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Psychose

Ebola : la contagion de la peur

28 min
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Ebola n'a encore fait aucune victime en France, mais la panique si. Le fils aîné de Fatoumata, récemment rentré de Guinée, est montré du doigt dans la cour d'école. Les enfants l'appellent "Ebola". Hélène, doctorante, a vu ses amis s'éloigner depuis son retour de Sierra Leone où sévit l'épidémie.

Psychose
Psychose Crédits : Ghislain & Marie David de Lossy - Getty

Le fils aîné de Fatoumata a séjourné en Guinée chez ses grands-parents. Il fait sa rentrée à l'école mais celle-ci ne se passe pas comme prévue : 

En rentrant de l'école, mon fils m'a dit que ses camarades de classe l'avaient traité de "malade". J'ai voulu aller en parler à la directrice dès le lendemain. A mon arrivée, des journalistes et des parents d'élèves étaient déjà présents devant l'école, expliquant qu'ils retiraient leurs enfants de l'établissement par peur qu'ils ne soient contaminés par les miens. J'écoutais sidérée, ils ne savaient pas que j'étais la mère. 

Cette peur est irrationnelle, la contagion devient possible seulement à l’apparition des symptômes. Or une infirmière vient prendre la température des enfants de Fatoumata tous les jours depuis trois semaines : 

Je suis mère, je pouvais comprendre, les parents auraient pu venir me parler et je l'aurais retiré de l'école, le temps de les rassurer. Mais là, ma famille a été humiliée. 

J'ai dû arrêter de travailler ; je suis animatrice et on m'a fui. Mes enfants ont été surnommés "Ebola" à l'école et ne voulaient plus y aller.

Hélène a travaillé au Sierra Leone pour un projet visant à lutter contre les violences envers les enfants. A son retour en France, elle saisit l'ampleur de la panique.

Quand j'ai vu à quel point mes parents étaient inquiets et émus à mon retour, j'ai compris le décalage entre ce que moi je vivais et eux, si inquiets, en me sachant dans une zone où sévissait le virus Ebola. 

Des amis ont refusé de me voir. J'étais très sensibilisée sur les risques et modalités de contagion et je savais que je n'étais pas contaminée. Leur peur était irrationnelle. Une de mes collègues a même été rejetée par ses propres parents à son retour. 

Reportage : Zineb Dryef

Réalisation : Peire Legras et François Caunac

Première diffusion le 03/11/2014 

Chanson de fin : "Chant of a poor man" par Leftfield 

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