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Un employé d'un drive au travail

Chronodrive

28 min
À retrouver dans l'émission

Deux ex-employés de Chronodrive témoignent et proposent une plongée dans les coulisses de l'e-commerce pratique et efficace et décrivent leurs conditions de travail rétrogrades.

Un employé d'un drive au travail
Un employé d'un drive au travail Crédits : Josselin Clair - Maxppp

Le confinement a accentué une tendance déjà à l'oeuvre depuis une dizaine d'années: celle de l'usage de plus en plus répandu de l'e-commerce au sein de la société française. Deux anciens "drivers" décrivent le mode de fonctionnement de ces sociétés qui nous facilitent tant la vie.

Quand Mehdi commence à travailler pour Chronodrive, il est motivé. Sur les forums, la société lui a été décrite comme l'entreprise idéale avec une ambiance amicale et des perspectives d'évolution. Pour être embauché, il a postulé 5 fois et participé à 4 entretiens collectifs. D'abord séduit par l'apparente convivialité, la répétition de tâches rébarbatives se rapprochant du travail à la chaîne efface petit à petit l'aspect humain.

J’ai perdu 10 kilos en trois mois, c'est du fitness intensif. Mehdi

Chronodrive fait une promesse à ses clients, celle qu’ils vont être livrés en moins de cinq minutes. Les moyens de pression sur les travailleurs qui en découlent se traduisent notamment par l’atmosphère sonore. En cinq minutes, selon l'évolution du traitement de la commande, c'est la sonnerie, puis le klaxon, la cavalerie et enfin le sous-marin.

A la fin de la journée, on sue tellement qu’on peut tordre le t-shirt, il est trempé. Mais comme nos responsables aiment à le dire : on ne court pas, on marche vite. Mehdi

A ma première formation, j’ai eu deux sacs de sel de 25 kilos. C’est là que je me suis dit "Ce n’est pas pour moi" Une ex-employée de Chronodrive

Au travail, les employés sont soumis à une pression permanente. 

Ils sont chronométrés et évalués en permanence sur leur capacité à accomplir au pas de course des tâches lourdes si bien que les accidents du travail ne sont pas rares d'autant que pour 7 heures de travail, un "driver" ne bénéficie que de 21 minutes de pause non-rémunérées.

Dans ce contexte, les accidents du travail ne sont pas rares et la violence psychologique des supérieurs s'additionne aux difficultés physiques. Quand les employés craquent, ce qui fini souvent par arriver, il n'est pas question de rupture conventionnelle. Ils peuvent au mieux, pour débloquer leurs droits au chômage, compter sur un abandon de poste. 

On ne veut plus de toi dans l’entreprise, t’es un cancre, un néfaste, un nuisible à la société. Les supérieurs de Mehdi

C’est encore une entreprise gamine, elle ne grandit pas avec les mêmes personnes. Ce sont des gens immatures dans l’entreprise, de bonnes machines. Mehdi

  • Reportage : Adila Bennedjaï-Zou
  • Réalisation : Anne Perez-Franchini

Merci à Mehdi.

Chanson de fin : "Notre Île Ton Île Mon Île" par  Jeanne Moreau

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