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"Ça nous permet de braquer les projecteurs sur les causes qui nous tiennent à cœur."

Entartages, l’humour comme "arme de destruction massive"

26 min
À retrouver dans l'émission

Ils ont choisi une action symbolique pour défendre une cause ou en ont été victime. Quatre histoires d'entartage, d'enfarinage et autres « vomitins ».

"Ça nous permet de braquer les projecteurs sur les causes qui nous tiennent à cœur."
"Ça nous permet de braquer les projecteurs sur les causes qui nous tiennent à cœur." Crédits : Scott MacBride - Getty

On les appelle « attentats pâtissiers » ou alors entartage. Le mode d’action : lancer à la figure d’une personnalité publique une tarte à la crème ou une assiette de chantilly. L’objectif avancé par les activistes : ridiculiser la victime et souligner l’absurdité de son action. 

On utilise l’humour comme arme de destruction massive. 

Un entarteur, membre du collectif lyonnais Al-Quaïtarte, explique : « en 2008 on se sentait constamment attaqué par l’idéologie ambiante, par la police. Notre rébellion, c’était celle de la tarte à la crème ». 

Ça nous permet de braquer les projecteurs sur les causes qui nous tiennent à cœur.

Il raconte l’entartage en 2010 de Gérard Collomb, alors maire de Lyon, celui de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en 2012 et celui – raté cette fois – de l’artiste Ben : 

On a réussi à l’entarter mais il s’est marré. Du coup, l’effet s’est retourné contre nous. 

Kéké et Jackie ont quant à eux enfariné David Kimelfeld, président de la métropole de Lyon, en juillet dernier. Ils protestaient contre l’adoption du plan « Prestations de télésurveillance et interventions sur les bâtiments et immeubles inoccupés », un marché à 1,8 millions d’euros conclu avec la société Securitas pour surveiller 245 bâtiments vides de l’agglomération. Les activistes estimaient que l’on cherchait à lutter contre les squats plutôt que de trouver des solutions pour les migrants et sans-abris :

On avait préparé un verre de 50 cl rempli de farine, on lui a jeté à la figure puis nous sommes repartis en marchant vers le tram. 

Il y a ceux qui entartent et enfarinent et puis il y a ceux qui subissent. En 2002, alors candidat à l’élection présidentielle, Jean-Pierre Chevènement reçoit une tarte aux ananas dans la figure lors du Salon du livre. 

La violence physique est une chose que je saurai surmonter mais la violence symbolique c’est autre chose. Voir son image dégradée, répandue à des millions d’exemplaires, c’est pénible.

Dans un autre genre d’action militante non violente, Michaël, quarante ans, s’est quant à lui affranchi de la palette classique des « attentats pâtissiers ». En 2003, à l’occasion du forum Biovision sur les biotechnologies, il décide de lancer un « vomitin » :

Leur forum nous donnait envie de vomir. Du coup on s’est dit : "pourquoi ne pas se faire vomir devant l’estrade ?"

  • Reportage : Olivier Minot
  • Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Merci au collectif Al-Quaïtarte, Jean-Pierre Chevènement, Noël Godin et Sylvie, Kéké et Jackie, Mickael et Flobé.

Chanson de fin : "How Am I Not Myself" par Bad Suns - Album : Disappear Here - Label : Vagrant Records.

Playlist à emporter

En cliquant sur "Ajouter à..." vous pourrez récupérer tout ou partie de la playlist de cette émission sur Spotify, Deezer ou Youtube.

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