LE DIRECT
Une femme pleurant sur l'épaule de son mari à l'intérieur de leur maison en travaux.

Attention travaux !

27 min
À retrouver dans l'émission

Un ouvrier qui se venge. Un appartement noyé par la pluie. Un maître d’oeuvre incompétent et un expert crapuleux. Trois histoires de travaux qui tournent mal et laissent des cicatrices…

Une femme pleurant sur l'épaule de son mari à l'intérieur de leur maison en travaux.
Une femme pleurant sur l'épaule de son mari à l'intérieur de leur maison en travaux. Crédits : Steven Errico - Getty

Noémie est l’heureuse propriétaire d’une maison, une vieille bâtisse qui nécessite des travaux. Avec son mari, ils se lancent et ils embauchent un entrepreneur pour rénover leur nouveau foyer. C’est là que les ennuis commencent, entre les carreaux mal posés et les fenêtres qui ont été posées à l’envers, elle s’est demandé si d’autres personnes traversaient l’enfer des malfaçons

C'est ainsi qu'elle rencontre Nicolas. Il a 38 ans et est devenu propriétaire d’une ancienne boutique au rez-de-chaussée d’un immeuble parisien. L’agent immobilier lui conseille un entrepreneur, peu cher et efficace pour effectuer des travaux de rénovation. Après des mois de travail, la maçonnerie est terminée mais la situation bascule en quelques minutes. 

Ça commence à crier très fort, on ne comprend pas tout, mais apparemment le mec se fait virer. Le maçon prend la masse, je commence à avoir peur, et là, devant nous, il commence à détruire les cloisons qui venaient d'être construites

L'ouvrier me dit :  J'ai une famille, je viens du Venezuela, j'ai travaillé dur et je ne travaille pas pour mon plaisir. Je dois envoyer des sous à ma famille et il ne veut pas me payer pour toutes les heures que j'ai faites.

Ça s’est fini en fuite de chantier, l’entrepreneur est parti et on a dû faire finir les travaux par quelqu’un d’autre 

Malika, assistante maternelle de 63 ans, habitait au dernier étage d’un HLM situé au 6 rue de l’Industrie, à Vincennes. La mairie a cédé l’immeuble au groupe "Immobilière 3F" qui projette de faire des travaux de surélévation, sans prendre la peine de reloger les locataires. Le projet consiste à ajouter deux étages à l’immeuble, juste au-dessus de l’appartement de Malika. Les travaux commencent mais l’immeuble, ancien et mal isolé, se dégrade très rapidement. Dès le premier orage, l’eau s’infiltre par le toit. Des fissures apparaissent et toutes les affaires de la famille sont mouillées, abîmées, les locataires vivent dans des conditions déplorables, entre le bruit, la poussière et les dégâts des eaux. Depuis, Malika est partie, laissant derrière elle ces travaux interminables mais elle n’oublie pas la souffrance, le mal être, les amies et les voisines qui sont toujours là-bas. 

C’est déprimant quand vous arrivez chez vous et que vous ne savez pas si c’est votre foyer, ou si c’est une ruine.

Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que d’avoir un plafond où l’eau coule, comme de la pluie, vous êtes dehors, vous n’êtes pas chez vous.

A la fin j’étais persuadée que ça allait nous tomber sur la tête, il y avait vraiment trop de fissures. On aurait dit qu’il y avait eu un attentat dans cet immeuble, pas un chantier.

En 2017, Gill et Fabrice attendent un bébé, c’est à ce moment-là qu’ils décident de faire construire la maison de leurs rêves. Au fil des mois, le rêve laisse place à la désillusion. Les travaux prennent du retard, les excuses du maître d'oeuvre s’accumulent et les soupçons de malfaçons se confirment. 

Quand il a monté les murs, les ferrailles, qui sont censées être soudées entre elles pour que la maison reste solide et bien droite, ne se touchaient pas du tout. La maison était très large et il n’y avait pas de mur porteur au milieu, ni de poteau. Donc, si la charpente avait été posée, la maison se serait écroulée. 

Notre maître d’œuvre a avoué qu’il ne savait pas construire une maison, qu’il était simplement maçon, il nous devait 55 000€. L’expert en bâtiment nous dit qu’on allait la faire ensemble cette maison, que tout irait bien. 

Le soit-disant "expert" nous a fait une offre et nous a poussés à signer deux jours après, il disait qu'il pouvait commencer les travaux le lundi si on se dépêchait. Il nous a fait signer son fameux contrat et trois chèques d’acompte. Le lundi il n’y avait personne sur le chantier.

  • Reportage : Noémie Landreau 
  • Réalisation : Yaël Mandelbaum

Chanson de fin : Built for comfort de Taj Mahal. 

Merci à madame Wolf, madame Galfo et à tous les habitants du 6 rue de l’Industrie à Vincennes où les travaux sont loin d’être terminés...

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......