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"On a minimisé mon intuition, mon sentiment, et des faits concrets. On ne m’a pas crue." - Rokhaya Diop

Au secours

32 min
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Deux femmes ont un jour dû appeler les urgences, l'une pour son compagnon, l'autre pour son bébé de un mois. Deux histoires de mépris social sur fond de mauvais jugement médical, qui, dans l'un des cas, a eu des conséquences fatales.

"On a minimisé mon intuition, mon sentiment, et des faits concrets. On ne m’a pas crue." - Rokhaya Diop
"On a minimisé mon intuition, mon sentiment, et des faits concrets. On ne m’a pas crue." - Rokhaya Diop Crédits : PASCAL PAVANI - AFP

Au téléphone la médecin l’entend hurler, pleurer, mais c’est pas grave, elle insiste pour qu’il décrive là où il a mal. Elle nous a fait passer pour des illettrés, et je me suis sentie totalement démunie.

L’histoire a fait le tour des réseaux sociaux, des médias, puis des commissariats et des cabinets ministériels. Nous sommes le 29 décembre 2017, à Strasbourg, il est 11h. Naomi Musenga, 22 ans, mère d’une petite fille d’un an et demi, appelle le Samu. Elle souffre de fortes douleurs au ventre, et tente de l’expliquer à une ARM, une assistante de régulation médicale, qui ne la prend pas au sérieux.

Quand elle dit qu’elle va mourir, l’assistante de régulation se contente de répondre : "Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde". Avant de raccrocher, elle lui conseille de joindre son médecin traitant ou les services de SOS médecins. Après l’échange, Naomi tente à trois reprises de contacter SOS médecins puis renonce. Elle appelle une proche, qui la retrouve dans une mare de sang et contacte les secours. Naomi Musenga est finalement prise en charge par le SAMU, transportée à l’hôpital de Strasbourg. Elle fait deux arrêts cardiaques et meurt à 17h30, six heures et demie après son premier appel.

L’histoire fait scandale le 27 avril, lorsqu’elle est révélée par le journal local Heb’di qui diffuse l’enregistrement de la conversation. Une enquête préliminaire est ouverte, et l’opératrice a été suspendue. 

L'histoire de Naomi en a fait ressurgir d’autres, des maltraitances téléphoniques aux conséquences dramatiques ... 

Chanson de fin : "Shake That Devil" par Anthony and the Johnsons - Album : Another World (2008) - Label : Rough Trade.

  • Reportage : Emilie Chaudet
  • Réalisation : Guillaume Baldy

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