. Comme un trésor, dont on se méfie. Si on l’a si bien caché, c’était peut-être pour ne jamais la retrouver. Et pourtant elle surgit. Une blessure venue là aussi de l’adolescence. Une blessure qui s’ouvre parfois comme maintenant. Mais qu’elle peut maintenir fermer et faire comme si de rien n’était, le temps d’un dîner de famille. Comme ces rêves trop rares qui parfois prennent le dessus, nous prennent par la main, et contre lesquels nous nous battons vainement en cherchant très fort à ouvrir les yeux.

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"Enfant de la lune", histoire de solitude dans un monde quelque peu onirique, où il est question de jouer à cache cache avec des fantômes. Ce qui m’amène à vous parler de ces mères Noires, mères d’enfants victimes de meurtres racistes aux Etats-Unis et qui selon le journal britannique _the Guardian_, son en train de transformer leur deuil en mouvement. « Nous savons ce que c’est d’enterrer un enfant » lancent-elle en exergue de cet article. Ces mères qui font le tour du pays ensemble pour parler de leurs enfants, et faire de la prévention contre le racisme. qui avaient appelé à voter Hillary Clinton pendant la campagne américaine et qui maintenant font part de leurs craintes face à ce que pourraient devenir les Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump. L’une d’elles, Geneva Reed Veal, raconte notamment comment au lendemain de l’élection, elle est allée dans la prison où sa fille est morte voir tous les endroits qu’elle avait touché où elle a vécu. Et qu’elle a adressé son pardon, au sheriff responsable de cette prison, et qui l’a sans doute vue mourir. "Quand vous perdez un enfant dit-elle et que vous entendez ce que le monde peut dire de lui, comment le monde peut le diaboliser, le responsabiliser dans sa propre mort, vous devez prendre la parole, changer le discours. "

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