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Chambre de Sofia, 9 mètres carrés à 400 € par mois

Voir le soleil et le monde se lever à sa fenêtre

59 min
À retrouver dans l'émission

Où il sera question d'une vie dans 9 mètres carrés (ou moins) de contes tziganes ou arabes, d'un nouveau dans la ville, de politique vue par les historiens, de l'empathie comme valeur marchande, de la simplicité de PI.

Chambre de Sofia, 9 mètres carrés à 400 € par mois
Chambre de Sofia, 9 mètres carrés à 400 € par mois Crédits : Alice Beuvelet pour "Soixante-Quinze" (avec l'aimable autorisation de l'auteure)

Ce sont des images qui tentent d’agrandir le champ du réel. Une pièce à vivre, une pièce en fait à tout faire. Une pièce dit l’un de ses habitantes, « où l’on peut ranger assis ». La fenêtre fait toujours partie du champ. Parce qu’il n’y a pas de multiples choix de prises de vue. Et aussi parce que c’est l’ouverture qui sauve la vie, l’imagination. Qui sauve les occupants de cet espace d’eux même. Une fenêtre donc cerclée de rideaux verts translucides. Une fenêtre coincée au fond d’un amoncellement de meubles. Des tiroirs en bois, un évier en faïence, au-dessus duquel s’entasses de la vaisselle, et des produits d’hygiène. La photographe Alice Beuvelet est allé à la rencontre de ces habitants de chambre de bonne à Paris pour le magazine 75. L’occupante de cette pièce avec vue, c’est Sofia, elle a 57 ans, et elle rêve toujours d’un appartement à sa taille. Ici son lieu à elle mesure 7 mètres carrés qu’elle paye 400 euros par mois, non loin de l’endroit où je vous parle. C’est un lieu qu’elle dit de « refuge » après une vie de bourlingue. Un lieu dans lequel le mouvement est restreint. Qui appelle l’arrêt sur place. Le repos du corps. Sofia sur une autre photo pose allongée sur son lit. Le seul installé dans un coin, à côté de la porte d’entrée, face à la fenêtre. Loin d’être le paradis mais on moins on me laisse tranquille ici. Dit-elle. Un lieu qui fait déjà en soi office de portrait. Avec ses objets, leur disposition, qui disent beaucoup de ce que ces occupants ont accumulé au fil d’une vie, qui disent aussi beaucoup de leur désir de liberté ou d’invisibilité , d’indépendance, ou d’évasion, vers un ailleurs. Avoir une chambre à soi, les photos d’Alice Beuvelet rappellent celle que Félix Macherez a prises pour le magazine Vice et qui cherchait à établir une typologie impossible des habitants de ces chambres là. Jeunes étudiants, vieux propriétaires, travailleurs précaires. L’un d’eux, Ghislain, étudiant a d’abord refusé de figuré sur la photo de son studio de 10 mètres carrés avant de se laisser convaincre. Le photographe se dit que sa série n’aurait pas « fonctionné » sans les habitants, sans personne pour identifier l’endroit. "Sans lui dit-il encore, sa chambre aurait été aussi touchante qu’une photo de motel un peu miteux". Ce qui est faux. Les objets et la manière dont ils sont rangés,ou non, entassés, avec quels ouvertures autour disent racontent des bouts d’histoire. Mais il y a quelque chose oui qui se passe avec les corps et les regards confinés entre ces quatre murs resserrés. Le désir d’en sortir plus tard, quand on sera prêt et que l’on aura les moyens de ne plus simplement regarder le reste du monde qu’à travers sa fenêtre.

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Le chemin, La femme sur leur dernière album, Mystère, sorti à la rentrée dernière. Où il est question de regarder autour de soi, et chercher le regard de l’autre et pourquoi pas sa main tendu quand on se sent perdu. Echo à cette tribune d’Amanda Hees publié dans le NewYork Times Magazine. Intitlulée "est-ce la nation a vraiment besoin d’empathie?". Amanda Hess dénonce la marchandisation de l'empathie. Elle part notamment des mots du patron de Facebook mark Zuckerberg qui au lendemain de l’élection de Donald Trump a dit qu’il y avait manifestement au sein de la société un profond manque d’empathie. Notamment chez les gens qui attribuent le vote Trump au seul partage de faux articles et de fausses informations sur Facebook. La journaliste observe que ce mot est souvent désigné comme la solution à tous les maux de la société, et qu’il en est devenu galvaudé. « L’empathie dit-elle ce n’est pas de la compassion. cela suggère quelque chose de plus technique, un approche plus froide des émotions des autres. Et ces jours ci l’empathie est devenu une manière de comprendre la douleur des autres, pour en faire une opinion politique ou transformer notre attitude d'internaute et de consommateur. ». Voilà qui a de quoi nourrir encore la réflexion entamée hier par Xavier de la Porte dans sa chronique d'hier que je vous invite chers auditeur à réécouter sur notre site.

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