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Reprendre la ferme familiale, le défi de Clémence. Image d'illustration.

Clémence reprend la ferme

28 min
À retrouver dans l'émission

Contre toute attente, Clémence a décidé de reprendre la ferme de sa grand-mère. Trois générations de sa famille sont sur place : elle, son père et sa grand-mère, mais les choses ne se passent pas comme elle s'y attendait.

Reprendre la ferme familiale, le défi de Clémence. Image d'illustration.
Reprendre la ferme familiale, le défi de Clémence. Image d'illustration. Crédits : Hill Street Studios - Getty

Ils sont nombreux.ses à souhaiter quitter les grandes villes, à être attirés par une forme de retour à la terre. Ils découvrent alors parfois d'autres difficultés. Clémence a été au bout de ce projet et raconte son expérience. 

Clémence à 30 ans. Elle habite un petit village au pied des Pyrénées. Elle habite une maison, "le chalet", construite par sa famille dans les années 70, à proximité du corps de ferme de sa grand-mère qui a accompagné son histoire et celle de ses parents.

Clémence a vécu à Paris jusqu'à ses 5 ans, elle souffrait d'asthme et ses parents, pour tenter d'y remédier, organisent des excursions à la campagne, à la ferme de grand-mère Jeannette.

A l'époque je venais régulièrement ici, me refaire une santé, prendre du poids avant de repartir. J'ai le souvenir d'une grande liberté, j'aimais être dehors, j'en ai un souvenir féérique. J'avais du mal avec la vie en appartement.

Clémence a 5 ans lorsque ses parents déménagent à Toulouse. Elle apprend l'équitation et se passionne pour les animaux. Petit à petit, elle s'oriente vers un bac technologique et agricole, et se détourne du milieu "bourgeois" de l'équitation pour s'intéresser aux animaux de la ferme et plus particulièrement les vaches. 

Je me suis alors dit que les vaches étaient aussi intéressantes que les chevaux. Je rentrais souvent chez ma grand-mère faire le travail à la ferme. J'avais l'impression qu'il y avait des centaines des possibilités et qu'il fallait que je vois tout.

Elle prépare alors un diplôme de technicienne agricole et est par la suite salariée pendant une dizaine d'années dans diverses productions d'élevage et à travers toute la France. Clémence part ensuite en Australie pendant un an. 

A son retour, elle découvre la ferme de sa grand-mère dans un état de délabrement avancé. Elle décide d'y revenir pour préserver cet héritage.

Il fallait que je revienne ici, je ne sais combien de générations de ma famille ont travaillé sur cette terre. Ca ne pouvait pas s'arrêter, ce n'était pas possible. Mon chez moi est ici, même si je n'y ai jamais vraiment vécu. J'ai senti une forme d'urgence à revenir.

Ma grand-mère voulait que je fasse "mieux". Elle me disait que je serais pauvre. Pour elle, ce métier n'était pas un choix.

Finalement, sa grand-mère, Jeannette, lui donne son accord dans un premier temps. Jeannette se rêvait institutrice mais elle a dû travailler à la ferme, animée par la volonté de permettre à ses enfants de vivre mieux, d'être libres.

Aujourd'hui, Clémence s'est installée dans le chalet à 200m de sa grand-mère, qui a du mal à supporter de déléguer son travail et, parfois est agacée par la présence de sa petite fille. Leur relation est parfois conflictuelle même si elles continuent à rire ensemble.

Je crois que je suis devenue le symbole de ce qu'elle ne pouvait plus faire, de sa perte d'autonomie, j'étais sa cible. C'était assez usant psychologiquement.

Elle voudrait que je trouve un mari pour m'aider mais je suis autonome dans mon travail. Je n'ai pas besoin de ça pour me réaliser en tant qu'agricultrice. Mais pour elle, je crois que le travail à la ferme est un truc d'homme, même si elle l'a fait seule toute sa vie.

Jusqu'à assez tard, en raison de son sexe et de son milieu, Clémence a été animée par un sentiment d'illégitimité alors même que son arrière grand-mère était déjà travailleuse dans cette même ferme.

A coté de son travail à la ferme, Clémence enseigne dans un lycée agricole ce qui se rapproche du rêve d'institutrice de sa grand-mère et la console un peu.

Nous aussi, la jeune génération, on a nos rêves et nos idéaux et ce ne sont pas forcément les mêmes que ceux de la génération précédente.

Reportage : Ilana Navaro 

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Merci à Clémence, Jeannette, et Gilles Sutra.

Chanson de fin : "We will run" de Hollow Coves, Album : Wanderlust, Label : Nettwerk (2017)

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