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Épisode 2 :

Les amoureux

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans la petite ville de Bamiyan, à 200 kms de Kaboul, on raconte volontiers que les statues détruites par les talibans en 2001, ne sont pas des bouddhas mais deux amoureux en fuite, une fille et un garçon, punis par leurs parents pour leurs amours illicites et transformés en statues de pierre.

Crédits : Ferrante Ferranti

Le 19 août 1919, le Traité anglo-afghan signe l'indépendance de l'Afghanistan. C'est donc à l'occasion de cet anniversaire que nous vous proposons de découvrir ou de réécouter la série de Sonia Kronlund : Ce que voient les Bouddhas.

Episode 2 :  Les amoureux

Pendant plus de deux semaines, dans la vallée de Bāmiyān, les Talibans se sont acharnés à détruire les bouddhas. Une destruction symbolique, qui fait beaucoup parler d'elle, en Afghanistan et partout dans le monde. En creusant Sonia découvre que les bouddhas représentaient peut-être des amoureux en fuite, transformés en statues. Que dit cette histoire de la vie des amoureux en Afghanistan ? Peut-on en trouver des échos dans la vraie vie ? Une enquête en hommage aux luttes des femmes afghanes.

Abd el khulaik tient un hôtel à Bāmiyān, un point de rendez-vous pour les amoureux. 

Des gens viennent voir des bouddhas et les paysages mais dans notre hôtel, ils peuvent aussi prendre du bon temps. 

Aux hommes et femmes qui viennent à l'hôtel, on leur donne des chambres séparées, mais on ne surveille pas ce qu'ils font. Souvent ils se marient après. 

Le discours de ce monsieur tranche avec les traditions et les contraintes sociales qui pèsent généralement sur le couple et la femme en Afghanistan. 

J'ai étudié la philosophie à l'université de Kaboul. Et quand on étudie la philosophie, on change de l'intérieur. 

Dans cet hôtel, il y a aussi une boutique de skis. 

Tous les ans on organise ce qu'on appelle "l'Afghan Ski Challenge", c'est parce qu'on a pas de remontées mécaniques, alors on monte à pieds. 

Sonia fait la rencontre de trois filles, qui font partie de l'équipe nationale Afghane de cyclisme féminine. 

J'ai un petit ami mais il habite Kaboul. Mes parents et ma famille sont plutôt ouverts d'esprit

En tant que cycliste, j'aimerais faire le tour de France et le gagner. Et j'aimerais faire mes études et devenir ministre de la condition des femmes. 

Au fil de ses voyages, Sonia remarque qu'en Afghanistan, les femmes sont comme des armes, une extension de soi, de son honneur. 

Elle se rend à La Maison des femmes, un refuge pour celles qui cherchent un abri ou un médiateur avec leur parents - qui craignent le déshonneur, plus que tout. 

Elle y rencontre des filles qui se sont enfuies avec leur amoureux pour se marier, ou des jeunes filles qui ont fui leur mariage.  

Quand ma mère est décédée, mon père m'a mariée de force et il s'est remarié, avec la sœur de mon mari. 

Jusqu'à l'année dernière je suivais des études, j'ai dix sept ans et lui en a quarante. Il est strict et ne m'a pas laissée continuer. Un jour à la mosquée, une fille m'a donné le numéro de ce refuge. Je ne peux pas rentrer à la maison, mon père dira que je l'ai déshonoré et il me tuera.

Sakina a aussi fui ses parents, faute de ne pouvoir prouver qu'elle a été violée. 

J'avais peur que mes parents croient que c'était volontaire, alors je me suis enfuie. 

Musique de fin : "Amal" par Acid Arab - Album : "Djazirat el Maghreb" (2015) - Label : Versatile records

Pour en voir et savoir plus…

  • Reportage : Sonia Kronlund
  • Réalisation : Angélique Tibau
Un jeune étudiant
Un jeune étudiant Crédits : Sonia Kronlund

Première diffusion : 8 mars 2017

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