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Parodie des Tricheurs de Georges de La Tour.

Cocaïne au comptoir

28 min
À retrouver dans l'émission

Dans de nombreux bars de nuit, la cocaïne circule en quantité. Mais la particularité de celui-ci, situé en Belgique, c'est qu'elle y est gratuite. Propriétaire, serveurs et clients racontent la coke en stock.

Parodie des Tricheurs de Georges de La Tour.
Parodie des Tricheurs de Georges de La Tour. Crédits : Rose Vidal - Radio France

En Belgique, dans un bar situé non loin de la frontière, la cocaïne est partout. Le patron la met à disposition de ses employés, qui sont invités à en consommer s'ils le veulent. Ce dimanche soir, la fête commence. Le patron veut « communiquer sa bonne vibe ». Comme il l'explique :

La fête, ça se partage.

Le bar est selon lui un lieu de fête : travailleurs et clients doivent s'amuser ensemble avec leurs rôles respectifs. Pour ce faire, la coke est un élément de cette fête : le patron en met à disposition pour les volontaires. 

La cocaïne, c’est comme le DJ, ça fait partie du budget du bar.

Pour les consommations du week-end, le patron fait appel à deux fournisseurs. Pourtant, il ne vend jamais : loin de lui l'idée d'en faire une affaire lucrative.

Pour moi il n’y a pas de différence essentielle entre la consommation d’alcool et la consommation de drogue, d’ecsta, etc. […] Tout est question de mesure.

Ancien client, Franz est rapidement devenu un barman de l'établissement. S'il a d'abord hésité à accepter l'offre d'emploi, il y est finalement resté dix ans :

J'avais l'impression que j'allais mettre le doigt dans l'engrenage de l'Enfer [rires] !

Dans la réserve du bar, il raconte que le stock est en libre service. Le patron forme un tas où tout un chacun peut aller prendre un rail. Quand le tas s'effrite, le patron en rajoute.

Une fois par heure, je dirais, on allait prendre un trait.

Une forme d’addiction naît chez Franz. Évoquant parfois la « pression pernicieuse » qui régnait dans l'établissement, le barman se souvient que l’habitude dépassait le plaisir : « Je sentais que c'était trop, mais je suis resté », confie-t-il, même après la fermeture du bar et durant les afters qui duraient parfois jusqu'au lendemain. À force de consommer, il a d'ailleurs bien remarqué les effets néfastes sur sa santé.

Le problème, c’est qu’on en prenait même quand on en n’avait pas envie, parce qu’on en avait toujours sous le nez. Ça, c’est un problème.

La cocaïne est comme un « avantage salarial », un ticket restaurant version drogue. Un ancien client raconte d'ailleurs comment elle est devenue un véritable ciment de l'institution. À titre personnel, fréquenter le bar l'a changé, l'a rendu plus sûr de lui en tout domaine...

  • Reportage : Adila Bennedjaï-Zou
  • Réalisation : Clémence Gross, Emily Vallat

Merci aux clients et barmen du bar que nous avons rencontrés.

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Musique de fin : "La coco des enfants sages", Hughes De Courson - Album : Fonds de tiroir, 1967 - Label : Masq.

Toute la série d'Adila Bennedjaï-Zou « Une odeur de poudre » est à (ré)écouter ici :

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