LE DIRECT
 Football. Ligue 1. Paris Saint Germain - FC Lorient. Journée de championnat contre le racisme, l'homophobie et la violence, le 18 octobre 2008.

Discrimination dans le sport

28 min
À retrouver dans l'émission

Sexisme, racisme, homophobie : trois sportifs racontent les discriminations qu'ils ont subies.

 Football. Ligue 1. Paris Saint Germain - FC Lorient. Journée de championnat contre le racisme, l'homophobie et la violence, le 18 octobre 2008.
Football. Ligue 1. Paris Saint Germain - FC Lorient. Journée de championnat contre le racisme, l'homophobie et la violence, le 18 octobre 2008. Crédits : OUEST FRANCE/Daniel Fouray - Maxppp

Depuis toute petite, Charlotte Girard est une hyperactive. Le sport, c’est le seul moyen qu’elle a trouvé pour se canaliser. Alors, très vite, elle enchaîne : la natation, le judo et puis le hockey sur glace. Dès l’âge de neuf ans, elle est confrontée au sexisme. 

La mixité était interdite. J’ai dû attendre trois mois avant d’obtenir une dérogation pour jouer avec les copains. 

Elle persiste et signe dans ce sport où elle devient joueuse professionnelle, puis arbitre. Sur la glace comme dans les vestiaires, l’ambiance est parfois lourde. 

Un coach est monté sur la patinoire pour me dire : « retourne faire la vaisselle et du tricot ».

Aux Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang, en 2018, elle prend publiquement la parole pour dénoncer le sexisme dans l’arbitrage français. Depuis, on ne l’a plus jamais laissée arbitrer. 

« J’ai pensé : je suis mort en jouant au foot »

En 2018, l’histoire de Kerfalla Sissoko fait grand bruit dans le monde du football amateur. Originaire de Guinée, il avait rejoint une équipe alsacienne. Lors d’un match, des joueurs et supporters adverses lui lancent des insultes racistes. Malgré ses protestations auprès de l’arbitre, ce dernier décide de poursuivre le match. 

Les supporters me criaient : ta place est dans la brousse.

La tension monte, puis la situation dégénère. À la 43ème minute, après une faute, il est passé à tabac par des joueurs et supporters de l’autre équipe, qui descendent sur le terrain. 

Il y en avait un qui me poursuivait avec un couteau. Depuis, je n’arrive plus à jouer au football . 

Brahim Naït-Balk, lui, témoigne de la violence de l’homophobie. Comme toute sa famille et de nombreux jeunes de la banlieue de Saint-Etienne, il a commencé le football dès l’enfance car « tout le monde en faisait ». Dès le début, il est la cible d’insultes homophobes. Quand il emménage à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, la situation empire. 

Là-bas, les gens osaient me faire des tapes aux fesses. 

Brahim Naït-Balk raconte alors la descente aux enfers : les insultes, les agressions jusqu’au viol. Il finit par « s’échapper » de cette cité, se forme pour devenir entraîneur et entraîne le Paris Football Gay.

Le foot a fini par devenir une passion parce qu’il me permettait de m’épanouir.

  • Reportage : Karine Le Loët
  • Réalisation : Yaël Mandelbaum (et Emmanuel Geoffroy)

Chanson de fin : "How Will I Find" par Jeff Tweedy - Album : Warm (2018) - Label : dBpm Records.

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......