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Des étudiants en week-end d'intégration.

Bizuts : le parcours du débutant

27 min
À retrouver dans l'émission

Théotime et Yohann racontent le bizutage qu'ils ont subi ou organisé à leur arrivée dans le supérieur.

Des étudiants en week-end d'intégration.
Des étudiants en week-end d'intégration. Crédits : Jean-Philippe Ksiazek - AFP

En 1998, Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire, fit voter une loi interdisant formellement le bizutage lorsqu'il implique des actes humiliants ou dégradants. En 2016, elle fut complétée par l'interdiction d'amener à une consommation excessive d'alcool. Dans les faits, pourtant, même si les mentalités ont évolué, ces lois sont peu appliquées. Selon les chiffres obtenus par Le Monde auprès du Ministère de la Justice, en 2016, seulement trente-quatre condamnations définitives pour délit de bizutage ont été prononcées. 

Dix-huit ans, le bac en poche, Théotime fait ses premiers pas dans la prestigieuse université Paris-Dauphine et découvre la multitude d'associations disponibles, notamment la JAPAD (Jeune Association pour la Promotion des Activités Dauphinoises), la plus ancienne de l'école. Pour y adhérer, il faut réussir l'entretien de sélection. Théotime a tenté, il raconte sa violente expérience. 

Je sens une grande griffure en diagonale dans mon dos, ça me fait mal. Puis on me verse du liquide dans mon dos, ça me brûle. 

Sonné et complètement ivre, Théotime rentre chez lui et s’effondre dans son lit. Sa mère découvre son dos mutilé et le pousse à réagir. Il porte plainte, alors que la rumeur se répand dans l’université.

J’ai dû vivre avec cette marque dans le dos, leur signature. La valeur que j’avais à ce moment-là, c’était moins que rien !

Etudiant, Yohan était membre du comité de bizutage de l'Institut Supérieur d’Éducation Physique et de Kinésithérapie, à Liège en Belgique. 

Moi, j’étais assistant, donc j’organisais la "bleusaille". On faisait des tournées dans les bars et je notais les gens sur leur capacité d’encaissement.

Il raconte l’émulation suscitée par ce processus reproduit d'année en année par tradition, qu'il a lui-même subi.

C’est comme le sergent instructeur dans le film "Full Metal Jacket". Quand ses G.I. font leurs classes, il les pourrit du matin au soir, leur fait faire des activités physiques. 

Il décrit les rites initiatiques, les défis sportifs en tout genre, les croquettes pour chien à manger avec x verres de bière, jusqu'à l'épreuve ultime dite du baptême.

Tu vas manger tout et n’importe quoi : des vers de farine sur des petits toasts, de la pâté pour chien, pour chat. Les gens qui vomissaient, ils gardaient leur vomi et le jetaient sur les "bleus" qui n’arrivaient pas à finir leurs épreuves.

  • Reportage : Valérie Borst    
  • Réalisation : Yaël Mandelbaum

Merci à Théotime, Yohan et Maître Loïc Dusseau.

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