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Voir "où les enfants dorment"

1h
À retrouver dans l'émission

Il sera question de peurs enfantines, de traumatisme de guerre, d'effrayants oreillers, d'Henri Michaux en bluesman, du réveil des catholiques, de ruptures à l'ère de Donald Trump et de l'amour des grottes.

Ce sont des yeux qui refusent de se fermer. Ou qui finissent tout de même par s’abandonner d’épuisement. Des yeux d’enfant, aux lueurs clairs, aux longs cils, et aux cernes qui prennent une place démesurée sur des visages aussi petits. Ce sont des enfants allongés, sur des lits qui ne sont pas les leurs, dans des espaces qui ne leur appartiennent pas. Qui trouvent parfois le sommeil à même le sol, épuisés d’avoir tant traversé. C’est une série du photographe suédois, Magnus Wennman, intitulée « où les enfants dorment ». On y voit dans leur lit, sur des planches cartonnées, sur un tas de couvertures, des enfants qui ont le point commun d’avoir fui la guerre. Et pour la plupart, la Syrie. Des enfants aux yeux clairs grands ouverts parce que le sommeil est souvent impossible et qui évoquent du haut de leur 2 ans, de leur 5 ans, ou 8 ans à quoi ressemblait leur lit, avant, la chambre qu’ils avaient parfois pour eux tout seul, eux qui parlent maintenant surtout de leur nuit interminables et des peurs parfois irrationnelles, celle qui rappellent que malgré la guerre, nous avons toujours affaire à des enfants. Celle du noir, celle de tout ce qui la nuit, prend un visage étrange. Dans cette série, Thaham et Waala 5 ans vivent toutes les deux, dans un camps, l’une en Jordanie l’autre au Liban, et se sont mises à avoir peur de leur oreiller. Le visage de Taala arrive a irradier dans l’obscurité, de sa blondeur et de ses grands yeux verts bien ouverts, rougie de larmes. Taala, raconte Magnus Wennman, ne pleurait jamais la nuit chez elle à Alep. Maintenant, c’est tout le temps, toutes les nuits. Taala associe son oreiller à la nuit qu’elle déteste désormais. Sa mère, le jour durant lui construit des cabanes d’oreillers pour la soigner de sa peur. Et puis il y a le corps tordu, comme disloqué d’Ahmad, 7 ans qui dort à même le sol la tête contre un sac à dos. Comme s’il s’était effondré sur place. Le corps et les vêtements poussiéreux d’un trop long voyage. En 16 jours, sa famille a trouvé refuge dans des abribus, dans des forêts et sur des routes, comme sur cette photo, route qui se situe sur la frontière sud de la Hongrie. Même le sommeil n’est plus une free zone explique le photographe. C’est quand le corps se relâche, que les yeux se ferment que le danger semble se rapprocher, que les images resurgissent. Des images qui transparaissent sur ses oreillers, ses sacs, ces couvertures, ces lits d’hôpital aussi. Des images dont on voudrait pourtant qu’elles s’arrêtent au seuil de la nuit, mais qui, trop fortes du noir qu’elles produisent n’écoutent plus personne.

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Dispute de couple, menaces de rupture sur laquelle on revient. C’est l’objet de Why me « pourquoi moi » de Kinny and Horne. Et c’est aussi, comme l’a noté hier l’agence France Presse, une tendance observé sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter, depuis l’élection de Donald Trump. Des amoureux éconduits qui s’adressent directement au nouveau président élu des Etats-Unis pour faire expulser leurs ex. Donald Trump a estimé qu’il reconduirait à la frontière plus de deux millions d’immigrés ayant un casier judiciaire. Et bien on peut lire sur Twitter, des messages comme « j’espère que Donald Trump ne va pas expulser mon ex-dominicain en situation irrégulière," tout en donnant l’adresse et la localisation exacte de l’appartement. Climat particulier comme on peut le constater par cet exemple de délation répandu sur la toile. L’AFP précise que depuis l’élection de Donald Trump le 8 novembre dernier, l’organisation Southern Poverty law center a dénombré 900 incidents racistes ou xénophobe aux Etats-Unis.

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