LE DIRECT
Le SMS a remplacé les rencontres pendant le confinement.

Escort au temps du coronavirus

28 min
À retrouver dans l'émission

Une escort de 20 ans a dû continuer à travailler pour subvenir à ses besoins, une autre a mis en place un service de téléphone rose et alimenté des cagnottes solidaires pour les travailleuses précaires. Dans un cabaret érotique, des danseuses ont repris du service devant un public masqué.

Le SMS a remplacé les rencontres pendant le confinement.
Le SMS a remplacé les rencontres pendant le confinement. Crédits : Agrobacter - Getty

En parallèle de ses études, Lolita, 20 ans, est escort. Cette activité lui permet, entre autres, de payer son loyer et sa nourriture car elle n'a pas d'autre source de revenu. Lorsque le confinement débute, Lolita, rapidement, manque d'argent. Et est contrainte de retourner travailler. 

En moyenne, j'avais deux ou trois clients, maximum, par semaine. Beaucoup voulaient négocier, ils me disaient prendre des risques... J'ai essayé de maintenir mes tarifs mais ça m'est arrivé de céder à des négociations. J'étais bien obligée, quand je voyais que le frigo était vide. 

Le virus fait peur à Lolita, qui essaye tant bien que mal d'imposer les gestes barrières. 

J'ai essayé de mettre en place des gestes barrières, mais cela m'obligeait à baisser mes tarifs, parce qu'il n'y avait plus de bisous. C'était aussi moins glamour avec un masque. Pareil pour le gel hydroalcoolique : les clients avaient toutes les excuses possibles pour ne pas en mettre. 

La peur s'est peu à peu atténuée. Mais Lolita estime que les travailleurs et travailleuses du sexe figurent parmi les grands oubliés du confinement. 

Nous participons quand même à la vie de la société. Une aide nous aurait permis de rester chez nous, de subvenir à nos besoins. On devrait tous être solidaires, car c'est une période compliquée pour tout le monde. 

C'est suite à un burn-out, conjugué à une rupture amoureuse que Mia, 29 ans et non binaire, est devenu escort. Lors du confinement, Mia ne craint pas de devoir retourner travailler : iel* a un peu d'argent de côté. (*pronom non binaire)

J'ai eu de la chance de ce côté là. .J'ai changé mon annonce habituelle, qui propose des rencontres, pour proposer des échanges par sms. 

Une partie servait à payer les courses, et je déposais une autre partie sur les cagnottes de collègues qui ne pouvaient plus travailler. Une partie de ces cagnottes a été donnée, en liquide, à des associations de santé communautaire.  

Pendant cette période, Mia observe une grande solidarité de la part de certains. 

On s'arrange pour faire un monde vivable. Pas toujours légalement d'ailleurs, parce que l'entraide entre nous est considérée comme du proxénétisme, même entre des travailleurs du sexe qui ont le même statut. Mais par des voies détournées, nous pallions les manques de structures institutionnelles. 

Au théâtre Chochotte, Thaïs propose des "spectacle de charme". Le virus est venu bouleverser complètement sa manière de travailler.  

Je trouve ça difficile de savoir s'il y a, ou pas, un sourire derrière le masque. On peut décrypter les regards mais c'est moins évident, plus ténu.  

Reportage : Pauline Verduzier 

Réalisation : Clémence Gross

Mixage : Eric Villenfin

Musique de fin : "Finde Mich" de Sophie Hunger.

Merci à Lolita, Mia, au théâtre Chochotte, à Anaïs et à Thaïs. 

L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......