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Les spécialistes estiment que si ces terres étaient bétonnées, les alentours subiraient un réchauffement de 2 degrés en moyenne.

EuropaCity : une guerre des mondes

28 min
À retrouver dans l'émission

A Gonesse, des promoteurs comptent construire un nouveau complexe. Les agriculteurs voient l'urbanisation attaquer leurs cultures, des militants écologistes refusent la disparition des terres fertiles et d'autres se demandent si cela peut être porteur d'emploi, ou changer l'image de leur ville.

Les spécialistes estiment que si ces terres étaient bétonnées, les alentours subiraient un réchauffement de 2 degrés en moyenne.
Les spécialistes estiment que si ces terres étaient bétonnées, les alentours subiraient un réchauffement de 2 degrés en moyenne. Crédits : Frédéric Naizot - Maxppp

Depuis les années 1950-1960, les terres agricoles du nord de Paris sont progressivement grignotées par l’extension des villes de banlieue. Dans le Val d’Oise, pas très loin de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, la ville de Gonesse pourrait voir arriver un nouveau projet d’urbanisme. Dans un vaste champ de terres agricoles, des groupes immobiliers veulent implanter un complexe d’un genre inédit, à la fois centre commercial, de loisirs et culturel, à côté de bureaux, d'hôtels et même d'une gare.

Prévu pour occuper quatre-vingt hectares, le projet a été autorisé une première fois en 2013, avant un recours. Baptisé EuropaCity, il est financé par Ceetrus, la branche immobilière du groupe Auchan, et Wanda, un groupe immobilier chinois, qui comptent y investir 3,1 milliards d’euros. 

L’enjeu est de créer un lieu où l’on met à disposition des expériences, et non pas des biens de consommation.

Le projet suscite toutefois des oppositions. Des militants écologistes se mobilisent contre la construction d’EuropaCity et pour la préservation des terres. Ils estiment que les terres fertiles potentiellement détruites par le projet pourraient être utilisées pour développer l’agriculture biologique et construire un centre de recherche et d’innovation.

On sature déjà de centres commerciaux, pourquoi en construire un nouveau ?

On pourrait développer l’agriculture bio en milieu périurbain et fournir toutes les collectivités locales.

Certains habitants se demandent quant à eux si ce projet peut ou non changer l'image de leur ville, s’il peut être ou non porteur d'emploi. Les promoteurs en prévoient en effet cinquante mille. 

Grâce à Europacity, on saura où est Sarcelles dans le monde entier. Comme pour Saint-Denis avec le stade de France.

Quant aux agriculteurs présents sur place, leurs expropriations ont déjà commencé. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, leurs intérêts ne convergent pas toujours avec ceux des autres opposants au projet : 

Le Collectif pour le triangle de Gonesse n’a pas pris en compte le fait que des agriculteurs sont là depuis des générations, et qu’ils savent donc comment cultiver ce territoire.

Entre les emplois, l’image de la ville, l’investissement financier, la protection des propriétés agricoles et la préservation des terres, les intérêts sont donc nombreux, et souvent divergents.

  • Reportage : Emilie Chaudet 
  • Réalisation : Cécile Laffon

Merci à Bernard Loup, à Rabah et à Michel du Collectif pour le triangle de Gonesse, à Julien Vermignon de l'association "Nous Gonessiens", à Brandy Boloko et à David Le Bon. 

Chanson de fin : "Talisman" par Nils Frahm – Album : Encores 2 (2019). 

Playlist à emporter

En cliquant sur "Ajouter à..." vous pourrez récupérer tout ou partie de la playlist de cette émission sur Spotify, Deezer ou Youtube.

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