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"Auch c'était un feu rouge, deux cinés pornos et deux cafés ouverts jusqu'à 19 heures."

Le bonheur est dans le Gers

27 min
À retrouver dans l'émission

Dominique, Clo et Abbas sont arrivés par hasard à Auch, les uns dans les années soixante-dix et d’autres plus récemment. Depuis, ils ne sont plus jamais repartis.

"Auch c'était un feu rouge, deux cinés pornos et deux cafés ouverts jusqu'à 19 heures."
"Auch c'était un feu rouge, deux cinés pornos et deux cafés ouverts jusqu'à 19 heures." Crédits : Sébastien Lapeyrere - Maxppp

Parfois, c’est bien que les choses soient compliquées.

Dominique habite à cinq kilomètres du centre-ville de Auch, dans un endroit qu’il décrit comme très tranquille. Il arrive avec sa femme qui, institutrice, est nommée dans la ville à la fin des années 1960.

Quand mon ex-femme m’a annoncé que nous partions à Auch, je croyais que c’était en Allemagne.

A l’époque, il s’y installe avec l’intention d’échapper à son milieu social d’origine. Quittant Paris, il prend les premiers travaux qu’il trouve, en l’occurrence ouvrier dans le bâtiment et, peu après Mai 68, fréquente la communauté de jeunes venus dans la ville réaliser leurs idéaux.

Des hippies tenaient un restaurant dans le centre-ville, c’était comme à San Francisco.

Il regrette tout de même Paris plusieurs fois par jour, et s’en veut parfois terriblement d’être resté dans cette ville assez isolée du Gers.

Remonter à Paris, pour moi, c’est beau, encore plus que la campagne. La gare du Nord, je trouve cela magnifique.

Nous rencontrons Abbas au café associatif "L’abri des possibles". Kabyle, enfant de la campagne et baigné dans la culture traditionnelle, il se dit fidèle aux valeurs transmises dans sa famille.

C’est une colonne vertébrale, un socle de valeurs solides, mais pas une identité fermée.

Arrivé à Auch en 2010 après avoir quitté l’Algérie en 2003, il apprécie beaucoup la ville. 

Il y a plein d’expositions, de manifestations culturelles. Je passe mon temps dans ces endroits.

Mais malgré ses quinze ans de résidence en France, l’administration compte actuellement l’expulser du pays.

Quand on m’a envoyé cette obligation de quitter le territoire, tout le milieu associatif auquel je participe a été sidéré. 

Clo Lestrade est arrivée à Auch comme professeur dans les mêmes années que Dominique. La ville est alors connue pour accueillir beaucoup de militaires, et Clo s'y ennuie.

Je m’installais dans les hauteurs, à côté d’un bassin. Je regardais les poissons en disant : "Les amis, on est dans un bien mauvais bain".

En plus de cela, Clo découvre que son métier ne lui plaît pas du tout. Elle démissionne donc de l’Éducation nationale et s’embarque dans des activités artistiques. 

Je sillonnais le Gers à vélo pour m’imprégner de son paysage et être sûre que je faisais le bon choix.

Elle est désormais clown à l’Ecole pour rire, créée en 1998 dans la ville.

J’ai découvert que j’étais un couillon, comme on dit ici : très frontal au monde, mais plutôt muet. 

  • Reportage : Leila Djitli
  • Réalisation : Cécile Laffon

Merci à Clo Lestrade, Abbas Ouali et Dominique Arnold.

Chanson de fin : "Sweet Death" par Bert Jansch - Album : Edge of a Dream" (2017) - Label : "Earth Recordings".

Playlist à emporter

En cliquant sur "Ajouter à..." vous pourrez récupérer tout ou partie de la playlist de cette émission sur Spotify, Deezer ou Youtube.

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