LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière

A la Pitié Salpêtrière : les métiers de l’ombre

28 min
À retrouver dans l'émission

En pleine épidémie de Covid, dans le plus grand hôpital d'Europe, 3 employés de l'ombre mettent toute leur énergie pour que les services de la Pitié- Salpêtrière puissent faire face à la crise. Filipe est responsable technique, Boye est aide-soignante et Fabrice est perfusionniste.

L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière Crédits : WOSTOK PRESS - Maxppp

Le complexe de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière s'étend sur 33 hectares, 95 bâtiments et voit s'activer 9000 travailleurs, notamment dans les 17km de galeries qui se déploient sous l’hôpital. Cette géographie particulière forme une sorte de ville médicale.

- A la Pitié, Philippe est responsable des services techniques, il assure la maintenance. Son travail est de faire fonctionner l’hôpital en permanence. Depuis son logement de fonction, où il passe sa semaine, il est joignable 24 heures sur 24.

Tous les jours, je me demande ce qui va encore arriver de nouveau. Je suis là depuis 2010 et je n’ai pas de routine.

A la tête d’un service de 127 personnes, ses équipes ont été touchées à 24% par le coronavirus lors de la première vague. Ils ont dû apprendre à s’adapter petit à petit.

- Aide soignante depuis maintenant 17 ans, Boye travaille depuis 8 ans au service réanimation de la Salpêtrière avec les infirmiers. Elle prodigue aux patients les soins d’hygiène, de confort, et, quand ils ne sont plus intubés, leur amène leurs premiers repas. Le coronavirus a modifié le contact humain qui participe à son amour pour son métier.

Devoir s’habiller en cosmonaute, mettre des lunettes, des masques, ça a été très dur.

Aujourd’hui, elle et ses collègues se sont adaptés au coronavirus et se disent prêt à lui faire face de nouveau. Elle ne gagne que 1700 euros net par mois malgré 17 ans d’ancienneté et, comme toutes celles et ceux qu'elle appelle "les petites mains de l'hôpital", demande à être entendue par le gouvernement.

- Fabrice pratique le métier assez rare de perfusionniste. Il a 40 ans et exerce cette profession depuis 2014. Auparavant, il était aide comptable. Particulièrement au moment du coronavirus, perfusionniste est un métier très lourd en terme de charge de travail d'autant que cette crise a provoqué la saturation des hôpitaux et que les structures étaient très limitées en terme de machines.

On travaillait beaucoup, on dormait peu pour pouvoir palier au manque de personnel. Je me suis volontairement mis la tête dans le guidon pour ne pas me poser trop de questions.

Pendant le confinement, Fabrice et ses homologues ont fait face à un pic de pose d’assistances respiratoire. Aujourd'hui, à l'aube de la deuxième vague, la première a laissé des traces. Il évoque certains de ses collègues qui démissionnent ou changent de service. Une profession qui, si elle est une passion, présente donc néanmoins des difficultés, d'autant que, malgré la charge mentale quotidienne et les responsabilités, la valorisation salariale n'est pas au rendez-vous. 

On sait la fatigue et la charge mentale qui nous attendent avec cette deuxième vague. 

Voir les patients mourir, on ne s’y fait pas, on s’adapte, on développe un système de défense.

Reportage : Stéphanie Thomas 

Réalisation : Clémence Gross

Merci à Anne-Clémence Jehanno, Olivier Taïeb et Isabelle Wekstein.

Chanson de fin: "Pa' llegar a tu lado" de Lhasa de Sela, Album : The living road, 2003

Pour en savoir plus : 

- La biographie et bibliographie de Svetlana Alexievitch.

-  Le film documentaire "Quand l'hôpital retient son souffle" en replay. 

- L'article du monde à propos de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière face au covid-19. 

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......